A quand une assurance pour les agriculteurs cambodgiens ?

 La mousson arrive et l’heure des semis du riz aussi.

Chaque année cette saison est l’occasion pour les entreprises de micro-finances d’entrevoir du bénéfice à court terme. En effet, elles prêtent de l’argent à très court terme pour que les paysans achètent et sèment les semences. Le cycle agricole est de quatre mois pour la récolte.

Alors, avant même la fin de la saison, les paysans pourront rembourser. Mais s’ils ne peuvent pas, qu’adviendra t’il ? Les taux d’intérêt sont importants et il suffit d’une mauvaise saison, d’inondations ravageant une province, ou bien d’orage couchant les céréales … et le bénéfice est perdu. Le remboursement devient impossible.

L’Etat ne pourrait-il pas assurer, ou réassurer, ce processus agricole en cas de catastrophe naturelle ? Afin que les catastrophes financières ne s’ajoutent pas aux risques climatiques.

Accéder au temple d’ANGKOR

Le Cambodge et le Japon  ont entrepris le mois dernier de restaurer l’important passage archéologique consistant en de lourdes pierres surplombant un plan d’eau permettant l’accès majeur vers le temple d’Angkor Wat.

Autrefois en partie restauré par la coopération française, cet accès aujourd’hui un peu bancale fait l’objet d’un projet cambodgien de quatre années de travaux qui confirme la solidarité internationale pour la sauvegarde du glorieux Heritage Khmer. En effet, le financement du projet et le support technique seront fourni par la coopération japonaise.

Plusieurs temples ont déjà été restaurés, comme le Baphuon par la France, ou sont en voie de réhabilitation, comme le fantastique et prestigieux Bayon par le Japon.

Il n’empêche  que le nombre de touristes sur les sites des différents temples grossissant chaque année, l’inquiétude grandit de voir des dégradations de plus en plus nombreuses sur certains sites archéologiques de cet exceptionnel patrimoine.

Faudrait-il changer de politique du tourisme ou limiter l’accès ?

 

La croissance durable serait non durable au Cambodge.

Les Nations Unies s’inquiètent des risques liés à la croissance de l’Économie cambodgienne. Croissance certes, forte et durable puisque voisinant chaque année les 7 % depuis 15 ans.

Mais cette croissance serait-elle de la poudre aux yeux… ? Est-elle tenable à terme ? Est-elle harmonieuse ? L’ONU dénonce un risque de non « sustainability ».

Il est vrai que la progression n’est pas de 7 % partout. Ni géographiquement ni par secteurs économiques. L’agriculture en particulier reste un peu à la traîne, même si elle a commencé par endroit à bouger et à se moderniser.

Du côté des infrastructures, il n’y a pas réellement de risque puisque les investissements bien pensés, publics et privés, sont un facteur de développement. C’est du côté immobilier où la construction à tout va dans la Capitale ne cesse d’inquiéter… alors que bon nombre de Cambodgiens n’ont pas accès au logement, au travail, au riz, à aucune protection sociale.

A voir le nombre de femmes et d’enfants qui trient les poubelles le soir dans la ville, effectivement la « croissance » touche tout le monde !

L’océan souffre de ses Philippines

Le Pacifique est toujours pacifique mais si l’inconscience de certains pays continue, il ne faudra pas être surpris des conséquences d’un environnement dégradé qui pourrait prendre sa revanche sur les humains.

La Chine, le Vietnam, la Thaïlande même, déversent à la surface de l’eau comme en profondeur, à longueur de temps, depuis des années, des millions de tonnes de déchets. Parmi eux, les déchets plastiques flottent à proximité de toutes les côtes pacifiques et glissent peu à peu dans les bas-fonds ou s’éloignent vers le large.

Que penser des Philippines qui sont un archipel de 7000 îles plantées au milieu de l’océan dont 2000 d’entre elles sont peuplées ? En plein océan Pacifique, au Sud de Taïwan et au Nord de l’archipel indonésien, la République des Philippines recherche un développement à croissance accrue ces dernières années, semble t’il sans se soucier suffisamment de la protection de son environnement. Comme au Cambodge, la croissance économique d’abord !

