Pauvre Constitution Thaïlandaise !

La nouvelle Constitution du Royaume de Thailande avant été adoptée en 2016 quelques mois avant la mort du Roi. Très contestée par le monde politique local, et aussi international, cette Loi suprême voulue par la Junte militaire au pouvoir est la garantie d’un retour possible à la démocratie en 2017.

On s’en éloigne. Le peuple thaï a adopté le texte par referendum national « pour que les choses avancent » (les débats sur le projet de Constitution étaient interdits !) mais chaque acteur de la scène politique de ce pays semble décidé à démontrer qu’elle n’est pas « parfaite » (sic) ou au moins qu’elle devrait être modifiée pour être appliquée et réellement fonctionnelle. C’est en particulier le cas des partis politiques (les nouveaux car les anciens n’ont plus droit au chapitre !) qui se sentent encore sous tutelle du regard des militaires… qui siègeront dans la Chambre Haute.

Les vrais Démocrates se demandent bien comment fonctionner avec les instruments concoctés par la Commission électorale pour les encadrer et se présenter à de futures élections Législatives que la Junte maitrise et qui semblent sans cesse … repoussées au mieux vers la fin de l’année. Quand à ceux qui sont dans l’opposition, ou en prison, ou en exil, ils sourient de manière sarcastique, faute de mieux, en apprenant la dernière nouvelle, première grande décision du nouveau Roi  :

Le fils et successeur du Roi Bhumipol Rama 9, Maha Vajiralongkorn, Rama 10 dans la dynastie Chakri, vient en effet, à la surprise générale de demander à la Junte et à l’Assemblée Nationale, une modification de cette nouvelle Constitution toute vierge, de façon à y supprimer la Régence. Régence prévue lors des voyages du Roi à l’étranger.

Pense t’il peut-être, et seulement, que le futur Régent, sans doute président du Conseil du Trône, pourrait être en uniforme ?

2017 année électorale au Cambodge

Ce sont les Élections Municipales, communales dit-on ici, qui se préparent en ce moment au Cambodge avec des enjeux politiques évidents.

Gouvernement conduit par le Parti du Peuple Cambodgien et partis d’opposition, en ordre dispersé, se préparent dans l’ombre pour toucher toutes les provinces et convaincre ou séduire, sentant bien que l’enjeu est simple : Celui qui gagnera les Municipales aura tous les atouts pour gagner un an plus tard les Législatives. Il est vrai déterminantes pour l’avenir du pays et qui seront très disputées.

Le peuple est-il remonté ? – rien n’est sûr. Les élections communales sont habituellement gagnées par le pouvoir. A moins que cette fois, des manipulations surgissent ?

Dans ce contexte, l’acquisition récente à la Chine de trois véhicules anti-manifestation urbaine, équipée de canons à gaz lacrymogènes, par la police militaire nationale signifie au moins que les tensions ne seront pas acceptées dans la Capitale.

Reste à savoir si la nouvelle génération, très nombreuse, a pu s’inscrire normalement sur les listes électorales. En fait, les citoyens, particulièrement les jeunes, en ce moment travaillent pour survivre et s’attendent à ce qu’on les respectent. Si l’opposition était bridée, gageons ou craignons qu’elle ne soit vite tentée de sortir dans la rue…

 

 

 

Libre à toi

 

Petit page, petite page,

à petits pas,

d’alinéas

livre-toi

Sur la vie perdure.

Livre-moi,

expresse,

ce qui souligne

ce caractère

bien trempé.

Petite page

donne-lui un signet.

Un chat de lecture

fait le pitre

ne cesse

en gras souligné.

Petit Page

A page Une,

ingrat,

la fin de l’histoire

a signé.

Libre à toi,

au vent qui souffle

sur ta plume

d’imager la couverture.

livre-toi,

d’un peu libre-toi !

 

jmdf/130117

 

Les calendriers de Aung San Suu Kyi

La dame de Rangoon – on dit maintenant la ville de Yangon –  est devenue une icone qui rentre dans toutes les maisons birmanes aujourd’hui avec le nouvel an 2017. Sa photo orne tous les calendriers et les agendas distribués dans le pays… Elle est présente partout.

