Le populisme se cherche des machos

La politique internationale post-mondialisation devient, par effet boomerang, de plus en plus caricaturale ! Un mouvement est en marche, logiquement assez universel. Qui va se le prendre sur la tête ?

En voici un trait majeur : peuple cherche … macho pour redresser l’autorité publique et refermer le marché ouvert !

Les demandes populaires, notamment celles des plus démunis, des gilts jaunes, et les attentes de populations victimes de la compétition économique qui ne se sentent jamais entendues dans le cadre des processus démocratiques traditionnels, créent de manière de plus en plus répétée … un appel à un homme fort.

Les peuples qui sont sur la défensive se mettent à rechercher un leader de type « macho » pour que « ça change ». L’aspiration populaire se tourne vers quelqu’un de fort peut décider et probablement, tout de suite, qui peut enfin changer tout ce qui ne va pas, notamment en matière de sécurité publique et de justice.

Ainsi, pour que le cours des choses change vraiment, un leader, de préférence charismatique, est recherché par le peuple via des élections populaires. La société est disposée à confier à ce chef les leviers de commandes pour nettoyer la place politique, en éliminant avant tout l’insécurité sous toutes ses formes, quelles que soient les atteintes aux libertés individuelles générées par des mesures drastiques, et en promettant de « remettre le pays en marche », comme il se doit…

Principalement sont visées : le trafic de drogue, le terrorisme, les zones de non droit, l’immigration clandestine, les frontières nationales ouvertes et surtout le fameux libre-échange toujours accusé de tuer l’économie locale en faveur des pays voisins… Parfois la religion dominante. Souvent les mots : Travail, Famille, Patrie.

Avant l’élection de Donald Trump aux USA qui présentait toutes ces caractéristiques, une caricature était déjà parvenue au sommet d’un État de l’ASEAN avec l’arrivée du Président populiste philippin, un certain Rodrigo Dutertre. En prenant le contre-pied du politiquement correct, celui-ci à commencer à tout casser autour de lui et il n’a pas fini d’étonner.

D’autres États de l’ASEAN sont également dirigés par des machos bon teints mais la plupart sont des militaires et leur autorité s’appuyant sur leur conception du « peuple », un « peuple qui ne sait rien, pensent-ils », se cache un peu facilement sous des uniformes. Ces pouvoirs forts depuis plusieurs années font fi des libertés individuelles et collectives dès lors qu’ils se doivent de conserver le « leadership » (!), pouvoir transmis par … le peuple dans l’intérêt du peuple.

D’ailleurs certaines constitutions permettent un certain absolutisme donc, d’une certaine façon… le « dictatorship ». Eliminons les parlements. Un peu comme en Turquie aux portes de l’Asie ?

Y a t’il des machos en Chine ? Et il se pourrait bien également en Russie ? Au Brésil ?

Lukashenko en Bélarus ? Hongrie, Pologne ? En Europe, cette réflexion est totalement d’actualité puisque le populisme semble progresser face à la montée de l’immigration et face aux dangers de l’intégrisme islamique. Heureusement, les racines démocratiques restent là assez fortes. Elles apparaissent pouvoir être un garant autant que la liberté de la presse et autant sans doute la maturité de certains peuples qui ont connus de trop près les machos Hitler et Mussolini. Voire les … Berlusconi ?

En 2017, en France aussi il était permis de se demander quel serait le macho le mieux élu puisque Nicolas Machozy était exclu de la course à la Présidentielle. Macron est arrivé comme un Zorro.

Mélenchon, Tapie, Valls, Fillon, Longuet, Juppé.  C’est fini ? Nostalgie de Pasqua !

En 2021 … Bariani ? Wauquiez ? Darmanin ? Dupont-Moretti ? Et toujours Mélenchon !

A moins qu’il y ait des machos au féminin. Une machette, dit-on ? Marine, Brigitte, Valérie, Ségolène ? Une verte sans doute pour bouter Jadot !

La « machonnerie » se développe probablement tranquillement en-dessous des tables politiques. Qui joue, qui avance les pions ? Arnault ? Bolloré, Lagardère, Bouygues, Dassault, … ?

Dites-nous, vous les « francs-machos », ça doit se transmettre en famille ces trucs-là !

 JMDF

30/05/21

Water Festival en Extrême Orient

 

La fête des Eaux très répandue dans les pays du Sud Est Asiatique n’a pas le même sens partout. Et les dépliants touristiques ont tendance à ajouter à la confusion ramenant toute fête traditionnelle à un … Water Festival.