Outre l’exploitation de matières premières dans des îles inhabitées, des opérations minières à grande échelle dans certaines îles magnifiques, et habitées, saccagent l’environnement pour longtemps. Outre la pollution de certaines rivières, outre des écosystèmes dégradés, outre la difficulté de gestion de modes de transports polluants, la véritable pollution des sacs plastiques n’est pas encore arrivée à son maximum. Les « flottements », politiques et éducatifs, seront accusés à moyen terme. Au secours. L’océan n’avale pas tout …

En attendant, les typhons se multiplient…  « El Nino » qui signifie pour ce pays très catholique « le petit Jésus » ne serait-il pas en train de donner des signes avant-coureurs de mécontentement des cieux ?

JMDF

Un bonze adulé au bord du précipice

La Pagode Phra Dhammakaya, un ancien Centre de formation au Bouddhisme, transformé en un moderne méga-temple, est située dans la petite ville de Pathum Thani, au Nord de Bangkok (Thaïlande).

Les bonzes bloquent depuis quelques jours l’entrée de l’important site religieux avec des engins de chantiers pour éviter que la police ne vienne arrêter le très médiatique moine, Chef de ce Temple, le Vénérable Phra Dammajayo !

Depuis des mois, le scandale, un de plus dans ce pays très marqué par les mauvaises nouvelles religieuses, divise la communauté bouddhiste thaïlandaise. Cette fameuse Pagode qui communique avec un grand public au moyen de modernes instruments de communication depuis plusieurs années, serait maintenant considérée comme ayant l’apparence d’une secte et son populaire leader est soudain poursuivi comme un « paria », hérétique, dans la hiérarchie traditionnelle bouddhiste, sinon par elle.

Accusé de dérives financières et surtout de « money laundering », le grand maître Dammajayo ne s’est pas rendu à un interrogatoire décidé par un Procureur de Bangkok. Il s’est opportunément fait porter pâle, tandis que son avocat essayait alors vainement d’annuler un « mandat d’arrêt » rédigé contre lui.

Malade à un pied (la goutte ?), alité, incapable de marcher, faible et vieillissant, dit-on (mais jeune à 72 ans !), il serait médicalement traité par une clinique interne au site religieux et refuserait de ce fait de se rendre à l’extérieur dans un hôpital pour une expertise. Il risquerait de graves vertiges, si on l’obligeait à se lever …

Les disciples de Dammajayo sont des centaines de bonzes à entourer leur « Père Abbé » sur l’immense site bouddhiste de Pathum Thani, comme des soldats protégeant leur chef. Des supporters rejoignent la place au fur et à mesure que la tension monte. Opportunément ces gens s’ajoutent à l’obstruction du chemin pour une police qui ne veut pas utiliser la violence par traditionnel respect dû aux moines. Les autorités envisageaient un temps, semble t-il, de rentrer sur cette place forte en hélicoptère. D’ores et déjà, des drones auraient survolé et observé la place. Le Ministre de la Justice de son côté tempère … et appelle chacun au respect de la légalité.

Le Suprême Patriarche Somdet Chuang (90 ans, lui), Chef de l’Eglise bouddhiste thaïlandaise, connaît bien Phra Dammajayo et les dérives de son autorité, de son charisme et de ses pratiques de modernisation de la religion aujourd’hui bien partagées par un grand nombre de fidèles.

Le Conseil Suprême du Bouddhiste thaïlandais semble incapable d’interférer, sinon de dialoguer avec les autorités, les militaires au gouvernement. En effet, le Suprême Patriarche est lui-même poursuivi pour des véhicules de collection dans son domaine … importées illégalement !

(Dans le même temps la police investit une autre pagode à Kanchanaburi accusée de trafic d’animaux (tigres). Tempête dans les pagodes !)

Il semble que la seule issue de cette crise, dans les prochaines semaines, soit : l’arrestation de celui qui résiste dans une pagode « château fort » et serait alors immédiatement défroqué, ou soit : un miracle !

Avant l’Éveil, les vertiges. Avant le merveilleux portail du Nirvana couvert d’ors, il y a donc un précipice ?

