Un travail de cochon !

A Phnom Penh, aux aurores, l’abattoir débite 2500 porcs, chaque jour. Au regard de cette quantité, 1500 têtes sont des bêtes importées, le reste seulement étant de la production porcine locale. Pourquoi tant d’importations ? ça me hérisse !

Les fermiers, petits éleveurs cambodgiens, ne sont donc pas capables de produire plus de porcs pour éviter de telles importations ? Que font-ils et que font les autorités pour coordonner un possible effort évidemment plein de bons sens économique ? Comment se préoccuper du … terroir et de la filière porcine ?

Insensé ! Le cochon importé s’achète moins cher que le cochon cambodgien ? Pourquoi donc ? Oui, on produirait plus cher un cochon au Cambodge qu’au Vietnam ou qu’en Thaïlande ? Mais pourquoi donc cette différence ? La nourriture ? Le transport ? ou les hormones de croissance ?

De plus, comment contrôler vraiment la qualité des bêtes importées ? Quelle est le niveau de sécurité alimentaire ? Qui contrôle quoi ? Un Laboratoire National … n’est-ce pas une nécessité de santé publique ? Qui travaille le sujet ?

S’il vous arrivait l’idée d’aller visiter un abattoir, aux méthodes on ne peut plus traditionnelles … Il y aurait de quoi vous faire douter de l’hygiène de toute la filière.

Mais qu’on ne s’inquiète pas non plus de voir les étals de boucherie au marché avec des pièces de porcs sans la moindre insecte : Il parait que le formol fait fuir les mouches … !

MDF

Presse francophone … pro fil à l’anglaise ! (suite et fin)

Quatre ans après la disparition de Cambodge Soir Hebdo,

Voici L’HEBDO !

C’est un investisseur de Malaisie, T. MOHAN, qui a entrepris, avec des moyens, de créer au Cambodge une société de presse : VIRTUS MEDIA PTE Ltd.

Un journal quotidien de langue anglaise, son titre KHMER TIMES, a rejoint sur le marché plusieurs publications anglophones de qualité et qui ont fait leur preuve. C’est courageux. De plus, le patron a confié la direction du journal (vendu 3000 riels et sur abonnement) à un sympathique américain francophone, nommé James BROOKE.

Celui-ci, rédacteur en chef, dirige une équipe de journalistes cambodgiens et s’est rapproché du journaliste français Emmanuel Scheffer et de Pierre Gillette qui a sauté sur une proposition exceptionnelle : Pourquoi pas un supplément en langue française une fois par semaine !?

L’HEBDO sera dirigé par le méritant dinosaurdinaire Pierre qui connait parfaitement les besoins en infos des expats, comme ceux des étudiants et des dirigeants cambodgiens, conjointement avec Emmanuel.  la rédaction du supplément francophone du KHMER TIMES est en place. Les premiers articles sont suffisamment de qualité pour mettre en appétit et chacun attend la suite. La suite viendra chaque semaine. Le supplément sera publié en quatre grandes pages chaque vendredi ! Voilà de la lecture pour le week-end, pardon, pour la fin de semaine !

Lors de la cérémonie de lancement (décidément, il y a des moyens), l’Ambassadeur de France à Phnom Penh, au-delà des félicitations d’usage, et des vœux de succès, a semblé tourner le regard vers un avenir plus radieux où le nouvel HEBDO pourrait trouver, tout seul, son public. On ne rêve pas un peu vu le peu d’investisseurs dans le domaine de la presse ? Si ! Maintenant, nous sommes tous à parier sur le succès de ce nouveau titre l’HEBDO, espérant qu’un jour il sorte de son cocon. Il y a encore des gens pour rêver.

« Hello, James », quelle nouvelle ! Un jour peut-être les francophones se réjouiront lorsque tu leur répondras, ou à ton boss :  OK !

