La fleur « croute de riz » rouge

Cambodge : La fleur « Croûte de riz »

On peut souvent voir au Cambodge, dans les endroits les plus divers, des fleurs à l’aspect tout à fait particulier : il s’agit d’inflorescences composées de fleurs à quatre pétales rouges, de forme lancéolée, se dressant sur une longue « tige ».

Avant que la fleur ne s’épanouisse, elle se présente sous la forme d’une longue aiguille :

Inflorescence (CC BY 2.0 by Suresh Aru)

Renseignements pris auprès d’une Khmère amoureuse de la flore de son pays, il s’agit d’une espèce que les Cambodgiens ont dénommée « fleur croûte de riz » (ផ្កាបាយក្ដាំង [phka bay kdang]). La raison de cette appellation singulière demeure mystérieuse. L’est moins, en revanche, un autre nom khmer de la même espèce : « fleur aiguille » (ផ្កាម្ជុល [phka mchul]). Voici les aiguilles en question (j’ai emprunté la photo ci-dessous sur le site de l’Université du Connecticut) :

« Aiguilles » (Flowers in the UCONN greenhouse Feb. 1, 2016. (Amy Jorgensen/UConn Photo))

Les Cambodgiens connaissent encore cette fleur sous un troisième nom, pléonastique pour le coup : ផ្កាដក់ខឹម ([phka dak khem]). Ce nom est pléonastique car ដក់ខឹម [dak khem] est la transcription phonétique en khmer du nom thaï de l’espèce qui, traduit mot-à-mot, signifie « fleur aiguille ». Dès lors, stricto sensu, ផ្កាដក់ខឹម signifie « fleur fleur aiguille ».

Quelques recherches prestement menées m’ont permis de découvrir, sans grandes difficultés, que l’espèce est connue des botanistes sous le nom d’Ixora javanica. J’ai découvert à la même occasion qu’un nombre important d’espèces du genre Ixora était présent au Cambodge. A ma connaissance, cette espèce ne possède pas de nom commun en français. Les jardiniers français appellent tout simplement ces fleurs « ixora ». Peut-être pourrait l’appeler « ixora de Java » ?

I. javanica est présente sur une large aire, qui s’étend du Sri Lanka aux Philippines. L’espèce n’est pas connue en Chine, mais on y trouve d’autres espèces du même genre, qui est joliment appelé « fleur de bateau-dragon » (龙船花属 [lóngchuánhuā shǔ] – 属 [shǔ] signifie « genre » dans le sens biologique du terme).

J’ai trouvé sur le site Useful Tropical Plants quelques informations concernant notre ixora javanaise.

Les fleurs sont comestibles (ce qui m’a été confirmé par l’amie précitée), ainsi que les jeunes fruits (confirmé également). La saveur est plutôt acide.

Les jeunes fleurs et les jeunes fruits sont utilisés par les Thaïs pour confectionner une soupe de légumes épicée, appelée « kaeng liang ». Mon garnement me dit par ailleurs qu’on trouve aussi ces fleurs au Lycée Descartes (le lycée français de Phnom Penh). Il m’explique que les enfants cambodgiens détachent la fleur épanouie de son réceptacle, appuient du pouce sur le stigmate pour faire ressortir le pistil à la base ; ils tirent ensuite sur le pistil jusqu’à l’extraire complètement, et se régalent de la goutte de « jus » sucré qui s’échappe de la base de la fleur.

 

publié par : Tela-Botanica.org !

Pour Arnaud M. qui prétend avoir en France les mêmes fleurs de couleur blanche.

Cambodge, des cas de Covid !

Les cas importés de Covid 19 augmentent et obligent le gouvernement à fermer des lignes aériennes

La situation sanitaire généralisée au Cambodge était bonne il y a un mois. Avec seulement cent quarante et un cas de contamination au 1er juillet 2020, le pays apparaissait comme le meilleur de toute l’Asie. Aucun mort.

Un mois plus tard, le total est passé à deux cent quarante et un le 6 août.

Quatre-vingt quinze nouveaux cas qui sont tous importés par l’arrivée de vols internationaux (dont la ligne régulière koréenne).

