Auteur : jean morel de froissart
Le nombre de touristes en baisse en Asie ?
Quelques éléments d’inquiétude semblent poindre en Asie du Sud-Est où des études partielles tendent à révéler que le nombre de touristes est en baisse alors que les autorités de l’ASEAN tablaient pour 2016 sur une forte croissance.
En Thaïlande: la situation politique n’est pas vraiment redevenue favorable aux visiteurs même si la junte militaire met de l’ordre dans les affaires politiques et renforce la sécurité intérieure. Les visiteurs russes semblent moins nombreux à venir profiter du soleil et des plages aujourd’hui parfois désertées.
Au Cambodge, le calendrier électoral n’est pas favorable non plus et la situation politique risque de créer des tensions durant deux ans. Les Occidentaux le savent et viennent pour des séjours plus courts, souvent associés mineurs à la découverte du Vietnam. Ce sont les groupes organisés de Chinois qui compensent cette baisse, ainsi que les voisins Vietnamiens et Thaïlandais.
Les touristes occidentaux qui délaissent un peu l’Asie du Sud-Est se reportent souvent sur Hong Kong où les Européens sont bien plus nombreux.
Cependant Hong Kong est globalement en déclin de 6% en 2016, par rapport à 2015, du fait de la nette baisse de fréquentation des visiteurs Chinois, Russes, et même Indiens. Ils sont remplacés pour partie par de nombreux Coréens (devenus très voyageurs), aussi par des Philippins et même de plus en plus d’Indonésiens.
Les Japonais voyagent partout en continue mais ce sont bien les transferts intra-ASEAN qui profitent le plus actuellement des promotions tarifaires des compagnies aériennes.
L’année 2017 ne devrait pas être non plus l’année de tous les records…
Un petit dragon un peu coincé
Taïwan, par sa Présidente indépendantiste, Tsai Ing-wen, on le sait, a communiqué avec Donald Trump à son arrivée au pouvoir, contrairement à tous les usages diplomatiques antérieurs. Cela n’ pas arrangé les relations de l’ancienne Formose avec le puissant grand frère chinois qui revendique toujours : une seule Chine !
Or l’économie de Taïwan n’est pas en plein boum. La présidente a été élue cette année pour la redresser. Comment faire quand le premier client et le premier fournisseur sont le même voisin ambitieux en train d’imposer sa puissance dans toute l’Asie et bien au-delà ?
La Chine est maintenant fort présente en Asie du Sud-Est. Quelles perspectives alors pour Taïwan vers l’ASEAN ? Là où il faut être l’ami de la Chine pour accueillir ses investissements… L’île « capitaliste » va avoir du mal à gérer son développement économique et la reprise de son commerce extérieur sans l’autorisation du grand frère, à moins qu’avec le Japon et l’Inde.
La Chine pourrait même étrangler subitement Taïpeh en décidant de fermer le transit de touristes chinois puisque quatre millions de visiteurs chinois par an représente un sacré ballon d’oxygène économique pour la petite sœur.
Personne ne s’y Trump : le petit dragon est coincé en Mer de Chine.
Le pouvoir cambodgien veut dissoudre le principal parti d’opposition
La tension électorale est montée d’un cran ces dernières semaines au Cambodge.
Le Premier Ministre s’adressant à l’Assemblée Nationale avait menacé de dissoudre les partis d’opposition qui seraient dirigés par des leaders ayant été condamnés par la Justice.
Les choses dites sont rapidement mises en œuvre dans le domaine politique toujours sous tension dans ce pays. Ainsi un projet de loi est en cours pour joindre le geste aux paroles. Le leader principal de l’opposition, Sam Raincy, – en exil forcé – vient de ce fait de prendre les devants en démissionnant de de la présidence du Parti National du Sauvetage Cambodgien (Cambodia National Rescue Party – CNRP).
Au parlement européen, des députés s’inquiètent de cette nouvelle législation proposée par le Parti du Peuple au pouvoir, au nom de la sécurité nationale et de la recherche d’unité nationale. Le regard européen est maintenant dirigé avec des sourcils froncés…
Il y a un an, le journal Libération titrait : la démocratie cambodgienne ne tient plus qu’à un fil ! As-t’il tenu le fil ténu ?
Que va t’il advenir du jeu démocratique des élections de juin dans ces conditions ? Dans un environnement politique et parlementaire pour le moins tendu, la démocratie cambodgienne tiendra t’elle ? 2017 et 2018 sont des années cruciales pour l’avenir du Royaume.
Qu’est-ce que l’unité ? Les Cambodgiens connaissent la réponse et la donneront … sur le fil !
