Les foulards en Asie

Du coton au lin, de la soie à la laine. Et des laines, des lins, des cotons ! C’est l’Asie. L’Asie de la route de la Soie !

Le foulard, l’étole, le voile, le châle, le carré, le fichu, le turban, l’écharpe, le cache-col, la calotte, la toque, le foulard bandeau, le bandana, le hijab ! … Mais pourquoi pas aussi le krama, le sarong, ou le sari ! qui sont bien plus que de simples foulards…

Plein de noms différents, pour se couvrir la tête, et des styles très particuliers qui correspondent à des cultures locales bien établies mais aussi parfois à des modes en pleine évolution, du fait de l’ouverture de l’ASEAN vers le commerce mondial.

En ce moment, c’est la tendance coréenne ou japonaise qui domine le design textile en Europe. La Corée possède une tradition de broderie qui est millénaire. Le Japon a développé l’art des étoffes depuis longtemps. Mais c’est toute l’Asie du Sud-Est qui s’active sur le métier à tisser pour couvrir les chefs des femmes de ce monde … (d’ailleurs les chapeaux pour hommes également, mais c’est un autre sujet !).

L’Asie est à juste titre réputée dans le domaine de l’artisanat mais l’ancestral et le plus traditionnel de ses « savoir-faire » est celui des foulards et ça les touristes le savent un peu moins, depuis qu’ils importent des objets artisanaux en noix de coco, en os, coquillage, et des mini-souvenirs en bois de santal ou de teck, le plus souvent inutiles ! Nostalgie de l’ivoire, souvent remplacé par les bibelots en argent et les pierres semi-précieuses…

Depuis des lustres, chaque pays a développé des techniques de fabrication de produits textiles assez extraordinaires, à l’image du « batik » en Indonésie. La technique de fabrication du « batik », à l’origine artisanale, fait partie aujourd’hui des trésors immatériels de l’Humanité. Il existe aussi un batik intéressant au Sri Lanka. Mais chacun des pays d’Extrême-Orient peut étonner le voyageur sur ce type de produit facile à ramener chez soi : une écharpe ou un foulard.

La base des foulards, c’est bien sûr le textile lui-même qui crée sa première originalité. La qualité du produit fini exige ensuite des artisans de rechercher le meilleur « suivi » de la matière première, de manière à maintenir l’authenticité du produit et éviter la reproduction industrielle concurrente.

La soie, est le meilleur exemple de ce que l’on peut trouver de meilleur ou de pire dans la recherche d’un beau foulard. La soie dite « sauvage » possède un grain et un aspect tout particulier. La soie « tusah » (ou tasar), produite en Inde (et en Chine qui a inventé la soie et maintenant expérimente des vers à soie, en fait des chenilles, se développant dans des zones tropicales sans manger des feuilles de mûriers, ce qui est surprenant !), se caractérise par une trame en principe assez irrégulière.

La soie naturelle ou sauvage est une comme une matière vivante. Même son épaisseur est variable. Il faut de ce fait rechercher les sortes d’ « imperfections » qui font qu’au toucher cette soie apparaît comme authentique et complètement unique.

La seule soie qui soit authentique provient d’une production de fils de soie sauvage (des chenilles se nourrissant de feuilles de mûriers et produisant des cocons de fil). C’est celle-là qui doit être recherchée même si c’est celle qui demeurera la plus fragile (face à la soie artificielle, qualifiée trop souvent de … soie naturelle !). A l’excellence de la matière s’ajoute l’excellence de l’artiste lors de la fabrication sur des métiers à tisser traditionnels. C’est-à-dire que ces foulards tissés à la main sont des pièces uniques et, en somme, aucun foulard ne peut ressembler complètement à un autre foulard.

Un foulard en soie « doit être » une pièce unique, c’est ce qui en fait son charme. Quant aux petites imperfections qui parfois font hésiter l’acheteur non averti, ce sont elles qui apportent la preuve d’un produit fait main de haute qualité artisanale. Ensuite la difficulté sera de le maintenir propre sans le dégrader par un lavage attaquant les teintures.

La Thaïlande se démarque des autres pays de l’ASEAN par la qualité de ses savoir-faire ancestraux en amont dans l’élevage des vers à soie mais aussi en aval dans l’art même du tissage, du design et de la production de foulard de soie naturelle de grande qualité. Le Cambodge y revient lui aussi depuis deux décennies mais dans une faible mesure, néanmoins prometteuse.

La soie proposée en Thaïlande est une soie brillante qui a de jolis reflets lumineux. Au toucher, elle apparaît à la fois lisse et rugueuse. Si elle n’est que lisse, attention, des doutes peuvent subsister. La renommée de la soie de Thaïlande est reconnue dans le monde entier. Son savoir faire dont elle tente de garder le secret (comme pour bien d’autres choses) est de parvenir à une balance entre le métier à tisser traditionnel et des processus de fabrication spécifiques et modernes qui maintiennent un niveau de qualité lorsqu’elle produit de la quantité ! Les grandes maisons de soie sauvage traditionnelle thaïe sont connues. Quitte à y mettre le prix, c’est là qu’il faut aller.

Les écharpes en coton produite en Inde avec du coton naturel et un art du tissage du coton très ancien font des écharpes indiennes des merveilles. Mais dans cet immense pays, les écharpes et foulards peuvent être aussi en soie ou en lin ! Les foulards les plus recherchés sont les Pashminas, souvent des étoles, et bien sûr aussi les carrés en Cachemire.