Le gouvernement cambodgien vient de supprimer les vols à l’arrivée de deux pays voisins, la Malaisie et l’Indonésie. Ces deux états sont des pays de transit de vols arrivant d’Europe, des USA ou d’états du Moyen Orient, et un nombre croissant de cas de COVID19 a été détecté à l’arrivée des avions.

Ce sont surtout des expatriés cambodgiens revenant des USA, de France, d’Arabie Saoudite, de Russie, mais aussi de Malaisie, pays où la pandémie reste très active, qui ont été détectés positifs au virus à leur arrivée au Cambodge.

La mise en quarantaine de tous les passagers est de règle lorsqu’un test à l’arrivée est positif.

Il y a encore quinze vols par jour à l’aéroport de Pochentong. C’est sans doute beaucoup si l’on veut réellement tout maîtriser …

Le Cambodge avait très rapidement pris la mesure du danger en mars dernier et efficacement mis en place une politique sanitaire stricte.Même le nouvel An Khmer avait été supprimé. Pourquoi le remettre ce mois-ci alors que l’économie du pays exigerait que tout le monde travaille ? Les congès vont engendrer de nombreux déplacements et des fêtes de famille. Accentuant les risques de réveiller des asymptomatiques…

Comment pour un observateur averti être favorable à ces vacances inutiles – le nouvel an hors du nouvel an n’a aucun sens – qui sont à hauts risques ? De même incohérentes décisions que de maintenir les écoles fermées !

En revanche, il serait judicieux de fermer d’autres lignes aériennes, oui, notamment avec la Chine et … les pays du Golfe, autres lignes relais très dangereuses.

Qu’attend-on ?

JMDF ; avec le petit journal

Phnom Penh vous salue bien !

Niaho Ma !

En Khmer « Sour Sdey » !

Phnom Penh ne va pas si mal !

La ville revit et s’anime du matin au soir comme aux plus beaux jours. Les grands hôtels ne sont pas fermés mais tournent au ralenti avec des restaurants jamais vides, de la clientèle aisée de la capitale. Les restaurants touristiques et les autres ont réouvert en innovant et modifiant les cartes et parfois les prix. La clientèle cambodgienne est là avec son niveau de vie et son envie de vivre comme avant. Le pouvoir d’achat a diminué mais il maintient des activités et surtout des familles au-dessus du seuil de pauvreté.

C’est quand même étonnant !

Il suffit de passer un peu de temps à Phnom Penh pour réaliser la place qu’a prise la Chine dans la transformation architecturale de la capitale et qu’elle prend encore à l’issue de la période récente du Covid 19. Le secteur de la construction tire l’économie comme le textile et le tourisme l’ont fait les années précédentes. C’est palpable.

Les travailleurs chinois ne se sont guère confinés. Ils ont même embauchés quelques khmers qui vivent aussi de l’approvisionnement en matériaux et du transport des marchandises. Le bâtiment génère des petits emplois…

La ville de ce fait change peu à peu. Les caractères chinois s’étalent sur les façades de nouveaux immeubles un peu partout.

La folie immobilière s’était emparée de Phnom Penh il y a une décennie avec l’étape suivante de la spéculation et de la construction de bâtiments d’habitation et de commerce sur ce qu’on appelle « l’île du diamant » et qui est un nouveau quartier de la capitale. Les nombreux architectes cambodgiens ont eu un peu de travail puis plus grand-chose lorsque les Chinois sont arrivés avec les plans tout préparés de leurs maxi-projets.

C’est quand même moche !

Les immeubles résidentiels poussent actuellement comme des champignons sous la houlette de promoteurs chinois invités par le Gouvernement et la Ville de Phnom Penh sans la moindre exigence esthétique, apparemment. Seul hic de cette fièvre immobilière : les nouveaux espaces d’habitations sont réservés à une clientèle aisée et même très aisée.

Or, la clientèle expatriée se fait rare et ne devrait guère progresser après la crise du Covid. Les choix politiques restreignent les envies, d’une part, et les inégalités de développement au sein de la population, d’autre part, peuvent commencer à faire réfléchir…

Enfin, les pauvres n’ont plus qu’à partir à l’extérieur de la Ville.

La clientèle riche est bien sûr nombreuse au Cambodge depuis vingt ans de développement et la nouvelle génération « fils de…  » est souvent scandaleusement dispendieuse et bruyante dans les bars huppés et les lieux de fête, la nuit.