Fille de Aung San, celui qui a obtenu des Anglais l’Indépendance de son pays à la fin de la Seconde guerre mondiale, Suu Kyi était ce samedi 7 janvier au centre des conversations en ce jour anniversaire de l’Indépendance de la Birmanie (1945). Birmanie redevenue Myanmar et aussi transformé en nouvelle démocratie – République de Myanmar.

(N.B. : le même jour, les Cambodgiens fêtaient le 7 janvier l’anéantissement du régime des K.R. !)

Celle qui fut Prix Nobel de la Paix 1991 est cependant apparue silencieuse à cette occasion, alors que les Nations-Unies et ses voisins de l’Asean s’inquiètent de la situation de la minorité musulmane des Rohingas.

C’est que  Aung san suu Kyi, élue députée en 2015 est maintenant (quasi) à la tête du gouvernement est qu’elle doit faire face à un calendrier bien difficile politiquement. Son objectif est de rassembler à terme toutes les ethnies (en fait une centaine !) et de faire cesser la guerre qui se poursuit dans les provinces périphériques. En même temps, elle doit faire preuve de diplomatie avec les anciens dirigeants et de solidarité dans un cercle essentiellement et profondément bouddhiste.

Les violences ne sont-elles pas le fait de militaires ? Ne tient-elle pas son nouveau pouvoir de bon vouloir de l’armée ?

Celle qui a dit un jour que « la vraie prison est celle de la peur » ne serait-elle pas maintenant plus menottée que dans son ancienne résidence surveillée ? L’année 2017 – elle aura quand même 72 ans en juin ! – devrait répondre à cette question : A t’elle peur de ne pas y parvenir ?

Quel pays d’Asie interdit les motos dans sa Capitale ?

Ceux qui connaissent Hanoï et Saïgon (Hochiminhville) se demandent bien comment on pourrait interdire les motos sans déclencher une immense et bloquante manifestation populaire. Toutes les familles vietnamiennes en possède une. Certaines tournent même jour et nuit comme à Phnom Penh où des motos taxis se prêtent les engins en famille afin que ceux qui n’en ont pas puissent travailler lorsque les autres dorment.

En Thaïlande où les routes sont si dangereuses, il y a relativement peu d’accidents de motocyclettes bien qu’elles roulent à Bangkok à très vive allure. Il est vrai que les Thaïs respectent les règles . Leur utilité est telle que dans les embouteillages où les cycles font des slaloms parfois épatants entre les voitures bloquées, même les pdg et les hauts fonctionnaires se font transporter par ce moyen de passer partout, particulièrement dans les raccourcis des ruelles étroites.

A Djakarta ?  Bali ? Kuala Lumpur ? – Sûrement pas !

En fait c’est à Rangoon, nouvellement appelé YANGON (prononcer « iangone ») que les dirigeants birmans du Myanmar ont depuis de nombreuses années interdit les motos et autres cycles dans la ville de façon à fluidifier la circulation. Et ça marche. Les universités sont situées à la périphérie où les étudiants peuvent séjourner et rejoindre leurs cours. En ville, faute de motos, les traditionnels cyclos pousse, les trishaw à deux passagers dos-à-dos, survivent. Quant aux taxis ils pullulent. Souvent déglingués, sans air conditionné, il y fait bon de discuter la course avant de monter. Et en birman !

Mais surtout … les gens marchent. Ceci est propre à Yangon. Il n’y a pas d’autres pays d’Asie où les gens marchent autant en ville de bon matin pour se rendre au travail (encore qu’à Hong Kong !), et ceci est pour sûr favorable à la santé, mais aussi au … commerce de proximité et aux vendeurs de rues parqués sur la chaussée à des endroits bien délimités.

Quand aux bus qui sillonnent toute la ville, tous aussi déglingués les uns que les autres, ils sont forcément bondés !

JMDF

Les aéroports cambodgiens gérés par un consortium français.

A l’issue des Accords de Paris d’octobre 1991, ramenant la Paix progressivement en 1992 et des élections en 1993, avec l’aide de 20 000 casques bleus des Nations-Unies, La France n’a eu de cesse de vouloir montrer et démontrer qu’elle ne « revenait » pas au Cambodge.