*

La presse française qui renait comme un Phoenix grâce à une presse mal’aise de langue anglaise, on aura tout vu ! Cependant, Phnom Penh sait que, le moment cambodgien venu, disons le Temps Khmer, dans un espace Asean ouvert et compétitif, un retour protecteur aux sources de l’âme cambodgienne passera par … cette fameuse culture en partage.

Bienvenue L’HEBDO. Une page est tournée. Comme un cerf-volant, il a pris son envol.

&

Fin / N.B. : vous pouvez trouver la UNE du nouvel HEBDO que je ne parviens pas à insérer ici … sur le Blog « Le journal du Cambodge ». com

Presse francophone au Cambodge (4)

La presse écrite de langue française est-elle bien en train de renaître ?

Elle semblait morte en 2011 mais ne cessait pas de secouer les méninges de quelques accros et quelques journalistes. Emmanuel Scheffer avec le Petit Journal allait occuper le terrain de l’information autant que faire se peu, alors que Roger Barthas et son Journal du Cambodge développaient un site magazine de plus en plus prisé par les internautes, au Cambodge et à travers le monde.

Pendant ce temps, Alain Gascuel ne cessait de se montrer le dinosaure impérissable de l’information économique. Sa newsletter pour abonnés, « Cambodge Nouveau », résistait par la force d’un homme et aujourd’hui de ses archives.

Les Gillette, Fontaine, Sothanarith, Stéphane, Joël, en bons petits soldats courageux, ne parvenaient pas à donner suite à des velléités de créer un Gavroche cambodgien. Fallait-il partir sur l’idée d’un magazine gratuit comme l’ECHO mensuel de Marcel, avec de l’info en plus (!) ou oser se lancer dans une maquette bien chiadée pour garantir l’intérêt d’un lectorat de plus en plus limité et surtout … séduire des annonceurs ?

Même le Ministre cambodgien de l’Information promettait de mettre la main à la poche pour revoir une publication de type « Cambodge Soir » !

L’Ambassade de France, consciente des enjeux francophones (tant de choses paraissent en déliquescence pour notre langue !) tenta bien fin 2013 d’encourager la Chambre de Commerce franco-cambodgienne de rassembler la plupart des acteurs et tout y fut dit : « La presse francophone oui, mais le presse papier c’est fini ». L’Ambassadeur employa des mots convaincants pour rassembler et pour assurer chaque éventuel projet du soutien moral de la France et de celui évident de la francophonie, rien n’y fit.

On en discutait encore l’an dernier lorsque Emmanuel Scheffer quittait le Petit Journal et que Pierre Gillette se rapprochait des nouvelles télés cambodgiennes. Ces derniers mois, divers chroniqueurs appréciés du Petit Journal étaient sur des starting blocks encourageants… C’est alors que le journal anglophone « Khmer Times » se rapprochait, lui, de nos amis journalistes pour envisager – avec des moyens, cette fois ! – de publier … en langue française !

Ce fut fait … il y a quelques jours

… A suivre …

Presse francophone au Cambodge (3)