Il suffit aussi de regarder le parc de véhicules de la capitale où les plus grandes marques sont toutes présentes. Il y a trois ans les Rolls Royce étaient en vogue et nombreuses sur le parking du Sofitel . Aujourd’hui, les Ferrari, les plus chères, les plus cliquantes Toyota et les plus belles Mercédes ne se cachent même pas. Elles se montrent quand elles ne passent pas aux feux rouges…

C’est indécent !

Le futur problème est que ces appartements offerts par les Chinois sur le marché cambodgien de l’immobilier excèdent en nombre très largement les couches sociales privilégiées de la capitale, celles qui auraient effectivement les moyens de pouvoir payer ce type de loyers ou d’accession à la propriété.

Ainsi des immeubles sont complètement vides et le projet suivant se construit juste à côté d’eux ! Vue sur le Mékong puisqu’on monte toujours plus haut.

Ainsi, cette croissance économique qui fait que la capitale sourit aujourd’hui de toute sa vitalité et vous salue bien ! ce n’est peut-être qu’une apparence de bonheur annonçant des lendemains plus difficiles.

Au moins pour les Chinois ?

Néanmoins, allez vite visiter Phnom Penh avant qu’il ne soit trop tard : ils sont en train de la défigurer.

JMDF

Au Vietnam regain de vigilance

Le Vietnam qui sortait de la première vague du virus avec gloire du fait d’un peu plus de 400 malades et pas de mort, est à nouveau dans l’inquiètude !

Trois mois sans le moindre Covid 19 à l’horizon puis soudain plusieurs cas dans la ville portuaire de Danang !

Et aujourd’hui le premier mort malgrè toute les précautions prises par le gouvernement pour établir un cordon sanitaire autour de la ville. Le patient de Danang le 416 ième touché pr le coronavirus est décédé mais il a contaminé d’autres personnes. Combien ? Qui sait ?

Le pays est pourtant isolé surtout avec la Chine et le Cambodge depuis trois mois. Frontières fermées avec les voisins, surtout la Chine. Quelques échanges commerciaux avec le Cambodge. Mais DA NANG et ses plages c’est aussi l’ancien port colonial français et il est probable que des bateaux étrangers y accostent.

Les Cambodge est fermé également avec la Thailande et craint d’importer le Covid? D’où sa décision de couper aussi les liens avec la Malaisie et l’Indonésie où la maladie court encore …

Dans la région reste le Cambodge et le Laos sans mort.

JMDF

 

Siem Reap entre maladies et espoirs

Siem Reap va mal.

*

La saison des pluies a commencé depuis deux mois au Cambodge. Les rizières sont en eaux mais aussi les petits cours d’eau chariant des détritus amassés durant la saison chaude, sur les chemins, les mares, les flaques et parfois les rues inondées par une pluie trop violente pour s’évacuer seule par les égouts, bouchés ou inexistants.

La ville souvent heureuse en juillet. En cette année 2020 elle est fébrile. Les pluies tropicales violentes se succèdent confinant les familles pauvres dans des maisons de bois où les maladies hydriques peuvent aisément se répandre sur des enfants mal nutrits.

D’ordinaire, c’est la haute saison touristique et toute la famille est dehors entre les emplois des jeunes et les solutions précaires des petits vendeurs ou des motos-taxis. Parfois le moto fait les trois huit. Elle sert le matin au père et l’après-midi au fils cadet. Le soir, accrochée parfois à une remorque, c’est le fils ainé qui fera la nuit jusqu’après la fermeture des bars. La mère qui aura vendu ses légumes au marché dès l’aube, les pieds dans la gadoue, laissera sa fille sortir le poisson séché et l’assiette de riz au retour des travailleurs et se laissera tomber sur la natte, enroulée dans un morceau de tissu pour laisser le vieux moutiquaire pendu aux enfants.