Valentin pas très saint ?
Question de Culture ! L’Asie connait bien des fêtes chrétiennes qui deviennent ici païennes. Lorsqu’on n’a pas la même religion, pas la même culture, comment peut-on partager les même traditions ?
Les businessmen du monde entier ont trouvé la réponse. Les fêtes deviennent simplement commerciales quand on leur retire leur sens. La plus grande d’entre elles, NOËL, est vraiment devenue une fête commerciale qui prépare la fin de l’année civile, le changement de saison et l’approche du nouvel an international. On se fait des cadeaux, le décor s’enrichit même par glissement hivernal de faux sapins ; des guirlandes et de la fausse neige font leur apparition.
Il en va de même de la fête des amoureux, la Saint Valentin qui entre dans les mœurs des cultures occidentales, plus comme fête laïque que comme fête religieuse. Les célibataires chaque années rêvent d’être aimés. Les parents se rappellent l’un l’autre qu’ils s’aiment toujours et encore… Des siècles de tradition.
Pour certains, c’est aussi une fête commerciale où l’on se fait des cadeaux entre bien-aimés. Fête des fleurs. Offrir des roses pour traduire son amour et se jurer qu’il sera éternel… Une fête somme toute romantique.
Pour les Asiatiques, il est de plus en plus répandu que la fête de Valentin (the Valentine’s day !) serait la … fête de l’amour. Pour les adolescents, la fête de l’amour devient la fête où l’on fait l’amour. Pour la première fois si possible ! Particulièrement pour les garçons qui préparent ce jour et se motivent les uns et les autres pour passer à l’acte. Un argument de séduction donc : on s’aime, et on devrait pouvoir louer une chambre pour un moment d’intimité, pour s’embrasser ?
Ainsi la Saint Valentin devient l’occasion de nombre de viols !
Au Cambodge, dans un récent long métrage, « Diamond Island », de Davy Chou – 2016, le jeu des jeunes acteurs révèle comment procéder pour séduire et comment louer une chambre dans une guest-house pour quelques minutes. Les jeunes sont comme ça. Ils attendent la Saint-Valentin. Cette journée populaire devient donc dangereuse pour les femmes. Dans un sondage datant de 2014 auprès de jeunes hommes, 40% des personnes interrogées ont déclaré vouloir, à tout prix, faire l’amour ce jour-là.
Ainsi, le Ministre de l’Éducation cambodgien vient-il par circulaire de dissuader les enseignants des écoles publiques et privées de couvrir tout rassemblement ou toute fête de Saint-Valentin qui pourrait conduire à des dérapages dans le genre : je t’offre des fleurs pour que tu perdes ta virginité !
Dans ce pays très conservateur, on parle peu des choses de la sexualité mais un jour, ce jour, où l’on partage quelques bières, le harcèlement est programmé.
La Saint-Valentin le jour du record du nombre de viols chez les jeunes asiatiques ? C’est le monde à l’envers…
Ou bien un retour prévisible à des fêtes païennes crées sous l’Empire Romain ?
JMDF
Elections Thaïes reportées
Décidément, la situation politique du Royaume de Thailande ne s’éclaircie que très très lentement depuis la prise de pouvoir de la junte militaire en mai 2014, puis le référendum d’approbation d’une nouvelle Constitution du mois d’août 2016, puis le récent décès du Roi emblématique Bhumipol.
En effet, le projet de Constitution, certes critiqué mais adopté, faisait que les prochaines élections législatives auraient pu se dérouler rapidement et au moins cette année, à une date attendue depuis des mois …par des partis politiques obligés de se réformer pour se conformer aux ordres du Général Prayut Chan-o-Cha.
La junte avait semblé annoncer d’ailleurs qu’elle rendrait le pouvoir aux élus dans l’année suivant l’adoption de la Charte. Eh bien non, les élections sont reportées et il reste à patienter jusqu’à … 2018.
En fait, est-ce un mal pensent sans doute les Militaires au pouvoir, et quelques observateurs locaux, puisque … nous essayons de nettoyer les pratiques et les archaïsmes d’une classe politique corrompue et qu’il y a tant de dérives dans le monde de la finance et celui du trafic de drogues, qu’un peu plus de temps est nécessaire … ?
Le Peuple Siamois, sceptique sur le discours forçant à la réconciliation nationale, semble dans ce contexte plutôt fataliste. La communauté internationale aussi.
Le marou …
Il existe désormais une fabrique de chocolat au Vietnam.