JMDF

Casino Big C et casinos !

En Thaïlande, lorsque le groupe français de grande distribution CASINO avait il y a 23 ans décidé d’investir, en partenariat forcé avec le groupe local CENTRAL, dans ce pays émergent à forte population, il s’était vu interdire d’utiliser son enseigne fétiche. En effet, dans ce pays les vrais casinos sont interdits, comme tous les jeux d’argent, et d’une certaine manière le mot est y tabou.

Casino Group a donc créé une filiale à l’enseigne « BIG C », C comme Casino. Et C comme Central son partenaire. Cette enseigne s’est répandue en Thaïlande avec un grand succès commercial. A l’époque la grande distribution française faisait fort avec CARREFOUR (autre grand C !) qui a en 2010 quitté complètement ce pays, laissant 42 établissements à la filiale de CASINO. Et face à la concurrence de TESCO, le leader britannique présent aussi dans la région (enseigne Tesco Lotus).

Néanmoins, que se passe t’il ?

CASINO a commencé à se retirer de ses « Big C » thaïlandais et à la fin 2015, il a lancé un appel d’offres pour la vente de sa chaine de magasins hypermarchés « Big C » au Vietnam créée il y a une dizaine d’années

Et c’est le JACK POT (1 milliard d’€, dixit Le Figaro du 01/05/16). Le groupe CENTRAL a gagné l’appel d’offres passant pas (HSBC et BNP). Central à accepté de reprendre une quarantaine de magasins, belle opportunité. Si, de fait, c’est une belle affaire financière pour le groupe Casino qui en l’occurrence joue bien, il semble se retirer, après Taïwan, lui-aussi, de la région extrême orientale !

Quant à TESCO LOTUS, il se pourrait qu’il doive aider sa maison mère surendettée. Des ventes en perspective ? La « roulette » des affaires de la grande distribution continue à tourner en Thaïlande et le vainqueur de la boule semble être assez souvent le « Groupe Central ».

Après avoir gagné l’appel d’offres de Casino au Vietnam, le « business » consolidé du  conglomérat thaïlandais Central Group ira sans doute mieux puisque la croissance de ce pays dynamique pourrait être presque le double de celle de la croissance thaïe, plutôt terne dans la conjoncture actuelle.

Apparemment, dans le secteur de la grande distribution internationale, quand on perd on vend ; et tout le monde y gagne !

Un casino vraiment unique !

Beau soleil

Bonsoir Ami,

Tu étais taillé comme une pierre mais ceux qui connaissaient ta tendresse n’en démordaient pas. Tu étais « chaud » comme un soleil, noble, grand et fort comme un colon, mais tu ne plaisais pas à tout le monde, ni aux médiocres, ni à ceux qui cassaient du sucre sur ton café noir ou ton whisky bien peu tassé.

C’est du soleil tropical dont tu abusais ces derniers mois au Cambodge en travaillant sans relache. Pas bon pour le cœur. Ton autorité naturellement souriante te permettait de diriger une plantation et des centaines d’employés. Droit comme un arbre, péremptoire mais flexible comme une pépinière, tes hommes t’aimaient, tes femmes aussi. Qu’importe que les trains soient jadis passés sur ces rails t’éloignant des tiens tricolores…

Tu aimais ton drapeau, les responsabilités, la nature, et avant tout les oies sauvages et la libertés des poules. Ton œil était fin, chasseur, ton regard décapant. On t’aimait comme ça. A commencer par les Cambodgiens.

Tu as pris de l’avance désormais sans attendre de reprendre la dialogue.

Au revoir du clair de la lune, l’ami Pierrot.

 JMDF

Palmyre : le sucre de palme ailleurs!

Au Cambodge, une production agricole alimentaire se trouve être moins connue que le célèbre poivre de Kampot. Elle est pourtant bien plus répandue dans toutes les provinces du pays !

– Quel est donc cet édulcorant cambodgien de haute lignée ?

  • C’est le sucre

Est-ce du sucre de canne ? Non, pas du tout. Certes, ce sucre est produit puisque la canne à sucre est très répandue et qu’elle est mangée presque quotidiennement par les plus pauvres en période de sécheresse.

