Roulez cambodgien

Saviez-vous que votre bicyclette a peut-être été  fabriquée au Cambodge où les exportations ont triplé ces dernières années ?

Effectivement, comme le Cambodge a obtenu un statut particulier pour ses exportations vers l’UE, certains pays asiatiques cherchent à profiter des quotas cambodgiens. Des sociétés chinoises, principalement taïwanaises, et japonaises, font fabriquer des éléments de bicyclettes de plus en plus au Cambodge.

Ce qui est moins clair c’est que le Vietnam, grand producteur de cycles à bas coûts, vient maintenant aussi fabriquer au Cambodge… Est-ce du fait d’une main d’oeuvre qui serait moins chère ou l’idée de faire bénéficier des produits vietnamiens de l’estampille « Cambodia » ?

Qu’importe : la fabrication de bicyclettes est une chance pour ce pays qui a vraiment besoin de diversifier son industrie.

A quand la construction automobile à Sihanoukville ?

 

!

Une clairière dans la forêt cambodgienne

Les autorités gouvernementales cambodgiennes autrefois aveuglées par le soleil durant 20 ans de déforestation prennent aujourd’hui le dossier et la tronçonneuse par le bon bout afin de tenter d’arrêter les trafics en tous genres et de regarder de plus près la fortune des magnats du bois bien connus sur la place.

Une « task-force » a été mis en place ces derniers mois pour lutter contre le transport illicite des précieux troncs, habitués à défoncer les macadams cambodgiens dans la direction du Vietnam. Les saisies de « logs » sont impressionnantes. Comme si finalement ce n’était pas si difficile. Le gouvernement a vraiment mis le pied dans la fourmilière et il a de l’affolement dans les sous-bois (20 véhicules saisis aux trafiquants viennent d’être incendiés à Pursat, parmi d’autres feux inexpliqués).

 Il y aurait donc quelque-chose de changé au Royaume des Khmers ? Puisse ceci être vraiment bénéfique à la forêt cambodgienne, à ceux qui en vivent comme à tous ceux qui craignent ici aussi le réchauffement climatique et ses conséquences.

Les multiples clairières de ces dernières années de coupe dans les forêts cambodgiennes vont peut-être laisser place désormais à plus de clarté dans la gestion d’un poumon tropical nécessaire à l’ensemble de la région.

Une pomme de discorde bien mûre… avec les observateurs des organisations internationales.

Réouverture de la gare de Phnom Penh

Après 15 ans sans transport de passagers, le réseau ferré cambodgien anéanti par la guerre et l’obsolescence des équipements et des matériels, s’éveille à nouveau et va créer l’événement le mois prochain.

Déjà, les trains de marchandises, profitant de voies ferrées stabilisées et d’un nouveau ballast, avaient l’an dernier rendu agréable plusieurs fois par jour le sifflet strident d’un convoi ferroviaire entrant en gare. Mais ce n’était que du fret ! Et les grilles de la gare de la Capitale restaient désespérément closes.

Le 9 avril prochain, à 7 heures du matin, le samedi qui précède la semaine de congé du Nouvel An Cambodgien – date bien choisie – le premier train de passagers de la compagnie RR (Royal Railways) va s’ébranler de la gare de Phnom Penh. Un autre train partira à la même heure dans le sens inverse Sihanoukville-Phnom Penh.

Où vont-ils se croiser … ? Nul ne sait. A Takeo ?

La voyage inaugural sera sûrement complet sur la ligne conduisant à Sihanoukville, soit 266 km. Des arrêts importants auront lieu en province, Takéo et Kampot, et des arrêts occasionnels pourraient se produire, en l’absence de passage à niveau sur bien des portions de routes ou simplement des chemins fréquentés par des troupeaux, ce qui fait que l’arrivée à la destination finale (sur la côte comme dans l’autre sens) ne se fera qu’entre 15 et 16 heures, l’après-midi.

C’est une aventure, l’aventure du rail, et heureux ceux qui en seront. Les pionniers du 9 avril seront suivis par d’autres. en effet, les Cambodgiens devraient se préparer à dix années de nouveautés sur un réseau qui doit à terme devenir régional et se moderniser complètement.

L’actuel train cambodgien ne roulera qu’à 30 ou 40 kilomètres/heure, de quoi apprécier les paysages traditionnels cambodgiens, un peu secs en ce moment de saison chaude mais traversant des rizières, des espaces boisés et contournant le fameux massif du Bokor et sa jungle.

