Les deux versants du GRC

Le Gouvernement Royal du Cambodge (GRC) s’apparente à une montagne générée par le Premier Ministre et son parti au fil du temps. Une montagne d’efforts. Un résultat qui ne trompe pas l’œil ! Cependant, une montagne qui bouge beaucoup en ce moment comme si de petites secousses annonçaient un possible tremblement.

Conscient que la population change et que les défis sont de plus en plus criants, au vu des prochaines échéances, le leader incontesté est bien obligé de constater que sa montagne offre deux versants. L’un qui est ensoleillé et actif, l’autre qui est à l’ombre et plutôt tranquille, comme à l’abri des mouvements.

Cette dualité ne facilite pas la gouvernance. Au sommet de la montagne, Hun Sen observe avec de plus en plus de clairvoyance. D’un côté, des caciques, des fidèles, des gens bien, des réseaux fatigués, conservateurs ou corrompus, des réseaux ministériels qui ronronnent sur leurs positions honorables, conscients de leurs privilèges et prenant soin de ne point déranger les habitudes, surtout pas les us ! De l’autre, ceux qui innovent, qui bougent, qui s’ouvrent à une nouvelle jeunesse, qui préparent l’avenir avec énergie et recherche l’innovation. Et même apparaissent quelques nouvelles têtes d’une génération qui n’accède pas encore pleinement mais qui veut participer. Il y a sur ce versant-là comme une coulée de lave bouillonnante qui se veut efficace et proche des préoccupations populaires.

Du haut de la colline, on se rend bien compte que tout ne bouge pas en même temps. Faute d’avoir coupé les fruits trop mûrs, les branches fatiguées, faute d’avoir élagué les grands arbres, des fromagers envahissants incrustés dans les pierres, il y a dans l’ombre un côté sombre et pourtant des richesses qui apparaissent au clair de lune.

Ne serait-il pas temps d’introduire de nouveaux plants sur le terreau immobile des feuilles mortes ? Sur la colline se trouvent encore des sources de renouveau. Versez de l’eau là où il faut au Cambodge et les poissons vivifiants frétillent sans attendre. Surtout dans l’ombre.

Ce qui n’est guère plus beaucoup plus clair, c’est le rôle des investisseurs et des banques dans cette forêt dense et celui des puissants proche d’un gouvernement sans doute trop feuillu, autour de ramifications entremêlées. Là aussi, on pressent que la colline est partagée entre ceux qui profitent et ceux qui s’attendent à ce que cela change dans un monde où, de manière surprenante, les rigidités naissent du trop plein de souplesse. Dommage qu’entre toutes les parties d’un même ensemble, la coordination ne s’opère pas suffisamment à deux ans des échéances électorales.

Dans cette attente, que regarde l’opposition qui tourne autour de la colline du pouvoir ? Probablement se sent-elle prête à apporter ses lumières. Elle se tourne vers les reliefs accessibles, les lianes tangibles, les fossés vacants. Elle attend que le vent souffle. Sans doute, dans le fond, rêve t’elle aussi d’un tremblement de … terreau.

JMDF

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