Cependant la plus grande part du sucre consommé par la population cambodgienne est le sucre de palme !

Ce sucre artisanal provient de la sève d’une espèce dite de « palmier de Palmyre » qui est très visible dans le pays et agrémente même ses cartes postales.

Il s’agit du « Borassus flabellifer » qui n’est pas spécifique au Cambodge mais fait vraiment partie de sa tradition millénaire.

Arbre magnifique de 35 mètres de haut, qui met cent ans à pousser et à produire des fruits, souvent en bordure des rizières, il décore la plupart des campagnes cambodgiennes alors qu’il est plus discret dans les pays voisins.

Cette production vraiment artisanale du « sirop de palmier » a marqué complètement la vie des campagnes et la gastronomie du pays puisque certains plats sont sucrés (poissons, porcs, desserts) ou salés-sucrés, ce qui les rend très différents de ceux de la cuisine thaïe ou vietnamienne.

D’ailleurs, les desserts cambodgiens ne sont pas plus connus que cette richesse locale en divers sucres, pas plus que le café ou le thé.

De plus en plus, les Cambodgiens, et les touristes étrangers, se l’approprient et c’est une spécialité cambodgienne que d’aller à la recherche des sucres, sans en abuser, bien sûr !

N’essayez pas de conquérir vous-même les hauts palmiers de Palmyre au Cambodge ou ailleurs, il faut y monter quotidiennement, ce que seuls certains Cambodgiens aguerris peuvent faire (comme les Indiens dans le sud de l’Inde) pour en ramener la précieuse sève. En somme, c’est l’effort nécessaire pour escalader les palmiers qui fait que le « sucre de palme » est plus rare ailleurs.

D’autant plus intéressante découverte que : qui dit sucre, dit vins, et dit alcools (vin de palme, bien différent de l’alcool de riz) et que, là aussi, il y a des rencontres sympathiques à faire.

JMDF

Le Cambodge va bien !

 

Si le qualificatif « Incredible India » correspond bien à ce continent, il faudrait en chercher un autre pour l’un des plus petits pays de l’ASEAN : tant il est  « Incrédible Cambodia » !

Osons alors : « Surprenant Cambodge », avec un « s » comme Super, ou un « p » comme Pays des Merveilles !

Oui, le développement du Cambodge se poursuit avec un rythme de croisière digne des grands paquebots. A telle vitesse que l’économie du pays ne semble pas disposée au moindre ralentissement.

Les prévisions de croissance économique au Cambodge, validées chaque année par la Banque Asiatique de développement et la Banque Mondiale, l’attestent : 2016 sera encore une bonne année. Et vraisemblablement 2017 aussi …

Ce pays en plein boom économique durant 15 ans connait une croissance annuelle constante de 7% l’an. Cela signifie que la richesse nationale a doublé, que le revenu par habitant a doublé et que la pauvreté a été divisée par deux. Surprenant Cambodge.

Certes, tout n’est pas parfait. Notamment sur le plan politique où l’opposition est muselée et sur le plan économique où la diversification industrielle demeure encore insuffisante, ce qui est aussi inquiétant que le manque de ressources énergétiques, et sur le plan social où l’inégalité des chances demeure sévère. Mais le dynamisme des investissements ne faiblit pas, l’agriculture commence timidement sa modernisation, le système éducatif se redresse, le pouvoir semble avoir entrepris de s’attaquer à quelques cancers intérieurs et l’argent coule à flot dans un système bancaire en plein développement lui-aussi.

Indicateur privilégié, le tourisme reste en progression par tête de pipe mais avec un certain ralentissement de l’accroissement du nombre de passagers dans les trois aéroports du pays. Néanmoins, ça progresse sauf que chaque portefeuille de touriste est bien plus plat qu’auparavant et les professionnels de l’industrie de l’hébergement et de la restauration font en ce moment le bilan d’une « hot season » qui s’achève par avec des baisses de chiffres d’affaires de l’ordre de 20%. Dans le domaines artisanal idem sinon pire.