Outre que l’erreur est probablement historique, et qu’elle entraîne la perte à terme de marchés pour les entreprises françaises, c’est la francophonie qui en a été la première victime. La langue française a progressivement sombré depuis 20 ans au profit de l’anglais, puis du coréen et maintenant du chinois …

Toutefois, certains, comme le groupe Vinci, ont durablement placé des pions au Cambodge et la grande réussite depuis 1995, consiste en l’obtention d’une concession gouvernementale par la SCA, une société française de gestion des aéroports cambodgiens. 20 ans déjà  depuis 1997 et la renégociation du contrat pour les trois villes de Phnom Penh, Siem Reap et Sihanoukville, à courir sur 70 ans !

Néanmoins, alors que les gestionnaires français viennent de finir l’extension impressionnante, et fort réussie, de l’aéroport de dimension internationale dans la Capitale du Cambodge et celui, stylé, situé près des sites d’ANGKOK, des rumeurs se répandent un peu partout dans les milieux bien informés :

  1. Le premier ministre envisagerait de déplacer le bel aéroport de Phnom Penh sur l’une des provinces voisines. A quelques dizaines de kilomètres ?
  2. Un consortium chinois bienvenu proposerait de construire un tout nouvel aéroport à Siem Reap en remplacement de l’existant. Dans la forêt ou bien sur les rizières ?
  3. Certains s’interrogeraient alors d’ores et déjà pour savoir comment dédommager les Français à qui il reste cinquante ans de bail ! – En riels ? En billets de retour ?

Nous allons vraisemblablement assister dans les prochains mois de 2017 à une nouvelle posture significative : Est-ce que la France refuse toujours de jouer le rôle de grande sœur et amie privilégiée de son ancien Protectorat et laisse la place à la grande puissance régionale  ?

Préfère t’elle la retraite et la défaite des intérêts nationaux …

face aux prétentions chinoises dans une sphère qui n’est décidément plus la sienne…?

Et face à l’absurdité !

JMDF

 

 

Le pape rebelle refuse de se rendre

 

 Cf : l’article précédent publié sur le même sujet, dans ce Blog, il y a 7 mois : « Un bonze adulé au bord du précipice » ! … 

Depuis le début de l’année 2016 ce moine bouddhiste a de sérieux soucis. Il continue cependant à se conduire comme le pape éclairé d’un grand nombre de bonzes et de fidèles formant ce que tout le monde politique et maintenant le monde religieux et même judiciaire thaïlandais considère comme une secte…

Recherché par la justice notamment pour blanchiment d’argent et d’objets volés, il se mure dans son centre de formation qui ne peut plus être considéré comme une Pagode… mais une zone de nouveau droit bouddhiste. Les autorités ne parviennent pas à mettre la main sur ce leader charismatique connu de tous par ses prêches séduisants à la télévision. En effet, il est en permanence protégé par des milliers de bonzes qu’il a formés et que, selon les règles qui unissent tout le pays : chaque civil doit respecter les bonzes sans la moindre violence.

Protégé par des murs de fidèles, ce pape devrait être finalement un jour défroqué mais combien de temps tiendra t-il encore ?

JMDF

(Photo Bangkok Post)

Manhattan sur Mékong !

La péninsule fluviale cambodgienne qui est créée par la longue bande de terres bordée au Nord de Phnom Penh par le Mékong et par le fameux Tonlé Sap à l’opposé, avant que ces deux-là ne se rencontrent au lieu dit des « Quatre bras » !… s’appelle Chroy Chanva.

Du centre ville le célèbre pont de Chroy Chanva que l’on appelle aussi le « pont Japonais », reconstruit par eux il y a maintenant 22 ans (alors qu’il vient d’être véritablement doublé l’an dernier par un investissement public chinois accolé, pour laisser passer une circulation de plus en plus dense sur la RN 6) permet d’accéder à cette zone.

Ces terres péninsulaires, avant-guerre, étaient soit des marais, soit des terres partiellement agricoles. Peu de fermiers y vivaient mais beaucoup y pratiquaient l’élevage à la bonne saison. Un endroit paisible. L’espace étaient propice aux animaux en liberté. Néanmoins, de chaque côté de la route aujourd’hui, des pagodes, un orphelinat et un église désaffectée, révèlent la présence de groupes de populations et de villages.

Depuis vingt ans de développement de la ville bien des citadins se sont installés sur ces terres, notamment sur les rives, les résidents se trouvant confortés dans leur droits par des documents municipaux et fiscaux, à défaut de titre de propriété et de cadastre opérationnel. Par ailleurs, des compagnies aux propriétaires fortunés pompaient (pour le compte de quelques puissants) le sable qui encombrait les fonds du Mékong et recouvraient peu à peu toutes ces marais, chassant bien des espèces animales à commencer par des singes présents autour de la pagode Wat Kien Khleang.