Le lin est l’un des textiles les plus ancien au monde. Venu d’Inde aussi. De sa culture à la récolte du lin en passant par les étapes de traitement que sont le rouissage, la filature et le tissage, la confection d’un foulard en lin est un travail de longue haleine. Uni ou brodé, coloré, le foulard indien est une pièce à utiliser toute l’année, saison chaude ou froide.

Le tissage de la soie en Inde est renommé, ses origines sont anciennes et plusieurs provinces sont fameuses pour la production de beaux saris. Les foulards en soie ont la particularité d’être reconnus comme les plus doux et les plus fins dans le monde. La trame de la soie indienne possède une texture unique. Question de tissage particulier. Les foulards peuvent être imprimés à la façon du batik ou à l’aide de pochoirs. Le plus extraordinaire c’est lorsqu’ils sont …peints à la main.

Le « Krama » est la pièce de textile traditionnelle du Cambodge. Traditionnellement en coton et fabriquée sur de vieux métiers à tisser dans les villages dans les périodes creuses des activités de la terre, comme un complément de revenus. Il se porte d’abord sur la tête. Principalement chez les femmes. Mais il sert à tout dans la vie quotidienne des Cambodgiens. Tout ce qu’on peut imaginer, y compris porter un bébé sur son ventre ou sur son dos. Aujourd’hui, le krama est devenu « fashion » et se démultiplie en écharpes très prisées. De plus, il se développe non seulement en coton mais en soie, y compris en soie sauvage de haut de gamme.

Le « Sarong », pièce d’étoffe dont le nom vient du Malais (sarung). De l’Indonésie au Vietnam, jusqu’à Laos et Myanmar, on porte donc des sarongs qui sont une pièce de tissu cylindrique couvrant tout le bas du corps. Lorsque le cylindre n’est pas cousu, comme le krama cambodgien, le sarong peut se porter sur la tête ou en simple ceinturon. Dans le sud de la péninsule, les motifs sont des carrés ou des rectangles. Au Vietnam, les couleurs des sarongs sont chatoyantes et les motifs plus discrets. Mais attention, il ne convient d’offrir un foulard à un vietnamien, pas plus qu’un mouchoir. Cela signifierait séparation. A moins qu’il ne soit tout rouge, au nouvel an du Têt …

Les foulards vietnamiens sont en coton ou en soie. Comme en Chine, il existe une soie sauvage qu’il faut rechercher. Attention aux tromperies. Les plus beaux foulards et la plus belle soie ne sont que rarement les plus authentiquement artisanaux. Rechercher la matière et la « façon » avant tout. Sinon c’est se contenter de fibres artificielles, au demeurant souvent très très jolies…

Ces fibres artificielles se retrouvent aussi au Laos et au Myanmar où les flux commerciaux entre la Chine et la Thailande créent parfois des foulards dont on ne sait plus ni où ils ont été fabriqués ni d’où provient la matière première … naturelle ou artificielle. Néanmoins, on retrouve les motifs symboliques de la grande région que sont les phénix, les dragons, les oiseaux, les grues… et aussi le langage des fleurs.

En revanche, en Malaisie qui connait un Islam assez rigoureux, le « hijab » est le foulard islamique que portent les femmes dans ce pays. Il est fabriqué localement ou en Indonésie, le pays musulman le plus peuplé du monde. Le foulard malais est porté par 70% des femmes, y compris non musulmanes et de ce fait peut se distinguer un peu du voile islamique par sa diversité et sa modernité.

L’Indonésie connaît le « Ikat ». Du mot indonésien qui signifie attacher ou nouer. C’est comme le « batik » un procédé de teinture et de tissage dans lequel le dessin est créé en teignant d’abord le fil de trame, ou le fil de chaîne, avec les couleurs qui vont y figurer. Ceci avec des intervalles précis de façon qu’au moment du tissage les éléments se créent par la juxtaposition des parties du fil de la couleur voulue.
Cette technique de l’Ikat a été reprise et développée au Japon En teignant un fil, les parties qu’on veut préserver d’une certaine couleur de teinture sont cachées par un autre fil qu’on noue sur le fil de la trame. On plonge ensuite ceci dans de la teinture et on recommence ensuite pour chacune des teintes.
Samarkande, dont le nom fait rêver les grands voyageurs, en Ouzbékistan, est renommé depuis plusieurs siècles pour ses foulards en IKAT.
Des « châles » russes en laine naturelle existent aussi dans cette Asie du Nord mais la meilleure laine asiatique est celle des montagnes du Nord de l’Inde. Népal, Pakistan, Afghanistan, Bangladesh… peuvent offrir de sublimes écharpes puisque le savoir faire des artisans n’a pas disparu malgré les événements que connaissent ces pays. C’est un art traditionnel qui offre du fait de cette matière de fil de laine, à la fois de la légèreté et de la chaleur.

La pure laine de l’Himalaya est connue pour sa douceur extrême et sa finesse, d’une intense douceur mais aussi pour la complexité de ses motifs.

Le Japon recherche l’excellence dans la fabrication de foulards et d’écharpes aux motifs typiquement japonais. La qualité japonaise est connue et donne totale confiance. Cependant, la soie naturelle sera industrielle mais de haute tenue. Particulièrement prisés sont les foulards portant des fleurs de cerisiers, fleurs dont sont très imbus les Japonais. Ces écharpes et foulards, au Japon, servent également à d’autres utilisations de la vie quotidienne et surtout, c’est original, … à emballer des cadeaux !

JMDF

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