Pas de quoi s’affoler puisque l’ouverture du grand marché de l’ASEAN ne semble pas porter ombrage au Cambodge qui fera en 2016 mieux que ses grands et riches voisins. Même la sécheresse qui touche en ce moment plusieurs provinces ne semble pas inquiéter outre mesure les autorités. Elles viennent néanmoins de procéder à un remaniement ministériel de quelques portefeuilles-clés, comme l’Agriculture, les Transports et l’Aménagement du Territoire.

Les observateurs inquiets trouveront des sources de fragilité dans le dispositif de crédits et même dans le développement outrancier des organismes de micro-crédit. De même ne se prépare t’on pas à une dangereuse bulle immobilière ? Mais ce serait oublier que nous sommes en Asie et que l’on peut vivre quotidiennement à côté des trous, et des rats, et les combler au moment nécessaire, comme on parvient à couvrir une ligne budgétaire vierge avec le sens de l’opportunité et avec la solidarité de ses partenaires, souvent chinois, pour boucler un projet ou un Budget rarement équilibré. Demain ne fait jamais peur, on vit pour aujourd’hui…

Il est vrai qu’aujourd’hui ça roule et que ici : « quand le bateau va, tout va ».

Alors, la vie est belle à court et moyen terme au Cambodge. L’année charnière de 2018 sera fondamentale pour ce « Surprenant Cambodge » et la réponse à la question qui lui sera posée : Quitte ou double ?

JMDF

 

 

Les foulards en Asie

Du coton au lin, de la soie à la laine. Et des laines, des lins, des cotons ! C’est l’Asie. L’Asie de la route de la Soie !

Le foulard, l’étole, le voile, le châle, le carré, le fichu, le turban, l’écharpe, le cache-col, la calotte, la toque, le foulard bandeau, le bandana, le hijab ! … Mais pourquoi pas aussi le krama, le sarong, ou le sari ! qui sont bien plus que de simples foulards…

Plein de noms différents, pour se couvrir la tête, et des styles très particuliers qui correspondent à des cultures locales bien établies mais aussi parfois à des modes en pleine évolution, du fait de l’ouverture de l’ASEAN vers le commerce mondial.

En ce moment, c’est la tendance coréenne ou japonaise qui domine le design textile en Europe. La Corée possède une tradition de broderie qui est millénaire. Le Japon a développé l’art des étoffes depuis longtemps. Mais c’est toute l’Asie du Sud-Est qui s’active sur le métier à tisser pour couvrir les chefs des femmes de ce monde … (d’ailleurs les chapeaux pour hommes également, mais c’est un autre sujet !).

L’Asie est à juste titre réputée dans le domaine de l’artisanat mais l’ancestral et le plus traditionnel de ses « savoir-faire » est celui des foulards et ça les touristes le savent un peu moins, depuis qu’ils importent des objets artisanaux en noix de coco, en os, coquillage, et des mini-souvenirs en bois de santal ou de teck, le plus souvent inutiles ! Nostalgie de l’ivoire, souvent remplacé par les bibelots en argent et les pierres semi-précieuses…

Depuis des lustres, chaque pays a développé des techniques de fabrication de produits textiles assez extraordinaires, à l’image du « batik » en Indonésie. La technique de fabrication du « batik », à l’origine artisanale, fait partie aujourd’hui des trésors immatériels de l’Humanité. Il existe aussi un batik intéressant au Sri Lanka. Mais chacun des pays d’Extrême-Orient peut étonner le voyageur sur ce type de produit facile à ramener chez soi : une écharpe ou un foulard.

La base des foulards, c’est bien sûr le textile lui-même qui crée sa première originalité. La qualité du produit fini exige ensuite des artisans de rechercher le meilleur « suivi » de la matière première, de manière à maintenir l’authenticité du produit et éviter la reproduction industrielle concurrente.

La soie, est le meilleur exemple de ce que l’on peut trouver de meilleur ou de pire dans la recherche d’un beau foulard. La soie dite « sauvage » possède un grain et un aspect tout particulier. La soie « tusah » (ou tasar), produite en Inde (et en Chine qui a inventé la soie et maintenant expérimente des vers à soie, en fait des chenilles, se développant dans des zones tropicales sans manger des feuilles de mûriers, ce qui est surprenant !), se caractérise par une trame en principe assez irrégulière.