Il n’est pas précisé s’il y aura des ventilateurs. Qu’importe, fenêtres ouvertes à cette allure, ce sera un plaisir, même sans éventail, de lire du Marguerite Duras, bercé par les traverses et cette impression étrange d’être encore au XXième siècle … ou que ce train vous y ramène…

Pas de wagon-restaurant mais pas d’inquiétude non plus : à la cambodgienne, on ne manquera pas de petits vendeurs tout au long du parcours, ni de boissons plus ou moins fraîches. Pour les amateurs de grand air qui veulent entendre siffler le train : le prix du billet est fixé à 28 000 riels, soit 7 dollars. C’est un peu cher pour attirer les Cambodgiens habitués de la route les jours de fête. Mais il y aura bien aussi quelques étrangers en goguette, à la recherche des plaisirs désuets ou des aventures inénarrables.

Allons-y, on se retrouve à la gare ?

Le bâtiment endormi vient juste d’être balayé, les guichets, les mêmes, sont nettoyés à l’eau fraîche. Rien n’a changé. Même pas le cadran de la grande horloge qui marque  » 5 h ». depuis vingt ans !

Rien n’a changé, sauf que les trains redémarrent. Et si cette relance est un succès, elle sera sans doute poursuivie.

JMDF

Microfinance enfin dans le colimateur

Le parking était plein comme jamais hier matin à Phnom Penh devant le bâtiment du Conseil des Ministres et le Palais de la Paix où le Premier Ministre cambodgien et ses services avaient convoqué tous les acteurs du monde de la micro-finance en pleine expansion depuis une décennie dans ce pays.

Certes, faut-il accepter de le reconnaître, la micro-finance participe à faire bouger les campagnes. L’agriculture cambodgienne avance maintenant avec le sourire vers une croissance plus en adéquation avec celle de l’industrie et des services. Après tant d’années d’immobilisme, le pays tout entier se réjouit de voir les campagnes commencer à changer et la mécanisation faire sont apparition à petite et même grande échelle.

Néanmoins, tous les travers connus de la micro-finance sont bien là : l’abus de l’ignorance du paysan, les taux usuraires, les clauses abusives, l’envie d’enrichissement qui préside aux contrats, la spoliation des biens, ou des terres, qui intervient en cas de non-remboursement !

Alors que les autorités cambodgiennes se réjouissent de l’accès de plus en plus facile des familles rurales d’accéder à des moyens financiers pour fonctionner et se développer, le premier ministre a cent fois raison de mettre en garde ce secteur, avide de profit et parfois peu scrupuleux. Cette activité est en effet également pratiquée par des ONG qui devraient montrer l’exemple et jouer un rôle profitable de concurrence face au secteur privé cambodgien très actif, presque trop, alors … qu’il serait peut-être nécessaire dans les prochaines semaines, de … les montrer du doigt !

 JMDF

Comment se déplacer en Thailande ?

Si vous vous déplacez en Thailande, réfléchissez à deux fois. Le pays est grand car tout en longueur. Attention aux autocars parfois réservés à la sauvette par des intermédiaires peu professionnels. Ne prenez le bus ordinaire que pour de courts déplacements dans ce pays, car le nombre d’accidents de longs courriers est élevé et les morts se comptent par centaines chaque année.

Le train est sûr, même s’il est terriblement vieux et arrive toujours en retard. Les accidents y surviennent sans gravité tant la vitesse des convois qui ont fait la guerre reste faible sur des voies uniques entre deux mini gares de triage. Il est néanmoins recommandés de surveiller ses bagages dans les wagons de nuit car les couchettes confortables font oublier que l’omnibus japonais inusable … roule portes ouvertes et s’arrête partout dans les campagnes…

Évitez de voyager sur de longues distances (900 km pour rejoindre le nord touristique) par la route ou alors prenez votre temps et visitez opportunément toutes les villes passionnantes qui se trouvent sur le chemin. Des déplacements de 300 km maximum suffisent bien. Pensez que les chauffeurs, sur les longues distances, ne sentent pas leur fatigue ; ils roulent plus vite pour arriver plus tôt. C’est tout …

La Thailande est un paradis touristique. Ne choisissez pas l’enfer des transports routiers aléatoires. Sachez prendre le taxi, ici ils ne sont pas chers du tout, même entre les villes. Prenez votre temps et ne cherchez pas, lors de votre séjour de vacances, à … « tout faire », pour tout connaître !

🙂 Pour les Bouddhistes, mourir est une étape joyeuse qui arrive quand elle doit arriver. Vous, restez zen et vivants !

Dicton cambodgien

Il y a dans les pays d’Extrême-Orient des dictons et des proverbes que nous ne connaissons pas en Europe. Beaucoup d’entre eux ont trait à la culture du riz, aux esprits maléfiques ou encore au climat pour les agriculteurs !