Avec la crise sanitaire tout le monde a perdu son emploi dans la famille. Sauf au marché qui s’est un peu endormi. Il n’y a même plus d’école pour les petits agglutinés à la maison ou dans la mare avec les canards…

Autant de revenus perdus pour les familles khmères. A Siem Reap plus qu’ailleurs parce qu’ici le sourire était de mise il n’y a pas si longtemps puisque chacun participait à la vie d’une famille nombreuse et heureuse. Le futur est devenu plus qu’incertain. L’air est lourd (30°) et chargé d’eau…

La crise sanitaire du Covid 19 se transforme en une crise sociale qui conduit les familles pauvres vers une toute autre crise sanitaire, celle de la malaria et de la dingue, très répandues dans chaque village. Voire du Chiconghunya, puisque personne ne sait tester ici ce virus. Les conditions climatiques sont là. Les moustiques se multiplient. Les ordures et les sacs plastiques jonchent les chemins où les chiens errants ont apparemment aussi des parasites.

Le confinement groupé obligé, sur pilotis, en cette saison est source de maladies. Comment se soigner lorsque le petit dépasse les 39° de température dès le matin. Docteurs et cliniques coûtent autant qu’un salaire qu’ils n’ont plus. Comment acheter des médicaments ? – En se passant de nourriture ? Au Cambodge les aides sociales sont très faibles et rares. Les ONG ne sont plus là ou n’ont plus de moyens. Dans ce pays fermé, les expatriés pas du tout rassurés par la qualité des soins et de l’équipement sanitaire, se sentent un peu coincés, désemparés, et trépignent de pouvoir partir.

Les pauvres sont laissés à leur sort. Et le Cambodgien est « acceptant ». Lorsque la famille est déjà endettée, du fait de l’achat d’une moto à crédit, ou d’un smartphone par exemple, la situation devient critique. Vendre ses biens est le plus grand risque pour des gens peu éduqués ou peu réfléchis. Ensuite, c’est le répit le temps de régler les problèmes. On dépense, puis … plus rien !

Au Cambodge, la protection des plus démunis n’existe pas. Ils n’intéressent que la microfinance qui confisque les papiers de la maison !

Le seuil de pauvreté, lui, existe bien et  c’est aujourd’hui plus de 50% des habitants de Siem Reap qui sont largement en dessous…

Mauvaise saison, mousson puis moisson. Mousson qui renforcera encore les inégalités jusqu’à novembre.

JMDF

Nouveau tourisme en Extrêm’Orient

Le tourisme souffre de la crise sanitaire mondiale, terriblement dans les pays de l’ASEAN qui vivaient principalement de cette industrie du voyage et de la découverte des cultures et lieux culturels. Depuis des années un développement constant porteur de croissance et de création d’emplois de toutes sortes.

En Thaïlande par exemple. Tout s’est arrêté brutalement au mois de mars 2020. L’immobilisme est devenue la règle sinon le confinement, de Bangkok à Chiang Mai et à Phuket. Encore là cinq mois après la fermeture des frontières. Cependant la question de la réouverture aux étrangers pourrait passer par une statégie différente dans les prochains mois. Un autre tourisme est recherché. Rien ne devrait plus être comme avant si le pays décidait de réouvrir ses frontières.

Le pays du sourire est mal en point. Le sens de l’accueil était la seule matière vraiment enseignée dans les écoles dès le primaire, en dehors de la propreté du corps, du respect des profs, de l’hymne national et des institutions et le respect suprême voire de la servitude divine accordée au Roi tout là-haut. Les yeux s’ouvrent. La chute est lourde.

Elle permet toutefois aux Siamois de réfléchir actuellement à leur destin. Ils ne veulent plus d’un pays basé uniquement sur le déferlement jour et nuit de touristes de tout accabit, des hôtels de luxe et des plages bondées de corps dénudés. L’image de la prostitution est ravageuse et il faut qu’elle cesse. Tant pis pour les millions d’emplois qui sont actuellement perdus… Stop à l’invasion !

D’ailleurs un récent sondage révèle qu’ils sont 60% (!) à ne pas aimer les « farangs » et leur style de vie… Ceux qui connaissent bien le pays pouvaient s’en douter car le tourisme dans ce pays est un façade adaptée à une terre luxuriante et nourricière d’une nation charmante. Le sourire cachait et cache encore de multiples souffrances. Si fort qu’on tombe toujours sous le questionnement puis le charme du peuple.

L’avenir est proche et ne sera plus jamais le même que ce passé récent. Plus jamais. D’ailleurs un souffle de révolte vers la démocratie brimée depuis des décennies, pourrait à nouveau secouer le pays pourtant contrôlé par les mains fermes et le pouvoir sans faille des militaires.