Souvent on confond les fêtes du Nouvel an qui se passent dans la saison la plus chaude et où l’on s’asperge d’eau pour se rafraîchir et la Fête en l’honneur de l’Eau qui se déroule soit au début de la saison des pluies – c’est le cas au Myanmar – soit à la fin de cette saison, alors que les moissons terminées encouragent tous à la fête. C’est le cas au Cambodge avec la tradition de courses de pirogues. Soit les deux d’ailleurs …

Au Myanmar (ex-Birmanie) toute la vie s’arrête pour le Thingyan, la fête de l’eau pendant au moins une semaine en Avril. On se déplace pour retrouver sa famille et sa province d’origine. On mange et on boit et pas que de l’eau … Une certaine frénésie s’empare des jeunes, c’est la fête de la vie. Ce qui n’empêche pas la visite des Pagodes dans ce pays très bouddhiste. Les policiers et les généraux sont oubliés. On s’arrose partout en ville à coup de jets d’eau … C’est la saison chaude et la saison des pluies arrivera six semaines plus tard.

Les agences de voyages annoncent le Water Festival pour le 14 avril de chaque année alors que ce n’est que le jour du nouvel an traditionnel en Thaïlande, au Cambodge, en Birmanie et au Laos. Ce n’est pas exactement cela. Songkran, en Thaïlande, est la fête nationale du nouvel an, pas la fête de l’eau. Même si l’eau y est de plus en plus présente.

Pimai est exactement pareil au Laos.

L’ancienne tradition thaïe familiale est que chaque enfant présente ses vœux à ses parents et que ceux ci fassent sur la tête des enfants une petite ablution pour rénover, effacer le passé et encourager l’année nouvelle a être réellement neuve pour chacun. Un geste  éminemment symbolique que l’on retrouve d’ailleurs plus fortement marqué dans les cérémonies bouddhistes d’aspersion ou de nettoyage d’une personne, ou d’un couple, après un coup dur de la vie.

Cette tradition, laïque ou religieuse, ajoutée à la chaleur tropicale de cette période, a transformé au fil des ans la cérémonie familiale en un fête publique d’aspersion de son voisinage… Un élan collectif. Cette habitude devenue païenne, plaisante aux touristes, parfois d’ailleurs excessive à Chiang Mai, s’est développée durant trois décennies et maintenant passe la frontière puisque le gouvernement cambodgien tente difficilement de freiner le goût des jeunes pour … les pistolets à eau, comme si on interdisait des pétards à des Chinois.

En revanche, à la pleine lune de fin octobre au Cambodge, les gens de la rivière et tout un peuple fêtent la rivière Tonlé Sap qui relie le grand lac du même nom au fabuleux Mékong parce que les eaux du premier se mettent à stagner puis à inverser nettement son cours. Particularité géographique unique au monde. Le Water Festival cambodgien c’est essentiellement la fête de ce phénomène.

A la plein lune suivante de novembre, la saison des pluies étant terminée et les moissons en cours, la fête des eaux est organisée dans tout le pays et particulièrement à Phnom Penh sur le Tonlé Sap où des courses traditionnelles de pirogues font se déplacer des centaines de milliers de personnes. Le Water Festival est alors un événement exceptionnel sur un lieu exceptionnel où le roi se place sur la ligne d’arrivée des pirogues en compétition pendant trois jours, exactement là où le Tonlé Sap se jette dans le Tonlé Mékong ! Les fleuves sont en crues, hautes eaux, et le Mékong est impressionnant : son volume est alors de 30 fois son volume à l’étiage.

C’est aussi la joie dans les divers affluents à travers le pays et tous les cours d’eau du royaume étant en hautes eaux au même moment, c’est aussi pendant un mois la joie de la pêche à tous les ponts et dans les moindres cours d’eau ! Ces semaines là dans les familles rurales on ne mange que du poisson et de la soupe aux crabes de rizière…

 Dans le même temps, en Thaïlande, une autre fête de l’eau bat son plein. Il s’agit d’une très belle et romantique fête, celle de Loy Kratong.Le vrai Festival de l’eau en Thaïlande.