Dans la banlieue de Saïgon, la chocolaterie Marou est en train de produire sur la base de fèves de cacao provenant de plantations du delta du Mékong, un chocolat d’un arôme et d’une qualité qui en font maintenant l’un des produits alimentaires recherché, y compris à l’étranger (70% export).
En fait ce sont deux Français qui sont à l’origine de cette réalisation toute récente (2012) car le Vietnam ne connaissait pas cette activité à la fois agricole, répandue plutôt en Afrique ou en Amérique latine, et industrielle, cf. les grands noms suisses, belges et français.
C’est la colonisation française qui avait importé il y a plus d’un siècle des cacaoyers dans le Sud Vietnam et quelques petites plantations subsistaient en polyculture et produisait des fèves. Il suffisait donc d’allier un savoir faire certain à un courage de pionniers pour réussir un tel défi.
De quoi donner des idées à quelques autres…
Le gouvernement cambodgien s’inquiète
Avant les élections communales qui doivent se tenir le 4 juin prochain, la tension politique devient palpable à Phnom Penh. Les partis d’opposition sont dans le viseur des discours et des menaces proférés par le Chef du Gouvernement à l’encontre des dirigeants qui voudraient déstabiliser le pays.
En fait, il apparaît aux yeux des observateurs que le parti qui remportera cette compétition 2017 aura toutes les chances de remporter la suivante que le gouvernement ne veut pas un seul instant penser pouvoir perdre (Scrutin législatif prévu le 29 juillet 2018). Mais l’opinion publique cambodgienne change et une nouvelle génération de citoyens a essayé de s’inscrire en masse sur les listes électorales. Des éléments nouveaux qui s’ajoutent sans doute à l’usure d’un pouvoir qui s’appuie pourtant sur des résultats économiques florissants.
Les médias et la communauté internationale commencent à s’inquiéter. Pas étonnant que le nombre de touristes occidentaux entrant au Cambodge soit en légère baisse en ce moment, à quatre mois de cette étape politique.
Ce sera sans doute beaucoup plus grave l’an prochain.
Le Bouddhisme devient-il agressif et conquérant ?
L’image du Bouddha est celle de la Paix et de la plénitude. L’image du bouddhisme est celle de la méditation et de la recherche individuelle vers la voie sacrée du Nirvana…
Le Dalaï Lama tibétain incarne encore dans le monde d’aujourd’hui une présence « conciliante » pour aider chacun à comprendre son environnement, sa vie et sa place, et à agir sur son destin personnel. Homme de paix et de tolérance dans ce monde du renouveau des nationalismes. Le Bouddhisme purrait être la religion en vogue dans ce nouveau siècle !
Or les choses peuvent parfois changer lorsque le collectif prend en charge le religieux, ne laissant pas vraiment de place à la liberté de conscience, au même titre que les religions déistes que sont l’Islam et la Chrétienté… Les États deviennent responsables de la propagation des « canons » de la … religion d’État ! Les politiques (et aussi dans certains pays les militaires !) encouragent alors le code de la pensée publique religieuse et les pratiques religieuses elles-mêmes parce qu’elles sont tout simplement unificatrices d’un groupe de citoyens, donc possiblement d’une Nation.
Citons les Chams en Indochine qui furent éliminés par des Annamites hindouistes et bouddhistes. Pour survivre ils choisirent de devenir musulmans et ainsi de se reconnaître dans leur différence en tant que Nation… aujourd’hui la Nation a été éliminée mais ils demeurent.
Longtemps, le Bouddhisme ne fut pas considéré comme une religion et personne n’avait pensé à s’inquiéter de ce qu’un État se dise officiellement bouddhiste et défenseur du bouddhisme dans sa Constitution ! Or, il se passe des choses dans ce nouveau siècle qui interpellent !
Ce sont bien depuis des années des fidèles bouddhistes qui dans la province d’Arakane font la chasse aux Rohingas au Myanmar. Une trentaine de moines seraient même responsables des persécutions et de la destruction de villages Rohingas. Des moines assassins ? Des bouddhistes ? Comment en est-on arrivé à cette extémité ?
De même, le 5 janvier dernier (2017), au Nord-Ouest du Sri Lanka, un centre de prière chrétien de Kithu Sevana a été attaqué par une foule menée par un moine bouddhiste. Ce n’est pas la première fois que ces lieux faisaient l’objet d’attaques. Cette fois le lieu de culte construit il y a 15 ans, a été complètement détruit.
Le sort des musulmans n’est guère meilleur dans ce pays. Un groupe radical bouddhiste, le « Bodu Bala Sena » (la force bouddhiste !) encourage le boycott organisé des commerces de la minorité musulmane. Celle-ci a été contrainte d’abandonner le label « halal » !