Les choses ont changé avec la croissance urbaine. Tous les esprits dirigeants y voient des hôtels, des résidences de luxe et autres. Ces terres vides (donc publiques) appelant des investisseurs sont forcément propices à la spéculation. Hélas, les terres maintenant comblées de sable ne tiennent pas compte de l’irrigation habituelle de ce site depuis toujours naturel… La destruction de l’environnement ne cesse pas d’inquiéter les résidents au moment des fortes pluies.

Et voilà que la Ville de Phnom Penh annonce la  construction de la Cité du Futur ! Déjà le ciment avait envahi les alentours du pont . De nouvelles voies se dessinent… C’est clair entre la Nationale N° 6 et la rive du Tonlé Sap où plus personne ne vit tranquille… déjà que les gaz et le bruit étaient venus troubler cette zone agréable et heureuse. En 2016, c’est la panique :

Le projet qui vient de paraître dans la presse concerne 400 hectares de cette zone. Un projet déjà bien avancé sur plans mais apparemment démesuré eu égard à l’urbanisation de Phnom Penh et sans doute pas surprenant vues les ambitions et les délires de certains gouvernants et des hommes d’affaires chinois qui arrivent avec les même plans que ce qu’ils ont construit ailleurs !

… Clefs en mais, je vous prends votre terre et rase vos biens. Je vous dédommage grassement du prix moyen d’une terre marécageuse et si vous n’acceptez pas mes conditions, je vous expulse parce que vous n’avez pas de titres de propriété régulièrement cadastrés…!

… Laissez-nous construire des tours résidentielles, des villas et un Stade et je vous promets de construire une navette ferrée (un métro, un BTS !) joignant la Cité du Futur au centre ville, passant sur le fleuve sur un nouveau pont moderne payé par les promoteurs du projet…!

En effet, un projet semblant futuriste, de trois tours reliées entre elles, a été publié pour faire rêver certains cambodgiens sur des images improbables. En fait, la cité du futur de Phnom Penh que l’on croyait voir surgir depuis dix ans sur l’Île du Diamant – Koh Pich – ce n’est pas elle, mais bien Manhattan-sur-Mékong, sur l’attractive péninsule de Chroy Chanva.

Rien d’étonnant puisque, en 1993, des ministres Funcinpec, venus d’ailleurs, arrivés brutalement au pouvoir, ne me disaient-ils pas : Là, aux Quatre Bras, qu’en pensez-vous, on pourrait faire un nouveau Manhattan ?

Avec l’horrible bâtiment du nouvel hôtel Sokha qui regarde de manière prétentieuse vers le Delta du Mékong – qui commence là – le pire n’était donc pas encore venu !

Manhattan sera pour demain, après les expulsions.

 

 

JMDF

Cambodge, le tapis rouge pour les Chinois

Il se passe nettement quelque chose depuis des mois au Royaume du Cambodge. Le développement économique (à marche forcée) engendre des changements importants et assez surprenants.

Le Chef du gouvernement royal cambodgien, placé il y a trente ans au pouvoir par les autorités vietnamiennes invasives (qui se retirèrent tout doucement en 1989 permettant le retour de la Paix entre les Cambodgiens), serait-il en train de changer d’amis avec ou sans leur accord ?

Les investisseurs chinois, touchés chez eux par le ralentissement de la croissance, envahissent en effet ces dernières années la capitale Phnom Penh alors que, dans le même temps, quelques résidents vietnamiens sans papiers ont été refoulés sans scrupule.

Des projets chinois s’emparent d’ailleurs de toutes les grandes villes du Royaume. Centres commerciaux, résidences et villages péri-urbains, hôtels … Et des travailleurs chinois, avec ou sans permis de travail, sont souvent regroupés sur place dans des logements de fortune.

Les immeubles et les tours qui grimpent à travers la Capitale déploient des enseignes chinoises révélatrices.Les routes sont refaites par des entreprises chinoises. Les engins de chantier sont de même origine. L’Empire du Milieu débarque en Ssie du Sud-Est. Même les pagodes chinoises ne se cachent plus.