Cette fête traditionnelle dans tous le pays voit les Thaïs laisser aller au fil de l’eau leurs pensées et leurs espoirs en particulier sur de petits radeaux bien décorés qu’on appelle les Kratongs. Au fil du temps cette fête de l’eau tend à devenir aussi la Fête des Lumières parce que les gens s’ingénient à éclairer leurs kratongs le mieux possible afin de les suivre du regard au fil de l’eau lorsqu’ils s’éloignent.

De même au Laos, la fin de la saison des pluies est également l’occasion de fêtes. Fête de l’eau et fête des lumières (Boun ork Phansa). Comme au Cambodge en novembre cette fête donne lieu à de nombreuses courses de bateaux et de pirogues sur le Mékong.

Au Vietnam où bien des choses sont différentes (à commencer par le calendrier), Or Nom Boc se déroule en Mars comme la fête nationale du Têt. La fête des eaux est différente au Nord et au Sud de ce pays tout en longueur.

Marquée par le Bouddhisme au Nord, la fête se déroule ailleurs avec des courses de bateaux, notamment tout au Sud du Delta. C’est dans le Nord Ouest que les fêtes de l’eau sont des plus originales. Festival vietnamien de l’eau : dans chaque village des équipes d’hommes, d’autres de femmes, chacun choisi comme étant perçu comme irréprochable, se rendent au ruisseau pour capturer des poissons à la main ; puis pour s’arroser copieusement jusqu’à ce qu’une personne finisse par chuter dans l’eau faisant perdre ainsi son équipe.

Ah ah ah oui vraiment il y a Water et Festivals !

 

Des Indiens au Royaume du Cambodge !

Les relations entre le Royaume Khmer, autrefois l’Empire Khmer, et l’Empire Indien sont ancestrales, voire logiquement millénaire.

Il suffit de considèrer l’influence de la culture indienne sur tout l’extrême-Orient et, en particulier dans la conception et la construction des temples khmers et principalement de Angkor Vat.

Mais aussi et avant tout, c’est certain, l’influence religieuse de l’Indouhisme et du Bouddhisme.

Dans la période la plus difficile de son Histoire récente (XX) siècle) alors que l’Ecole Française d’Extrême Orient (EFEO) et l’UNESCO avaient déserté les temples ou bien n’y étaient pas encore revenus, les chercheurs et experts indiens étaient les seuls sur place à continuer à travailler à la reconstruction de certains temples.

Récemment, ce sont de grands hommes d’affaires indiens qui se sont rendus à Phnom Penh pour s’intéresser à ce pays en pleine résurgence tant sur le plan de sa croissance économique que sur le climat libéral qui apparait favorable au « business ». Ils y voient un fort potentiel économique (et de stabilité ?) et souhaiteraient participer si possible aux investissements et surtout renforcer leurs relations commerciales avec ce qui est en ce moment un fer de lance de l’ASEAN.

Mais les relations diplomatiques des années 2000 se sont soudain tendues lorsque le projet de construction d’un temple indien dont l’architecture et l’apparence relèveraient du modèle du temple cambodgien d’Angkor Vat a été présenté par un consortium privé dans le Nord de l’Inde. « Pas question », disent les Cambodgiens qui sont fidèlement soutenus par l’Unesco dans cett affaire.

Il n’empêche que les relations diplomatiques sont restées bonnes et que l’intérêt et le business réapparaissent fortement en 2024 avec l’ouverture de voies aériennes entre les deux pays prévues pour 2025.

JMDF

Crise de régime chez les Siamois

Tout en respectant le deuil du peuple thaïlandais encore sous l’émotion de la perte cruelle de leur Roi, il est permis de tourner un peu la page de ce très long règne commencé dans la douleur d’un accident peu banal (mort par balle de son frère ainé juste après son ascension au trône) et terminé par un crise politique interminable qui voit encore aujourd’hui les militaires au pouvoir à Bangkok.

Il ne faut pas se leurrer : les militaires ne font pas l’appui et le bon temps mais ils contrôlent le calendrier depuis deux ans et d’autres étapes sont à venir dans les prochains mois en ce qui concerne la royauté et la mise en œuvre de la nouvelle Constitution. L’appui à la royauté étant acquis de tout temps. L’armée est dirigée par le Roi (!) qui est le descendants des vaillants guerriers qui ont fait le Siam puis la Thaïlande.