C’est une spirale de violence qui envahit les pays bouddhistes sans doute exhorté par les dérives de l’Etat Islamique : des moines en robe safran demandent la démolition d’une mosquée datant du 10ème siècle dans la région de Kuragala (Sri Lanka) et viennent de tuer plusieurs musulmans de leurs propres mains (juin 2016) !
Le prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, adulée dans le monde entier mais aussi sur place au Myanmar, reste silencieuse devant l’extermination de musulmans par des moines bouddhistes birmans protégés par l’armée et son aura palit au fil du temps faute de rappatriement possible des Rohingas parqués de façon inhumaine au Bangladesh !
Seul le Dalaï-lama semble actuellement conscient des dérives répétées dans ces pays (au nom de Lord Bouddha ?) et il s’inquiète en dénonçant le silence, depuis plus de cinq ans de cette situation en 2020. Le fanatisme n’est pas bouddhiste, dit-il. Mais alors ? Que se passe t-il ? Cette « philosophie » qui n’était pas une religion serait-elle en passe d’en devenir une ?
Mandalay, la deuxième plus grande ville du Myanmar vient de connaître aussi des scènes de violence lors du dernier Ramadan. Des hordes de moines brandissant des couteaux ont tout saccagé, magasins, domiciles, et fait de nombreux blessés parmi les Musulmans pétrifiés. Où ceci s’arrêtera t-il ? Les moines bouddhistes assassins se multiplient…
Alors que l’on sent de plus en fort l’odeur immonde d’un « génocide » lié à la religion dans des pays bouddhistes, voici que le plus proche conseiller « musulman » de la Dame de Yangon (puissante préchi-précha de la paix, de l’amour et de la compassion, de la conciliation et de la … diplomatie…) vient d’être brutalement assassiné en cette fin janvier 2017.
Il suffit d’ailleurs de se rendre à Yangon pour s’apercevoir que les moines sortent des pagodes pour exhorter les foules mettant en avant leurs portraits à tous les coins de rue, comme feraient les politiques, pour rassembler et fanatiser les croyants. Peu à peu contre d’autres croyants !
En Indonésie, le candidat chrétien à la Mairie de Jakarta envoyé devant des juges par les leaders de la Charia.
En Thaïlande, un pseudo-pape, suivi par des milliers de fidèles est protégé par des centaines de bonzes jour et nuit pour empêcher son arrestation.
Et aux USA ? – Toujours le même président …
Où va t’on ?
JMDF
Conduire un véhicule en Asie, « à gauche » ou « à droite » ?
En Asie du Sud-Est, on voit de tout en terme de véhicules !
Certains tractés, d’autres poussés. La force motrice humaine ou celle d’animaux…
Dans le meli-mélo de la plupart des capitales asiatiques, mais aussi en province dans les campagnes, une question se pose assez souvent, y compris et surtout en empruntant des voies à sens unique ; Rouler à gauche ou bien à droite ?
Ou au milieu… !
A pied, à cheval ou en voiture, même question :
Sur la route, où rouler ? Quelles sont les habitudes de circulation automobile et quel est le Code de la route loin de chez nous ?
Première chose à regarder : où se trouve le volant des voitures. C’est pas si simple : Conduite à droite, volant à gauche et inversement ! Mais ce n’est pas toujours le cas, attention…
Lorsqu’on arrive dans un pays, si l’on est conducteur, il peut être utile de le savoir !
Et même pour les piétons qui traversent une voie souvent bien dangereuse en Asie, il faut regarder deux fois plutôt qu’une, à gauche et à droite avant de s’élancer ! Passage piètons ou pas !
Parce que le Viet-Nam, le Laos et le Cambodge (l’ex-Indochine) ont été sous « protectorat » français, il y a plus d’un siècle, au moment de la commercialisation des premières automobiles, les véhicules roulant dans ces trois pays continuent à utiliser la partie droite de la chaussée (on peut voir souvent quelques charrettes récalcitrantes dans les campagnes et parfois même dans certaines villes).
Attention, pour tourner à gauche, ils se mettent ouvertement sur la partie gauche de la route !
Souvent le « tourner à droite » est une habitude plus ou moins autorisée en cas de feu rouge. Mais pas partout. Et surtout pas lorsqu’il y a des contrôles policiers car c’est là qu’ils se mettent pour collecter quelques sous …
Les voitures à moteur dans ces pays se conduisent avec un volant situé à gauche et, en principe, uniquement avec le volant à gauche. En principe seulement. Ce n’est pas toujours vrai puisque certains véhicules sont importés de pays voisins où la circulation est inverse.