La soie naturelle ou sauvage est une comme une matière vivante. Même son épaisseur est variable. Il faut de ce fait rechercher les sortes d’ « imperfections » qui font qu’au toucher cette soie apparaît comme authentique et complètement unique.

La seule soie qui soit authentique provient d’une production de fils de soie sauvage (des chenilles se nourrissant de feuilles de mûriers et produisant des cocons de fil). C’est celle-là qui doit être recherchée même si c’est celle qui demeurera la plus fragile (face à la soie artificielle, qualifiée trop souvent de … soie naturelle !). A l’excellence de la matière s’ajoute l’excellence de l’artiste lors de la fabrication sur des métiers à tisser traditionnels. C’est-à-dire que ces foulards tissés à la main sont des pièces uniques et, en somme, aucun foulard ne peut ressembler complètement à un autre foulard.

Un foulard en soie « doit être » une pièce unique, c’est ce qui en fait son charme. Quant aux petites imperfections qui parfois font hésiter l’acheteur non averti, ce sont elles qui apportent la preuve d’un produit fait main de haute qualité artisanale. Ensuite la difficulté sera de le maintenir propre sans le dégrader par un lavage attaquant les teintures.

La Thaïlande se démarque des autres pays de l’ASEAN par la qualité de ses savoir-faire ancestraux en amont dans l’élevage des vers à soie mais aussi en aval dans l’art même du tissage, du design et de la production de foulard de soie naturelle de grande qualité. Le Cambodge y revient lui aussi depuis deux décennies mais dans une faible mesure, néanmoins prometteuse.

La soie proposée en Thaïlande est une soie brillante qui a de jolis reflets lumineux. Au toucher, elle apparaît à la fois lisse et rugueuse. Si elle n’est que lisse, attention, des doutes peuvent subsister. La renommée de la soie de Thaïlande est reconnue dans le monde entier. Son savoir faire dont elle tente de garder le secret (comme pour bien d’autres choses) est de parvenir à une balance entre le métier à tisser traditionnel et des processus de fabrication spécifiques et modernes qui maintiennent un niveau de qualité lorsqu’elle produit de la quantité ! Les grandes maisons de soie sauvage traditionnelle thaïe sont connues. Quitte à y mettre le prix, c’est là qu’il faut aller.

Les écharpes en coton produite en Inde avec du coton naturel et un art du tissage du coton très ancien font des écharpes indiennes des merveilles. Mais dans cet immense pays, les écharpes et foulards peuvent être aussi en soie ou en lin ! Les foulards les plus recherchés sont les Pashminas, souvent des étoles, et bien sûr aussi les carrés en Cachemire.

Le lin est l’un des textiles les plus ancien au monde. Venu d’Inde aussi. De sa culture à la récolte du lin en passant par les étapes de traitement que sont le rouissage, la filature et le tissage, la confection d’un foulard en lin est un travail de longue haleine. Uni ou brodé, coloré, le foulard indien est une pièce à utiliser toute l’année, saison chaude ou froide.

Le tissage de la soie en Inde est renommé, ses origines sont anciennes et plusieurs provinces sont fameuses pour la production de beaux saris. Les foulards en soie ont la particularité d’être reconnus comme les plus doux et les plus fins dans le monde. La trame de la soie indienne possède une texture unique. Question de tissage particulier. Les foulards peuvent être imprimés à la façon du batik ou à l’aide de pochoirs. Le plus extraordinaire c’est lorsqu’ils sont …peints à la main.

Le « Krama » est la pièce de textile traditionnelle du Cambodge. Traditionnellement en coton et fabriquée sur de vieux métiers à tisser dans les villages dans les périodes creuses des activités de la terre, comme un complément de revenus. Il se porte d’abord sur la tête. Principalement chez les femmes. Mais il sert à tout dans la vie quotidienne des Cambodgiens. Tout ce qu’on peut imaginer, y compris porter un bébé sur son ventre ou sur son dos. Aujourd’hui, le krama est devenu « fashion » et se démultiplie en écharpes très prisées. De plus, il se développe non seulement en coton mais en soie, y compris en soie sauvage de haut de gamme.