Le processus est en route. Celui de la reconquête. Celle du pouvoir repris aux mains des politiques et qui ne sera pas rendu dans le même état l’an prochain au sortir du deuil national et de la prise de fonction du nouveau Roi. La Régence est assurée par Prem Tinunsalonda, un noble ancien premier ministre (de 1998 à 1988) dont on oublie peut-être qu’il est aussi un militaire de carrière, Généralissime Amiral… qui a fini ses études militaires aux USA.

Certaines rumeurs disent que la situation du Prince héritier  (Rama X, hésitant ?) arrangerait bien tout le monde. D’autres pensent que tout va bien et que la crise de régime va se terminer en 2017 !

Péninsule politique ou l’existence d’un axe du mal dans l’ASEAN

 

Dans l’ASEAN, un « axe du mal » en quelque sorte serait-il en train de se révéler faute d’apparaître au grand jour ?

Un mal d’absence de réelle démocratie dans le fonctionnement du quotidien des gouvernements de chaque État membre. La stratégie de défense du territoire conduit à des pouvoir forts. L’indice majeur de cette situation réside dans le renforcement constant de puissants leaders bien encadrés par des militaires. Ou bien … les militaires tout simplement au pouvoir, de façon visible ou cachée.

Au Nord, deux pays sont en pleine puissance de stabilité, à la recherche d’un développement qui tarde, dans le giron de la grande Chine. Certes, dans le plus grand d’entre eux, les militaires longtemps aux manettes ont redonné le pouvoir aux représentants du Peuple mais ils sont encore, en fait, derrière les processus de développement économique stratégique. Et les minorités ne semblent pas encore trouver là leur place dans l’unité nationale. Chez le plus petit pays, depuis cinquante ans corseté, il y a longtemps que les militaires n’ont pas redonné le pouvoir aux représentants du Peuple et ils n’envisagent même pas de le faire. Il est vrai que le matin calme fournit des crépuscules endormis ! Pauvre pays qui reste sous pression de ses amis communistes.

En descendant vers le Sud, trois pays de la péninsule, tournés plus ou moins vers la Mer de Chine, sont depuis plusieurs décennies en pleine croissance. Bien que très différents sur le plan institutionnel, de peuplements très différents, ils présentent politiquement des caractères étrangement communs dans leur mode de fonctionnement et la tendance à travailler « à l’asiatique » sans vraiment le souci des droits humains les plus essentiels ou les plus démocratiques. En Asie, l’important est le but. Peu importe les moyens. On ne juge moralement des moyens qu’à l’aune de l’efficacité. Ce qui ne manque pas de créer des situations peu avenantes.

Ainsi, choisissez : pouvoir autoritaire, cercle de dirigeants gouvernementaux « professionnels », compromission avec les milieux d’affaires, népotisme, médias contrôlés et asservis, opposition réduite au silence, mises à l’écart, élections sous surveillance, clientélisme, toute puissance de l’argent, exploitation des plus faibles, riches dirigeants toujours plus riches, blocage générationnel, misère des campagnes, absence de protection sociale, justice soumise, et corrompue, inégalités des droits, sens moral en déclin, système scolaire public incapable, ascenseur social limité, pauvreté majoritaire et … surtout … puissants militaires omniprésents.

Plus au Sud..; jusqu’au bout de la péninsule malaise, la force militaire devient plus ou moins évidente et ne permet pas même à Singapour-la-belle d’apparaître très démocratique alors que les qualités intrinsèques du pays sont tout le contraire de ce qui est décrit ci-dessus. Cela porte à réflexion. Pourquoi quand on devient riche, décide t’on d’acheter des armes ?

Alors restent les îles. L’Indonésie où la puissance militaire tente de se cacher derrière un certain respect des institutions démocratiques, est dirigée maintenant par un président élu ! Le pays peut être décrit comme en transition, et demeure en observation. Restent les Philippines ! Là, la puissance militaire n’est pas vraiment locale mais plutôt américaine. Le budget de la dépense tente de rattraper son retard. Les institutions démocratiques viennent de porter au pouvoir un président élu pour le moins étonnant. Est-ce un signe des temps où la démocratie montre t’elle ici ses limites comme ailleurs. Alors, laissons-les également en observation.

Dans le fond, cet axe du mal démocratique revient à éclairer l’Asean d’un regard particulier qui n’est pas forcément antipathique puisqu’en Asie les limites apportées à la démocratie semblent renforcer la stabilité régionale…

Chacun peut cependant regretter que ce soient souvent en cette période les militaires qui crient « Aux armes citoyens » en imposant l’augmentation constante de leurs moyens…

JMDF

Le Cambodge entre Chine et Vietnam

Les lignes bougeraient-elles dans la géographie politique de l’ASEAN ?

