Interview

INTERVIEW opérée à l’Université de Silpakorn / Bangkok/ 08 2014.

HT – Jean morel, Vous n’auriez pas plusieurs vies ?
JM – (sourires) En quelque sorte, si ! Déjà je me partage entre trois pays depuis plus de vingt ans.
HT – C’est professionnel ?
JM – C’est le fruit de mes envies d’ailleurs, de mon ouverture aux autres et de ma disponibilité qui a toujours fait que j’ai pu sauter dans l’avion à chaque fois qu’on m’a proposé un nouveau job.
HT – Instable ?
JM – Non, pas vraiment. Surtout que je suis fidèle en amitié, en amour et même à mes pays d’adoption. Néanmoins, je suis comme un oiseau. Lorsque je me pose quelque part, je me demande rapidement où j’irai après ! J’ai besoin de changer, de voyager, de montrer aux amis et aux lieux anciens que je ne les oublie pas.
HT – Mais quand même, vous avez un nid, une maison, un lieu de vie stable ? Où sont nos archives, vos pantoufles ? Où est votre refuge ?
JM – Mes racines sont à Valenciennes. Je n’y ai plus de famille mais je reste attaché à la ville et je suis même abonné au stade. Pourtant je n’y passe qu’environ six semaines par an. Mais toujours le mois de septembre pour les fêtes de la Ville. Mes albums photos et mes étagères de souvenirs sont là, sous la poussière…

HT – Alors, vous vivez en Thaïlande.
JM – Non, la Thaïlande c’est ma deuxième vie. ma deuxième naissance. Lorsque je suis venu dans ce pays il y a plus de trente ans, j’ai ressenti comme une nouvelle naissance. J’ai compris pourquoi le Pape embrassait parfois le sol. J’ai aimé ce sol et j’ai promis devant Dieu et devant les hommes que toutes les années de ma vie, je viendrai dans ce pays pour rendre hommage à ceux qui m’ont fait renaître et découvrir qu’il fallait remettre en cause nos pensées occidentales.
HT – C’est une histoire d’amour, comme toujours avec ce pays ?
JM – Attention aux clichés ! Je me méfie de cela et je lutte contre les idées reçues qui travestissent les réalités que l’on ne comprend pas ; parce que nos yeux, notre culture, nos préjugés ne sont pas les mêmes. Dans le monde d’aujourd’hui, il faut voyager pour comprendre les autres. Internet ne suffit vraiment pas. C’est comme pour les enfants : plus tu bouges, plus tu grandis !
HT – Reste le Cambodge, c’est ça ?
JM – Oui, mais je dois avouer que j’ai mis les pieds dans tous les pays d’Extrême-Orient (sauf Brunei !) et que bien des peuples me séduisent (Philippins, Japonais, Coréens, Vietnamiens, Birmans, Népalais). J’aime avant tout l’Asie et les Asiatiques. Les yeux bridés me font craquer, les sourires aussi qui sont comme une médecine ou une drogue après des années de métro et RER entre Paris et Nanterre !
HT – Mais le plus clair de votre temps c’est le Cambodge ?
JM- Quelques années, j’ai fait la navette entre Bangkok et Phnom Penh. J’aimais travailler dans les deux pays mais à chaque fois que je profitais du confort et de la sécurité de la Thailande, je culpabilisais de « laisser tomber » le Cambodge. En fait, je suis sensible aux plus faibles. J’ai une vie dans une ONG humanitaire aussi. Quand il y a une guerre quelque part, je prends parti pour le plus faible… Et le Cambodge est un pays meurtri. Le peuple aussi. Traumatisé, anéanti et encore dominé par des forces négatives. Les gens y sont attachants et j’ai souvent l’impression que je peux y être utile. Alors …
HT – Alors, jean, pourquoi vous ouvrez un blog  ?
JM – Sans doute pour transmettre quelques messages à ceux qui me font l’amitié de me suivre de loin. Un message de foi d’abord. La foi, c’est croire en soi et n’avoir peur de rien ! Ceux qui ont peur se créent des leaders et des dieux. Les leaders ne voient qu’eux-mêmes et oppressent ceux qui sont différents. Les dieux, eux, se font la guerre… puisqu’il ne peut y avoir qu’un seul Dieu ! C’est nul. Et un message également sur le Sexe des Anges pour ceux qui croient tout savoir. Moi, je ne sais rien, c’est pour cela que je vois tout, les yeux grands ouverts.
HT – C’est tout ?
JM- Enfin, un message d’espoir : Let’s go ! A ceux qui ne vont pas bien, changez de vie, partez sur les routes « toute la sainte journée » … Si ce n’est pas moi que vous rencontrerez, ce sera un « autre », tout aussi farfelu, qui croira en votre visage et vous fera sourire… J’en suis sûr.

Réalisé par Héloïse Tessier, journaliste à Thai Euroviews

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