Au Cambodge, le Premier Ministre qui n’a pas sa langue dans sa poche et fait souvent de longs discours, possède cette qualité d’un homme de la terre : utiliser des images fort-à-propos, de bon sens, pour expliquer sa pensée au peuple (80% sont des paysans !).

Le dernier qu’il vient d’utiliser, ayant sans doute rapport à la corruption, à moins que ce soit pour les bras cassés de son gouvernement dont certains l’entouraient :  » Ne laissez pas l’odeur d’un mauvais poisson gâcher tous les poissons que vous avez dans le sac  » !

Qui était visé ? – A moins que cela signifie :  » Je ne laisserai pas l’odeur d’un corrompu empester tout mon gouvernement  » ?

Tout est problème de traduction, de contexte et d’interprétation.

JMDF

Le pape roule en Mercedes-Benz

Une polémique dure depuis plusieurs mois pour la nomination du pape du bouddhisme dans un grand pays d’Extrême-Orient dont c’est la religion d’Etat (95% de la population) . En effet, le Suprême Patriarche est décédé à l’âge de 100 ans depuis … deux ans. Celui qui assure l’intérim et devrait lui succéder, aurait importé illégalement (sans payer de taxe !) une superbe voiture de luxe Mercedes.

Dans ce pays, on ne dit pas Mercedes, mais bien BENZ. D’ailleurs beaucoup de jeunes ont porte ce surnom « Benz » à la naissance, tant la marque allemande est reconnue depuis des décennies pour son luxe et sa qualité avant tout.

En fait, pour la réelle division des bouddhistes en ce moment autour de la nomination du nouveau patriarche, âgé de 90 ans, l’argument de la voiture est juste un épiphénomène derrière lequel se cachent des divisions bien plus profondes. Divisions de la société qui viennent même polluer les valeurs essentielles de la culture locale.

C’est la politique (et les affaires d’argent et de mœurs ?) qui gangrène aussi le bouddhisme en ce moment. Les bonzes agitateurs semblent porter des couleurs. Couleurs de leurs robes ou pas ? Pourtant ils portent tous des tenues couleur « safran ». Or, safran devrait être un mélange de couleurs, rouge et jaune, non ?

JMDF

Les deux versants du GRC

Le Gouvernement Royal du Cambodge (GRC) s’apparente à une montagne générée par le Premier Ministre et son parti au fil du temps. Une montagne d’efforts. Un résultat qui ne trompe pas l’œil ! Cependant, une montagne qui bouge beaucoup en ce moment comme si de petites secousses annonçaient un possible tremblement.

Conscient que la population change et que les défis sont de plus en plus criants, au vu des prochaines échéances, le leader incontesté est bien obligé de constater que sa montagne offre deux versants. L’un qui est ensoleillé et actif, l’autre qui est à l’ombre et plutôt tranquille, comme à l’abri des mouvements.

Cette dualité ne facilite pas la gouvernance. Au sommet de la montagne, Hun Sen observe avec de plus en plus de clairvoyance. D’un côté, des caciques, des fidèles, des gens bien, des réseaux fatigués, conservateurs ou corrompus, des réseaux ministériels qui ronronnent sur leurs positions honorables, conscients de leurs privilèges et prenant soin de ne point déranger les habitudes, surtout pas les us ! De l’autre, ceux qui innovent, qui bougent, qui s’ouvrent à une nouvelle jeunesse, qui préparent l’avenir avec énergie et recherche l’innovation. Et même apparaissent quelques nouvelles têtes d’une génération qui n’accède pas encore pleinement mais qui veut participer. Il y a sur ce versant-là comme une coulée de lave bouillonnante qui se veut efficace et proche des préoccupations populaires.

Du haut de la colline, on se rend bien compte que tout ne bouge pas en même temps. Faute d’avoir coupé les fruits trop mûrs, les branches fatiguées, faute d’avoir élagué les grands arbres, des fromagers envahissants incrustés dans les pierres, il y a dans l’ombre un côté sombre et pourtant des richesses qui apparaissent au clair de lune.

Ne serait-il pas temps d’introduire de nouveaux plants sur le terreau immobile des feuilles mortes ? Sur la colline se trouvent encore des sources de renouveau. Versez de l’eau là où il faut au Cambodge et les poissons vivifiants frétillent sans attendre. Surtout dans l’ombre.

Ce qui n’est guère plus beaucoup plus clair, c’est le rôle des investisseurs et des banques dans cette forêt dense et celui des puissants proche d’un gouvernement sans doute trop feuillu, autour de ramifications entremêlées. Là aussi, on pressent que la colline est partagée entre ceux qui profitent et ceux qui s’attendent à ce que cela change dans un monde où, de manière surprenante, les rigidités naissent du trop plein de souplesse. Dommage qu’entre toutes les parties d’un même ensemble, la coordination ne s’opère pas suffisamment à deux ans des échéances électorales.