Si le magazine LE MEKONG
représente une belle aventure de presse qui correspondait à la période de retour du Cambodge sur la scène régionale et internationale, la Société des Editions du Mékong, en publiant en 1995, le fameux journal Cambodge Soir  allait marquer une génération de Cambodgiens.
C’est Philippe Latour qui créait le premier numero de Cambodge Soir au mois de mai 1995 avec Pierre Gilette, son adjoint qui prenait les rennes trois mois plus tard. A la fois Rédacteur en Chef d’un journal paraissant les lundis, mercredis et vendredis, et initiateur d’un Centre de formation de journalistes cambodgiens, Pierre Gillette allait s’entourer d’une équipe valeureuse : Sébastien Drans, François Gerlès, Grégoire Rochigneux, Arnaud Roux, Fréderic Amat, plus tard Anne-Laure Poirée, Stéphanie Gée !
Faut-il mentionner ici les journalistes cambodgiens formés par Cambodge Soir ? Pen Bona, Kong Sothannarith, KY Sokhlim,  Ros Dina, Leang Delux, Nhim Sophal, Duong Sokha, Mak Sarun, Nay Rithy, UNG Chansophea, Cheang Bopha, Ung Chamroeun, … La liste serait longue. Certains sont devenus, 20 ans plus tard, les acteurs essentiels des médias cambodgiens (RFI, chaîne de télé, …).
Les photographes ont aussi fait leur chemin : Mak Rémissa qui expose en ce moment (2015), Chan Vitharin, Chhoy Pisey…
 Feu Cambodia Times et Phnom Penh Post étaient concurrencés en langue française par Le Mékong lorsqu’apparaît le … Cambodia Daily, véritable concurrent de Cambodge Soir.
Le défi est relevé par Pierre Gillette durant une décennie jusqu’en 2006. De 4 pages initialement, le journal s’est étoffé et devient même quotidien après les événements de 1997. Quelle belle aventure de presse. Mais difficile et périlleuse aventure du fait de la lenteur et des retards du soutien financier de la francophonie. Soutien réduit en peau de chagrin qui annonçait logiquement sa fin.
En juin 2007, la parution d’un article diffusant, avec peu de discernement, une information déjà publiée par ailleurs dénonçant des pratiques provenant du sommet du gouvernement local, créait un conflit entre des journalistes plantés sur leurs ergots et un dirigeant maladroit perdant son self-control et rendant la négociation difficile.
En octobre de la même année, Cambodge Soir paraissait à nouveau avec une fréquence HEBDO. L’arrêt de l’aide de la francophonie était compensée par l’apparition d’un mécène qui, loin d’aider à rationaliser les finances, permettait à « Cambodge Soir Hebdo » de vivre au-dessus de ses moyens sans efforts de gestion. Les abonnements France se développaient pourtant sur ce nouveau magazine d’information cambodgien. Mais la croissance des dépenses n’alertaient que de … très loin, le patron Robert Latil étant rentré en France.
En 2010, le mécène avançait jusqu’à dix mille dollars en fin de mois et … un jour cette personne généreuse, fatiguée, décidait brutalement de tout arrêter sans même prévenir l’ensemble des fondateurs mais en versant, comme par un élan de noblesse… les derniers salaires et indemnités. Le 30 septembre 2010 le dernier numéro sonnait le glas. Les croque-morts vendaient vite fait les ordinateurs et les meubles. CSH était mort. A qui la honte ?

Un comité de soutien international eut beau se mettre en place pour relancer l’Hebdo, honorer aussi les abonnés, tout avait disparu et la situation de l’entreprise était revenu à celle de l’époque des aventuriers de 1993 : tout à refaire.

Seul Pierre Gillette et Kong Sothannarith essayérent encore de croire en un projet de renouveau mais rien n’y fit. De 2010 à 2015, le Cambodge est resté sans presse francophone papier. « Le Petit Journal » informatisé prit alors le relais avec Emmanuel Scheffer. Roger Barthas, de l’île de la Soie, initiait son propre site internet cambodgien … La presse oui, les presses non. Les rotatives elles-aussi avaient oublié le français…
 *
… A suivre …

Presse francophone au Cambodge (2)

A la fin de l’année 1993,

Année électorale cruciale pour la démocratie au Cambodge, une subvention d’encouragement du Ministère français des Affaires Étrangères est annoncée aux dirigeants du journal LE MÉKONG. Ceux-ci ne cessent, par ailleurs, de s’adresser à l’Organisation Internationale de la Francophonie (AUPELF-UREP) pour maintenir à flot une opération courageuse démarrée sans fonds et qui tarde à se pérenniser.

Chaque numéro du magazine « LE MEKONG » doit être financé par la publicité du numéro précédent. Jacky Gagne se démène pour trouver des annonceurs et surtout pour réclamer leurs dûs.