Les petits commerces, restaurants, boutique-hôtels, qui affichaient leurs enseignes en Khmer et en anglais (le français hélas disparaît !) y ajoutent maintenant la langue chinoise. Les Cambodgiens qui s’étaient mis depuis vingt ans à apprendre le koréen dans l’espoir de trouver du travail devraient se mettre dare-dare à la langue de Confusius…

Le tout récent Forum Chine-Cambodge (The Cambodia-China Business Forum) ne vient-il pas d’accueillir plusieurs centaines d’investisseurs chinois potentiels avides de profiter de la croissance économique de ce pays qui pourrait encore atteindre des records cette année parmi les pays de l’Asean ? Parmi les entreprises de construction et de travaux publics, se trouvaient aussi les Chinese Railways ainsi que des « Metal firms » recherchant un partenaire afin de produire de l’acier cambodgien.

Si ces prjets de développement semblent plutôt de bon aloi, bien des acteurs économiques et touristiques du pays ne cachent pas une certaine inquiétude. N’est-ce pas progressivement et inéluctablement vendre des morceaux du pays et particulièrement l’industrie touristique cambodgienne ?

Chacun sait trop en effet que les « troupeaux » qui déferlent de plus en plus sur les sites angkoriens ne font que les détériorer sans autre retombée financière sur l’économie locale puisque pour les groupes de Chinois, accueillis par des agences chinoises, les touristes ne quittent que rarement leur groupe et dorment et mangent dans des établissements chinois de Siem Reap…… Savent-ils d’ailleurs qu’ils sont au Cambodge ?

Certes, la Chine éponge chaque année le déficit budgétaire mais est-ce une raison  pour lui donner les clefs du développement ? Il est permis de se demander si cette stratégie est vraiment délibérée. Est-ce que le Ministère du Tourisme prévoit bien d’accueillir, toujours plus, chaque année des millions de Chinois ?

 

JMDF

Un nouveau Triangle d’Or

Le « Triangle d’or » est depuis un demi-siècle l’espace du trafic de drogue entre la Thaïlande, le Myanmar et le Laos. Chaque État fait aujourd’hui nettement la guerre contre les trafiquants. Et les champs de pavots à ciel ouvert ont été grandement détruits.

Un autre Triangle vient d’être confirmé, somme toute, fort logiquement du fait de l’Histoire coloniale. Il réunit le Cambodge, le Laos et le Vietnam (C.L.V.). Les premiers ministres de ces trois pays de l’ex-Indochine ont en effet signé une déclaration commune confirmant et renforçant ce triangle du développement à l’issue d’un sommet tenu à Siem Reap le 23 novembre 2016.

 Cette déclaration commune a pour objet le développement durable, la réduction de la pauvreté et la recherche de la diminution des écarts socio-économiques. L’effort semble porter sur l’amélioration de la qualité de vie dans les trois pays qui, sans doute, se sentent mieux ensemble face aux exigences de la Commission du Mékong (les trois pays + trois autres) et celles de l’ASEAN (les trois face à sept autres)

Ce regroupement, CLV, apparait sympathique pour les bonnes relations de voisinage entre trois membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie. L’intérêt à court et moyen terme est sans doute d’améliorer la coopération en matière de sécurité et de mieux coordonner certains programmes de développement, dans une période d’ouverture difficile vers la libre circulation des personnes et des biens dans la région.

Néanmoins, au-delà du regard simplement géopolitique de ce sous-groupe des pays de l’ASEAN, il est permis de se demander si la quête des investissements et des flux de capitaux sans cesse croissants dans la zone n’en font pas une hypocrite recherche, chacun pour soi, d’une croissance toujours plus accrue sans souci de l’environnement, partant sans réel souci du voisin.

Dans ce cas, ce n’est un pacifique nouveau Triangle d’or mais plutôt un cône ayant pour base le trafic du bois précieux, pour étage le « milieu » des hommes d’affaires tournant autour de casinos et autour du pactole des touristes chinois ; et surtout une jolie pointe éfilée tournée vers les nuages de dollars et de yuans qui passent par là, entre Shanghai et Singapour. Au moins ce sera un actif « Triangle d’argent » !

Les Thaïs croyaient avoir éradiqué l’opium avec un compas, c’était mal connaître les Indochinois… et leur triangle, nom d’une pipe…

JMDF