Dans cette attente, que regarde l’opposition qui tourne autour de la colline du pouvoir ? Probablement se sent-elle prête à apporter ses lumières. Elle se tourne vers les reliefs accessibles, les lianes tangibles, les fossés vacants. Elle attend que le vent souffle. Sans doute, dans le fond, rêve t’elle aussi d’un tremblement de … terreau.

JMDF

2016 comme 2015 à Bangkok ?

L’année 2016 a commencé en Thailande par un nouvel espoir. En effet, la junte militaire au pouvoir a annoncé maintenir la présentation au peuple « l’an prochain » d’un projet de nouvelle Constitution pour le Royaume et la tenue d’élections générales de remise en marche de la vie politique.

L’armée avait opportunément pris le pouvoir au milieu de la chienlit politique de 2014 puisque les Rouges et les Jaunes, après des élections législatives (les Rouges vainqueurs), continuaient à s’affronter dans les rues (contestation du pouvoir par les Jaunes) et, dans le même temps, soupçons de corruption généralisée…

Cependant, en 2015, un premier projet (Charter draft) avait été rejeté par les Militaires eux-mêmes. Semblait-il, parce qu’il ne garantissait pas que la classe politique puisse réellement fonctionner … différemment. Des mauvaises langues disaient que les militaires repoussaient ainsi d’un an l’échéance de leur pouvoir (coup d’Etat contre Yingluck Shinawatra).

Cette fois, le projet vise à réconcilier les Thaïlandais et la classe politique sans pourtant régler le problème du premier ministre Shinawatra en exil qui probablement continuera à exacerber les deux camps dans l’avenir. Mieux même il crée un Sénat avec 200 membres non élus, comme si l’on voulait conserver des postes pour des politiciens qui ont vraiment fait leur temps et dont certains d’entre eux sont issus de l’armée. Est-ce le meilleur moyen de changer les habitudes de corruption contre laquelle la junte se bat depuis deux ans ?

Ce nouveau projet de Constitution est mis en consultation auprès de la population. Mais que veut la population actuellement bridée ? – Sans doute lutter contre la corruption. Certainement retrouver des libertés d’expression. Ne pas retomber dans la division qui a fait descendre les militants dans les rues… Préserver la Monarchie constitutionnelle.

Les détracteurs politiques du projet estiment que d’autres éléments sont anti-démocratiques. Mais qu’est-ce vraiment la démocratie dans un pays comme celui-là fondamentalement divisé entre l’élite bangkokienne et les classes provinciales défavorisées ?

Le projet amendé devrait être présenté à référendum au mois d’août prochain. S’il est repoussé, tout sera décalé … d’un an ! On aura le temps d’en reparler avant juillet 2017.

jmdf

Le train train cambodgien …

Alors que la Chine déploie, virtuellement mais sûrement, ses tentacules ferroviaires un peu partout autour d’elle et vient de signer un accord avec la junte thaïlandaise pour un projet ambitieux (cf. texte précédent), le gouvernement royal du Cambodge travaille actuellement sur au moins deux projets :

  • d’une part, la rénovation de l’ancienne ligne tournée vers le Nord, Phnom Penh – Poipet, ville frontière, de 337 km, qui pourrait, à terme de quelques années (10 ans ?), rejoindre le réseau « chinois » de Thaïlande.
  • d’autre part, un projet de construction d’une nouvelle ligne intérieure qui pourrait relier les provinces de Kampong Speu et de Kratié, aidé en cela par l’Institut de recherche des chemins de fer de … la Chine.
  • Actuellement, une seule ligne de chemin de fer cambodgien fonctionne réellement pour le transport des marchandises (après une utile coopération belge). C’est la ligne Sud, qui relie la capitale de Phnom Penh à la province portuaire de Preah Sihanouk, soit 256 km. On entend siffler le train mais la gare de Phnom Penh reste vide.
  • Restent trois voies ferrées qui pourraient changer complètement le réseau cambodgien et surtout régional : une ligne de Siem Reap à Sisophon; une autre de Snuol au Vietnam; et enfin celle qui relierait Snuol au troisième pays voisin, le Laos.

– Avis aux investisseurs qui voient loin !

Les villes de Kompong Speu (route nationale reliant à l’aéroport de PP) et de Snoul (noeud ferroviaire) vont probablement se développer sensiblement dans les vingt ans qui viennent, alors que Poipet verra sa situation stratégique renforcée dans la prochaine décennie.