Hun Sen le Premier Ministre cambodgien si proche du Vietnam il y a deux ou trois décennies (!), et pour cause, il a remplacé avec l’aide de ses amis, le premier Premier ministre Pen Sovan, choisi par l’Armée vietnamienne après la Libération des Khmers Rouges. Lui qui reçoit maintenant le leader chinois en grande pompe et qui ne peut que se féliciter de l’apport de ce très grand « frère » dans le développement actuel du pays.

Quelque chose est sans doute en train de changer. Une ligne bouge. Quelles en seront les conséquences à court et long terme ?

Ah ! Les couleurs du temps !

« Les lignes bougent ; cela ne veut pas dire qu’on s’aligne », dirait sans doute Norodom Sihanouk, le fin stratège, s’il était encore là.

XI se rend à GOA

 

Le Président chinois, Xi Jinping, est attendu au Cambodge le 13 octobre 2016. Il s’arrêtera à Phnom Penh en route pour GOA en Inde, ancien comptoir colonial portugais où se tiendra le sommet des cinq pays en voie d’émergence avancée, appelés les B.R.I.C.S. (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

Le puissant leader en voyage diplomatique va se rendre, après le Cambodge, au Bangladesh. Ce pays est pourtant invité à Goa, ainsi que la Thailande, à assister à ce sommet qui est aussi d’importance régionale (Baie du Bengale).

Sans doute le Président Xi va t’il signer à Phnom Penh quelques contrats financiers en faveur d’un pays qui a du mal à équilibrer chaque année sa balance budgétaire mais qui accueille facilement les investisseurs et les … pays donateurs.

Le Cambodge va sûrement très bien recevoir le Président chinois et ainsi rééquilibrer son penchant naturel vers le Vietnam. A moins que Xi ne fasse une visite de courtoisie pour un pays qui n’est pas nommément invité à la conférence de Goa du 15 octobre ?

Non, plutôt une visite à un pays qui accueille tant d’investisseurs chinois, sans être trop regardant, concessions, plantations, développement urbain ….

ça ne vaut pas même une roupie !

 

Le Premier Ministre indien, Narendra MODI, a t’il voulu se montrer généreux avec les familles pauvres ?

Toujours est-il qu’il a offert une roupie (la monnaie indienne) à tous ceux qui accepteraient d’ouvrir un compte en banque ! Pour les familles rurales les plus concernées par la pauvreté on se demande bien à quoi pourrait servir une roupie et quand vont-elles entrer dans une agence bancaire.

Pour le budget de l’Etat d’un pays de 1 milliards 26 millions d’habitants , c’est sans doute une ligne de plusieurs centaines de millions de roupies. Mais cette somme de 1 roupie est tellement dérisoire  – en fait 1 centime d’euros – que l’on se demande ce que cache cette politique. Oserait-on parler d’aide sociale pour de la roupie de sansonnet ?

En fait, les nombreuses banques publiques s’activent dans toutes les provinces de cet énorme pays car l’aide financière annoncée qui en apparence ne vaut pas un fifrelin, fait du bien aux statistiques. D’une part, elle engendre l’ouverture de nouveaux  comptes, c’est l’objectif, et, d’autre part, elle permet de ne pas fermer les nombreux comptes qui affichent : zéro roupie !

L’idée de cette « MODI-que » somme est peut-être bonne mais elle fait beaucoup de vent pour pas grand’chose alors que la création de toilettes publiques, autre priorité du gouvernement indien, sent nettement meilleur pour une population qui n’a même pas l’eau courante à la maison…

JMDF

P.S. : Néanmoins, gageons qu’en Inde « les pauvres à une roupie » pourront peut-être toucher désormais sur leur nouveau compte bancaire quelques aides financières qui ne leur parviennent aujourd’hui jamais, du fait que – de main sale en main sale – la corruption les fait disparaître … dans toutes sortes de fonctions publiques.

Le Cambodge doit renforcer son « riel »

 La Banque Nationale du Cambodge profite de la situation économique du pays, non pas florissante, mais très positive en terme de dynamisme financier, pour entamer les efforts nécessaires au renforcement de la monnaie locale, le RIEL, face au dollar qui occupe plus des 4/5 des transactions commerciales.