Un sponsor majeur est recherché par le petit groupe de dirigeants bénévoles. TOTAL qui tarde à s’implanter retire  son soutien financier pour … un logo mal typographié dans les numéros précédents. Une visite à AIR FRANCE Gare Montparnasse n’offre pas de perspectives à court et moyen terme. L’équilibre du journal restera fragile, les dirigeants se refusant de regarder vers les entreprises locales de … bières et  tabacs.

Heureusement, les pigistes de renom ne sont pas gourmands. Le « magazine de l’Asie du Sud-Est », comme l’indique son sous-titre, tire à moins de cinq mille exemplaires mais son renom est grandissant dans la région. Ses articles et de nombreuses photos resteront à jamais un témoignage de cette période de l’Histoire du Cambodge et des pays voisins.

YVES, l’un des actionnaires et l’entreprise de bâtiment LBL, un autre, mais ce sont des PME, remettent de l’argent sur la table pour renflouer les fins de mois difficiles. Les journalistes font des efforts pour assurer le bouclage dans les meilleures conditions. Chaque numéro semble présenter un magazine de meilleure qualité. Il commence même à s’expédier en France.

En 1994, l’Organisation de la francophonie revient vers les Éditions du Mékong avec ce discours : « on vous aidera si vous faites un journal uniquement cambodgien » ! Cela tombe bien, Kong Rithy Chup, Un ami cambodgien dirigeant notamment le Cercle Sportif de Phnom Penh, a rejoint le Conseil d’Administration. Quelques journalistes cambodgiens ont rejoint l’équipe de rédaction. Tout est favorable pour répondre : « Chiche » !

C’est ainsi que va naître en 1995 le désormais fameux quotidien cambodgien « Cambodge Soir ». Dans l’euphorie de cette nouvelle étape importante de développement, les dirigeants ne prennent peut-être pas garde que l’aide de l’Aupelf-Uref (au seul  but : Cambodge Soir !) allait accroître le besoin de trésorerie de l’ensemble de la société d’édition et automatiquement fragiliser le magazine régional qui rentrait dans sa troisième année d’existence.

L’intervention malvenue de l’Ambassade de France, connue alors plus pour ses cocktails que pour son soutien aux entreprises, crée un malaise entre les dirigeants (dont un apparemment n’a pas ses faveurs !) et les journalistes souvent en contact avec l’Attaché de presse. Dans le même temps, le correspondant du MEKONG à Paris (bénéficiaire d’une bourse de la vocation !) ne rétrocède plus la recette des ventes France (des abonnés de plus en plus nombreux). Le coup est fatal pour la trésorerie. Le journal rate une parution mensuelle et ne pourra jamais redémarrer. LE MEKONG va mourir et permettre au jeune « Cambodge Soir » d’en profiter pour se développer.

 … A suivre …

Presse francophone au Cambodge ! (1)

                     En l’an du renouveau 1992,

c’est l’Association parisienne AMICA – Assistance Médiation Internationale – qui arrive au Cambodge avec dans ses bagages un projet de création d’un nouveau journal en langue française pour répondre à la récente parution d’un premier quotidien en anglais. Le projet consiste à rassembler une équipe de chefs d’entreprises pour concevoir un média d’information dans une période sensible de retour à la paix et à la démocratie.

LE MEKONG est né, dans la douleur, en 1993, avec bien peu de moyens financiers mais une farouche volonté de quelques-uns mais avec une Comité de soutien rassemblant de grands noms comme Raymond et Marie Aubrac, Jean Lacouture… Jacky Gagne en devint le premier patron avant Robert Latil, président du conseil d’administration de la « Société des Editions du Mékong ».