Le « Sarong », pièce d’étoffe dont le nom vient du Malais (sarung). De l’Indonésie au Vietnam, jusqu’à Laos et Myanmar, on porte donc des sarongs qui sont une pièce de tissu cylindrique couvrant tout le bas du corps. Lorsque le cylindre n’est pas cousu, comme le krama cambodgien, le sarong peut se porter sur la tête ou en simple ceinturon. Dans le sud de la péninsule, les motifs sont des carrés ou des rectangles. Au Vietnam, les couleurs des sarongs sont chatoyantes et les motifs plus discrets. Mais attention, il ne convient d’offrir un foulard à un vietnamien, pas plus qu’un mouchoir. Cela signifierait séparation. A moins qu’il ne soit tout rouge, au nouvel an du Têt …

Les foulards vietnamiens sont en coton ou en soie. Comme en Chine, il existe une soie sauvage qu’il faut rechercher. Attention aux tromperies. Les plus beaux foulards et la plus belle soie ne sont que rarement les plus authentiquement artisanaux. Rechercher la matière et la « façon » avant tout. Sinon c’est se contenter de fibres artificielles, au demeurant souvent très très jolies…

Ces fibres artificielles se retrouvent aussi au Laos et au Myanmar où les flux commerciaux entre la Chine et la Thailande créent parfois des foulards dont on ne sait plus ni où ils ont été fabriqués ni d’où provient la matière première … naturelle ou artificielle. Néanmoins, on retrouve les motifs symboliques de la grande région que sont les phénix, les dragons, les oiseaux, les grues… et aussi le langage des fleurs.

En revanche, en Malaisie qui connait un Islam assez rigoureux, le « hijab » est le foulard islamique que portent les femmes dans ce pays. Il est fabriqué localement ou en Indonésie, le pays musulman le plus peuplé du monde. Le foulard malais est porté par 70% des femmes, y compris non musulmanes et de ce fait peut se distinguer un peu du voile islamique par sa diversité et sa modernité.

L’Indonésie connaît le « Ikat ». Du mot indonésien qui signifie attacher ou nouer. C’est comme le « batik » un procédé de teinture et de tissage dans lequel le dessin est créé en teignant d’abord le fil de trame, ou le fil de chaîne, avec les couleurs qui vont y figurer. Ceci avec des intervalles précis de façon qu’au moment du tissage les éléments se créent par la juxtaposition des parties du fil de la couleur voulue.
Cette technique de l’Ikat a été reprise et développée au Japon En teignant un fil, les parties qu’on veut préserver d’une certaine couleur de teinture sont cachées par un autre fil qu’on noue sur le fil de la trame. On plonge ensuite ceci dans de la teinture et on recommence ensuite pour chacune des teintes.
Samarkande, dont le nom fait rêver les grands voyageurs, en Ouzbékistan, est renommé depuis plusieurs siècles pour ses foulards en IKAT.
Des « châles » russes en laine naturelle existent aussi dans cette Asie du Nord mais la meilleure laine asiatique est celle des montagnes du Nord de l’Inde. Népal, Pakistan, Afghanistan, Bangladesh… peuvent offrir de sublimes écharpes puisque le savoir faire des artisans n’a pas disparu malgré les événements que connaissent ces pays. C’est un art traditionnel qui offre du fait de cette matière de fil de laine, à la fois de la légèreté et de la chaleur.

La pure laine de l’Himalaya est connue pour sa douceur extrême et sa finesse, d’une intense douceur mais aussi pour la complexité de ses motifs.

Le Japon recherche l’excellence dans la fabrication de foulards et d’écharpes aux motifs typiquement japonais. La qualité japonaise est connue et donne totale confiance. Cependant, la soie naturelle sera industrielle mais de haute tenue. Particulièrement prisés sont les foulards portant des fleurs de cerisiers, fleurs dont sont très imbus les Japonais. Ces écharpes et foulards, au Japon, servent également à d’autres utilisations de la vie quotidienne et surtout, c’est original, … à emballer des cadeaux !

JMDF