Sauvée d’une disparition possible vers la fin des années 1990, au moment d’une sorte d’invasion de dollars due à la présence onusienne, et, grâce à quantités d’experts venus à son chevet, la monnaie cambodgienne depuis vingt ans a réussi la gageure de maintenir son cours stable au change courant de 4000 riels pour un dollar.

Aujourd’hui, le gouvernement royal a entrepris de redonner de la vigueur à la monnaie nationale non seulement en émettant de nouveaux billets mais en facilitant leur circulation. Ainsi, les fonctionnaires sont-ils payés en riels. Aussi, petit à petit, les impôts et les diverses taxes doivent-ils être couverts en monnaie locale, obligeant parfois les investisseurs étrangers à découvrir que le dollar américain n’est pas la monnaie cambodgienne ! En effet, si les riels sont bien présents sur les marchés et bien affichés sur les panneaux des pompes à essence, toutes les transactions importantes continuent à se faire en dollars, comme une créance sur le Trésor américain… ? Rien de plus étrange pour un pays qui se veut libre et indépendant ! Mais les Cambodgiens qui aiment l’or plus que la papier monnaie, le préfère aussi dans la poche plutôt que dans une banque.

L’accroissement de la masse monétaire en circulation engendré récemment par la Banque Nationale du Cambodge, ainsi que l’effort des organismes de micro-finance de ne prêter qu’en riels, ont de réels effets positifs sur les activités dans les campagnes et principalement pour les dépenses courantes des ménages. De là à espérer « bouter » un jour les billets verts hors des frontières, il ne faut pas rêver…

Mais pourquoi pas obliger les entreprises à payer les salaires en monnaie locale ?

Par ailleurs, si le Ministère de l’Intérieur obligeait tous les touristes à payer leur visas d’entrée sur le territoire en riels ou même à procéder au change d’un minimum de 100 euros en entrant au Cambodge, le petit commerce en profiterait allègrement et bien des étrangers comprendraient enfin qu’il y a une monnaie locale stable et respectable, comme dans les pays voisins avec le Baht et le Dong, et qu’il convient de la soutenir en l’utilisant quotidiennement.

Que les hôtels de tourisme d’ailleurs, et les menus des restaurants également, commencent donc par montrer le bon exemple et soutiennent l’effort entrepris par le gouvernement de pérenniser renforcer dès maintenant … et pour demain … sa propre monnaie.

Vingt ans seront sans doute encore nécessaires pour que le niveau de la monnaie locale puisse rivaliser avec les autres devises en circulation au Royaume du Cambodge. Néanmoins il n’est pas impossible que l’usage parvienne à un point tel qu’il permettre – rêvons un peu – de créer un  » nouveau riel « , en divisant le montant des coupures par cent comme autrefois l’ancien Franc !

Il sera alors temps d’obliger les entreprises commerciales à n’avoir en banque que des comptes en riels. Un regain de souveraineté pour l’économie basée aujourd’hui sur le dollar (utilisé pour 84% des paiements). Surtout un regain de souveraineté pour le peuple et pour le Roi Norodom Sihamoni, représenté sur les billets de banque (20 000 riels) à côté de feu son père Norodom Sihanouk.

 

 JMDF

 

 

 

Les prix ne redescendent pas

Les prix du pétrole et des carburants dans la région ASEAN ont baissé d’environ un quart depuis l’an dernier. C’est relativement visible à la pompe un peu partout. Au Cambodge, par exemple, le litre d’essence qui valait autour de 4000 riels est aujourd’hui à 3000 riels.

Alors pourquoi les prix à la consommation ne baissent-ils jamais ? Ni le riz, ni le porc, ni le bœuf, ni le pain, ni l’eau minérale… et dans le bâtiment pas même le ciment !?

Le coût de transport des marchandises est pourtant un élément important de certains prix. A Bangkok, c’est étonnant, dans ce contexte, le tarif des transports publics est à la hausse et la soupe de nouilles et la petite assiette de riz viennent de passer en un an de 30 à 40 bahts.

D’ailleurs, le prix des billets de voyages entre les villes, selon les divers moyens de transport a t’il baissé ? – Non. Sauf peut-être les motos-taxis qui savent bien ce que vaut un litre d’essence puisqu’ils l’achètent litre par litre …

Qu’attendent les autres ?

Des profits !