Marc Victor, alors correspondant RFI, devint le rédacteur en chef d’une équipe internationale de journalistes et de rédacteurs, capable de réaliser un magazine mensuel régional : Jean-Claude Pomonti, correspondant régional du journal Le Monde, Alain Lebas, Arnaud Dubus, Richard Werly, Eric de la Varenne, Martin Rubio, Philippe Abdelkafi, Ly Vanna, et autres Raoul Jennar, … à la plume, Frank Nollot, Mak Remissa à la photographie…

Toute une génération de qualité qui donnait naissance au renouveau de la presse francophone au Cambodge qui allait réjouir le francophile Roi Norodom Sihanouk. Le potentiel cambodgien allait se matérialiser ensuite de façon remarquée avec la création du journal « Cambodge Soir » et une nouvelle équipe professionnelle qui aujourd’hui (2015) encore s’active à Phnom Penh pour que la langue française ne disparaisse pas de la presse de ce pays.

… à suivre …

L’ascenseur social au Cambodge

Dans la société française l’ascenseur social marque des poses à chaque étage de la crise économique.

Les syndicats doivent s’activer pour que l’ascenseur reste en état de marche (et de montée !) et puisse donner des perspectives aux travailleurs.

Au Cambodge, l’ascenseur social fonctionne, lentement certes mais je l’ai rencontré. Dans un pays où il n’y avait il y a 20 ans pas le moindre escalator et pas même un ascenseur, tout a changé à grande vitesse et les gens de la rue se précipitent dans les nouveaux buildings, hôpitaux, administrations, centres commerciaux pour découvrir les escaliers roulants et ces engins top niveaux, ignorant bien sûr la métaphore de l’ascenseur social.

Si rien n’a vraiment bougé dans les campagnes où bien des chefs de villages sont souvent les mêmes qu’il y a 20 ans et où les rivalités politiques n’en sont que toujours plus tendues, où les paysans ont le même nombre de buffles, de vaches et de rizières, dans les villes que leurs enfants rejoignent, l’ascenseur suit la courbe lente du nombre de diplômés qui trouvent difficilement du travail.

Les petits commerçants s’enrichissent plus ou moins, souvent plus d’ailleurs, les fonctionnaires font aussi du commerce dans leurs heures creuses, nombreuses, certains vendent leurs maisons qui a pris de la valeur pour s’installer confortablement à la campagne. D’autres spéculent et calculent… Tout s’achète et tout se vend.

Des hôtels ouvrent, des restaurants ferment, les bars se multiplient, le personnel se vend au plus offrant et les jeunes parviennent à gagner un peu leur vie. Faut dire qu’avec moins de 100 dollars par mois les serveurs ne peuvent que dormir à quatre dans une chambre louée pour le même prix ! D’ailleurs, comme ils rentrent tard chez eux pour, après une courte nuit, en repartir tôt vers leurs cours du matin à l’Université privée … « Build Bright » ! les rencontres entre eux se font aussi rares que les jours de congé. Les plus futés doublent leur salaire, avec un deuxième emploi ou une combine, et parviennent à s’acheter une moto avec un crédit bancaire (soit disant associatif mais usurier !) qui les asphyxie durant deux ans. Le débrouillard en classe Terminale (photo) vend du café devant son lycée pour payer son engin.

Les plus doués en langues étrangères trouvent du travail dans les Organisations non gouvernementales. J’en connais un d’abord réceptionniste dans un hôtel puis traducteur dans une ONG qui est devenu en dix ans d’efforts … avocat. Un autre, passionné par la langue française gravit les échelons du professorat universitaire. Quelques rares privilégiés concourent pour une bourse à l’étranger, en Droit à Lyon, à Nice en Tourisme …

Le jeune homme qui lavait à son propre compte les vitres des magasins, dix ans plus tard devenu employé de nettoyage à l’aéroport bredouillant quelques mots d’anglais, est maintenant fièrement the « Supervisor » de propreté des bureaux du gouvernement et m’explique en anglais cambodgien qu’il voudrait bien devenir un jour prochain  un « general manager »…

Un gardien de maison devenu électricien, marié, deux enfants, vient de s’acheter une voiture. Il fera plus facilement quelques petits boulots à côté. L’employée de pharmacie a réussi à s’endetter pour un dépôt de pharmacie. Le pharmacien débrouillard a, lui, quitté l’officine pour importer des médicaments en direct de France (des vrais) ou … du Vietnam (c’est moins sûr !).