Attention aussi un peu partout la tolérance est une chose très relative et qui s’applique un jour et pas le lendemain !
D’ailleurs, c’est la règle. La conduite est à droite en Asie et particulièrement en Extreme-Orient !
Toutefois, ce qui apparaît logique pour l’ex-Indochine ne l’est-il pas pour un autre pays, autrefois dominé par la puissance de la Grande-Bretagne. Quel est donc ce pays inattendu où la circulation routière se ferait à droite ?
Un quatrième pays de l’ASEAN ? – Oui.
En visitant Yangon, ex-Rangoon, ex-Capitale de la Birmanie, pays appelé désormais de son ancien nom MYANMAR, il est permis de se poser la question du sens de la conduite automobile. En effet, puisque toutes les rues de Yangon sont à sens unique les véhicules, voitures, autobus, et cyclos, roulent autant à droite qu’à gauche. Ce qui interpelle c’est que certains véhicules ont le volant à droite et d’autres l’ont à gauche. Les vieux autobus ont cependant la descente des passagers à droite, ce qui est un signe (!) mais ils s’arrêtent en milieu de chaussée, au milieu des embouteillages, ce n’est guère complètement probant.
Sortir de la ville et rallier la province birmane déclenche alors chez le visiteur aux aguets un effet étonnant de révélation. La surprise est totale : les voitures automobiles et tous les autres véhicules (les motos qui sont totalement absentes en ville parce qu’interdites apparaissent alors nombreuses !) roulent bien sur la partie droite de la chaussée ! Oui, au Myanmar, la conduite est à droite.
Incroyable mais vrai :
Les Birmans, libérés du joug britannique, ont voulu « faire la nique » aux Anglais colonisateurs, au moment de leur « Indépendance », obtenue en 1945 avec force négociation.
La première décision d’affirmation de souveraineté de la nouvelle République birmane fut de changer le sens de circulation choisi par les Anglais. Il y avait peu de voitures à l’époque et cela n’a pas posé de problème de changer le sens de la conduite automobile. Les bicyclettes ignoraient même l’existence d’un Code de la route?
Ainsi, au Myanmar aujourd’hui, comme en Birmanie hier, la circulation des véhicules se fait à droite de la chaussée et le volant des voitures doit être à gauche ! C’est clair.
Il y a donc quatre pays d’Asie du Sud-Est où le Code de la Route impose la circulation à droite. On pourrait même peut-être y passer d’un pays à l’autre sans besoin de changer de véhicule ? Pas vraiment pour le Myanmar. Dommage qu’il n’y ait pas de frontière commune avec le Cambodge…
On en vient à regretter que Louis XIV n’ait pas enseigné aux émissaires thaïlandais de faire de même à Sukhothaï, la Capitale siamoise de l’époque. Il faut dire que les chevaux, les calèches et les éléphants à l’époque ne connaissaient pas vraiment de règles.
Et puis le Thai qui ne dit ni Oui ni Non, ne disait sùrement pas… Babord et Tribord ? C’est un peuple de nomades descendu des montagnes et des plaines et qui a découvert la mer par hasard en arrivant au … Golfe de Thailande ! Si surpris qu’ils décidérent il y a moins de trois siècles d’y créer leur Capitale à moitié sur l’eau, Krungthep Mahanakorn.
En France, dans les embarras d’un Paris, de petites ruelles où chacun faisait comme il pouvait, et, d’un autre côté : Bangkok n’existait pas encore !
Quant à passer de Myanmar au Laos en voiture, ce n’est pas demain la veille. Nous sommes dans le fameux « Triangle d’Or » et aucune frontière n’est réellement ouverte. Aucun passage tranquille …
Au fait, plus au Nord, les voitures, les vélos qui ont remplacés depuis longtemps les pousse-pousses dans la grande Chine roulent bien à droite ! Je ne parviens pas à comprendre pourquoi ? Y aurait-il une logique à rouler à droite comme on écrit plutôt avec la main droite ? Et que manger de la main gauche est mal vu …
Mais d’ailleurs aux USA, au Canada, la circulation est également à droite, dans tous les Etats, alors que des colons britanniques étaient aussi présents que les colons français … Bravo les Québécois !
Pas en Inde sous le joug de la Reine d’Angleterre, on ne peut que rouler à gauche !
Que n’ont-ils pas fait comme les Birmans ? Raison de plus pour les Pakistanais ?
La conduite à droite est majoritaire dans le monde et il faudra bien qu’un jour les rouleurs à gauche se sentent maladroits.
JMD