En revanche, mon ancien chauffeur n’a guère augmenté son salaire. Sa femme vend difficilement quelques légumes au marché pour espérer payer l’ascenseur à leurs trois enfants. Le jeune homme chargé du repassage est toujours fixé à sa table chez le même blanchisseur. Pas le temps de se marier : il travaille 7j / 7j. Et ces pauvres filles, instruites ou pas, bloquées à la maison par des parents qui décideront un jour de les marier avec … des billets de cent dollars. La dot pour ascenseur. Un peu de cash ou beaucoup, elles se préparent de toutes les façons à gérer… Mais le garçon sans argent, lui, semble voué au célibat.

Cet autre malchanceux, sourd et muet, semble se prostituer dans les bars de nuit. Que peut-il faire de jour ? La jeune danseuse a vieilli et se demande à coups de maquillage quand va s’arrêter la danse. Ici, fille ou garçon, pas de risque d’avoir des poignées d’amour, la vie est chiche … Les transports sont chers. La viande n’en parlons pas. Le poulet s’envole. Le poisson se fait rare. Jamais le droit d’être absent. Jamais malade. Mais jeunesse souffre… au soleil.

Ah, c’est vrai, la mortalité infantile bat encore des records du monde … Là, l’ascenseur est plein. Mais personne ne pense vraiment à son avenir. Les jeunes se battent pour une seule chose : le riz quotidien.

PAMPHLETS

CIRCONCIS  ?

Pourquoi accepter aujourd’hui la pratique de la circoncision ?

Alors qu’un drame vient (encore une fois !) d’arriver hier à Lille, dans le Nord de la France, près de chez moi lors d’une circoncision rituelle où il n’y a pas que la peau du zizi du petit garçon qui a été coupée, je m’insurge fortement contre cette pratique « barbare » qui se perpétue pour des raisons religieuses alors qu’elle était d’évidence fondée sur la nécessaire hygiène dans les temps anciens.

Avec le Conseil de l’Europe, il faut considérer que la circoncision est une atteinte au Droit de l’Enfant. Un État laïc peut-il accepter cela sans sourciller ? Par peur de mécontenter les religions ?

Que l’on baptise les bébés, avec de l’eau, du vin, du riz, des chrêmes, de l’encens, du talc, … et tout ce que vous voulez mais ne touchez pas à l’intégrité physique d’un bébé qui ne vous a rien demandé d’autre que la vie et du lait et qui, en principe, devrait rester libre de choisir sa religion bien plus tard, non ?!

Ce sujet est tabou comme tous les autres… Mais je vous informe que l’article « circoncision » figurant au début de ce Blog de libre penseur a été le plus lu des 3000 consultations reçues depuis le mois de septembre de l’an dernier.

N.B. Un Tribunal allemand a condamné cette pratique qui est une forme … de mutilation. Faut-il préciser que Juifs et Musulmans sont absolument opposés à cette interdiction.

Birmanie ou Myanmar ?

La Birmanie est à l’heure de l’ouverture au tourisme. Peut-être aussi du bouddhisme politique.

Depuis 2011 (oui déjà !) la junte militaire birmane s’est retirée et semble se contenter pour l’heure de poursuivre – ou de suivre du fond des casernes – avec les civils au pouvoir, le train de réformes nécessaires pour faire entrer le pays dans la communauté internationale.

En fait, parmi les dirigeants actuels se trouveraient quelques anciens militaires. On se croirait dans un pays voisin où les uniformes sont en paix dans les garde-robes. Si les puissances économiques favorisées par l’ancien pouvoir (de grandes familles ?) sont toujours aux commandes des affaires, le pays avance peu à peu vers le développement d’une économie ouverte et semble trouver son chemin vers un État de droit … non militaire.

D’ores et déjà, il n’est pas question de revenir sur l’ancien nom d’un État fier, déterminé à rassembler de manière forte l’unité nationale. Myanmar ne redeviendra pas en anglais « Union of Burma », du nom de l’ancienne colonie britannique (en birman « bama », aussi « myan ma »). Pour nous Français, c’est un peu bizarre : il y a des noms qui sont, dans notre langue, délibérément masculin ou féminin. Ainsi Le Cambodge (appelé aussi le Kampuchéa) n’a rien de commun avec le féminin de La Thaïlande ; Le Vietnam non plus d’ailleurs. A nous, ça parait somme toute explicable ou assez ou un tantinet … logique. Tout autant que le Maroc et l’Algérie, si on cherche et qu’on interprète le pourquoi … La Malaise est bien féminine alors qu’il ne peut y avoir qu’un seul Singapour. A moins que ce soit le fruit du hasard.

La Birmanie est devenue Le Myanmar. En changeant de genre et d’article défini, à coups de juntes, tout est dit. Le nationalisme reste dominant. Le pouvoir semble choisir une voie unique, celle de l’ordre que les militaires avaient tracé et que la voie démocratique semble plus ou moins contrainte … de suivre.

Le Myanmar sera bouddhiste et uniquement. La religion (d’Etat ?) est bien l’enfer de notre siècle un peu partout dans le monde, même si les calendriers et les us différent selon les continents.

Dans ce pays qui s’ouvre, les nombreuses minorités ne seront sûrement pas persécutées, elles sont juste appelées (please !) à disparaître. Les Rohingyas s’enfuient à l’Ouest et en mer, d’autres au Nord se cachent dans la jungle depuis longtemps. Tellement d’autres, jeunes marins sans travail, au Sud le long de la péninsule prennent la mer et finissent comme esclaves sur des bateaux de pêche.

Les « caricatures » sont un bon exemple d’une nouvelle forme d’intolérance de pensée. Alerte à tous les « Charlie ». Ici, ce n’est pas le lèse-majesté qui conduit au cachot, c’est le lèse-bouddhisme. Oui, Myanmar est en train d’inventer le bouddhisme radical (tiens, les religions relèvent toutes aussi du masculin ?) comme si cette pratique religieuse avait quelque chose à voir avec la violence, ou avec la violence collective. Deux ans de prison pour avoir représenté dans une publicité commerciale une représentation d’un bouddha avec des écouteurs.

Condamnation pour insulte à la religion ! Mais aussi, semble t-il, pour trouble à l’ordre public, ce qui indique bien où est l’ordre. Écrivons donc Lord Bouddha, on ne sait jamais … Pour une fois qu’il y en a Un qui ne vient pas du Moyen Orient…

Voila ce qui vient de survenir dans la capitale Rangoon et qui n’est sûrement pas neutre dans le contexte national.

Attention, il semblerait nécessaire d’écrire « Yangoon » !? A confirmer mais vraiment tout change…

Les pagodes et les universités birmanes bougent. Des manifestations éclatent. Myanmar se cherche. Certaines provinces sont marquées par le développement de jeux d’argent, la prostitution, et la culture du pavot dont certaines minorités vivent depuis des lustres aux frontières de la Chine. Pas facile à gérer ce « nouveau » pays sage.

Certes, Myanmar s’est ouvert depuis deux ans et mon copain Pierre Le Duc s’en félicite qui vient de créer son agence de tourisme et vous y attend. Néanmoins, l’équipement hôtelier national est insuffisant, seulement est-il « en construction » comme tout le reste. Venez-y avant la foule. Soyez prudents quand même.

De belles perspectives autant pour l’économie, le tourisme, que … pour l’aventure !

J.M.D.F.

N.B. : A l’Est (le Myanmar connaît cinq frontières différentes), devinez pourquoi la couleur orangée de la robe des bonzes : les pagodes sont partagées politiquement entre les Jaunes et les Rouges ! Une sorte de Thom Yam épicé. Peu à peu, il apparaît que cette « philosophie », le bouddhisme, si séduisante pour les Occidentaux, est en train de devenir une « religion » en se politisant. A mon avis, très masculin, les bonzes politisés vont bientôt choisir de porter des … pantalons !?

Bangkok – les militaires nettoient les trottoirs

Mes amis le savent : mon amour pour Bangkok est incommensurable.

Mon premier séjour remonte à 1977. J’ai connu cette ville avec passion. Dès le premier jour, descendu à l’Hôtel Trocadero sur recommandation de mon ami rémois Sanh, … … lorsque je suis rentré de ma petite promenade du crépuscule (il fait nuit à 18 heures toute l’année !), heureusement que j’avais repéré l’interrupteur de ma chambre spacieuse mais étrange … la chaleur et la fatigue auraient pu me faire tomber direct sur mon lit – un premier lit thai au bout d’un long voyage de vingt-quatre heures et trois escales – alors qu’il y avait quelqu’un qui m’attendait sous la couette (ou plutôt sous le drap blanc remonté jusqu’à une paire d’yeux bridés qui souriaient) ! Apparemment la notion de « chambre garnie » me semblait dépasser mes prévisions. Pas ma curiosité … !

Plus tard, j’ai découvert avec excitation le marché du week-end qui se tenait sur la grand place du Palais Royal (Sanam Luang near Wat Phra Kéo pour les connaisseurs) et moi qui n’aimais pas trop fréquenter les marchés, je ne parvenais plus à quitter celui-ci. Dans un environnement d’architecture grandiose, le … bazar de l’hôtel de Ville, façon marché  sur gazon, étals à la terre, on y allait pieds nus … Il avait besoin de s’étendre et dans les années 80, le parc « Chat Ju Chak » fut créé qui attire maintenant les touristes du monde entier. A ne pas manquer. Là, il ne manque rien. Porte-monnaie garni dépensera jusqu’à fini !

Suis retourné ce jour à Sanam Luang et le bonheur de passer devant l’Université des Beaux-Arts et de contourner le splendide ancien Palais Royal fut terni par la surprise de ne plus retrouver le marché informel le long du fleuve Chao Praya. A chaque fois que j’y suis allé – au moins une fois tous les ans –  je me promettais de n’y rien dépenser et, à chaque fois, je mettais la main à la poche du fait de la découverte ou de l’attraction … d’un objet sacré, une photo, un magazine, un vieux canif, une jolie montre d’occase. Et voilà que ce trottoir est vide… ! Les petits vendeurs qui faisaient, tous comptes faits, qu’à Bangkok il n’y avait pas vraiment de chômeurs inactifs, sont désormais interdits.

Ce lycéen qui jouait de l’harmonica avec trois bahts dans sa casquette pour payer ses cahiers, cet aveugle qui chantait dans le vide son espoir, ce vieillard désincarné derrière ses vieux bouddhas, cette dame énorme qui vendait des crêpes au sucre, ce vendeur de blue-jeans à patte d’elphs et à tous petits prix, la petite table du réparateur de montres, le punk qui découpait le cuir de votre future ceinture devant vous, les vieux sacs à mains, l’orange pressée, le quidam, l’anonyme, le passant, le touriste, … tous disparus. tout disparu. Fini le trottoir de Bangkok. De jour, pour le moins. Le quai me semble désormais bien dégarni.

Que sont mes amis devenus ?

Il est vrai qu’en mettant de l’ordre  … les trottoirs se vident. Est-ce que les lits sont moins … débordés ?

N.B. : 680 vendeurs de rue sont actuellement priés de quitter les trottoirs de Huay Khwang, un quartier de Bangkok sur le chemin du marché du dimanche !