Au Cambodge, aussi terriblement touché par l’arrêt du tourisme, une commission interministérielle regroupant le Ministre du Tourisme, celui de l’Environnement et celui de la Culture et des Beaux-Arts, est en train d’établir un « Plan 2020-2035 » (un peu loin !) pour envisager différentes stratégies  où la nature serait un pendant aux sites archéologiques, piliers culturels des visiteurs de Siem Reap.

Le peuple Khmer aspire de tous ses voeux à la réouverture des voies aériennes et au retour des touristes significatif pour eux de retour à l’activité commerciale et à l’emploi. Le Covid 19 bloque encore et la prudence est de mise mais l’impatience est latente.

Changer les concepts ? L’élément nature arrive à point alors que celle-ci commençait à être défigurée, comme la Thailande il y a cinquante ans. Mieux il est possible que le Royaume renonce au tourisme de masse afin de privilégier un « tourisme choisi ». Est-ce possible ? Certains « grands » renonceraient-ils à la manne qui tombent des tiroirs caisses, des agences, des transports, des hôtels et magasins de luxe ?

– Sans doute pas, puisque l’argument qui sera utilisé en filigrane c’est : Venez, ici pas de corona et pas un seul mort du Covid ! Pour les Palaces actuellement vides possédés par ces grands dirigeants du pays et du gouvernement, ce serait, ce sera, c’est, une question de nouvelle vie ou de disparition. Alors, la nature …

C’est probablement le Vietnam dans la zone extrêmorientale qui semble le plus serein même si le pays est également touché par la crise sanitaire et la crise économique et sociale liée à l’absence de voyageurs. Seuls les Chinois bougent encore dans la région. Poursuivis par les tests Covid…

Bien organisé, solidaire, c’est sans doute le Vietnam qui devrait se relever le premier et tenter en 2021 une campagne de communication et de séduction envers les Occidentaux. Le pays n’avait atteint que la moitié de ses objectifs de développement touristique. L’autre moitié pourrait démarrer en 2022 avec un horizon 2024 !

JMDF

TAÏWAN sort le minibus autonome

Le premier minibus électrique, sans chauffeur, de fabrication taiwanaise a commencé à être testé, le 15 juillet 2020, dans le district de Changhua, dans la région centrale de Taiwan.

Baptisé Winbus, il représente une étape importante dans les efforts entrepris par le gouvernement pour soutenir le secteur des transports dits « intelligents » sur l’île de Taiwan.

Le véhicule a été conçu et produit par le Centre de Transports en commun, et 90% de ses systèmes de contrôle, composants et pièces détachées ont eux aussi été conçus et  développés à Taiwan.

Winbus peut transporter 15 passagers et rouler à une vitesse maximale de 50 km/h, avec une autonomie de 70 km. Il est prévu pour les touristes et devrait être programmé pour s’arrêter devant les sites touristiques et culturels sur la côte du district de Changhua, sur une zone de 5 à 12 kilomètres, notamment pour arrêt au Temple de Mazu de Lugang…

Le tourisme local  profitera aussi de l’expérimentation de Winbus alors que les étrangers vont commencer à revenir dans un pays sans malade du Covid 19 depuis trois mois.

Quant à l’entreprise française NAVYA actuellement en pointe pour la création de véhicules autonomes électrique, sans écarter le leader américain TESLA, elle est prévenue, le taïwanais sont là !

*

JMDF

Le cirque s’est tu au Cambodge !

A Siem Reap, le petite ville capitale des fabuleux temples d’Angkor, les touristes affluaient en haute saison l’été 2019.

En effet que faire en dehors de la visite éreintante des sites archéologiques ? Que faire sinon passer des temples aux tuk-tuks et aux nombreux bars s’agitant dans la nuit cambodgienne ? Il y a même une rue des bars : Pub’s Street !

Le cirque Phare de Siem Reap était une réponse agréable et dans le fond hautement culturelle : au fil des ans une attraction très reconnue qui faisait exception dans l’ambiance des soirées de Siem Reap et prenait de l’ampleur d’année en année.

En effet, l’organisation « Phare Ponleu Selpak », basée dans la ville de Battambang (Patrimoine Humain des Arts pour les Réfugiés et leurs Enfants (P.H.A.R.E), à 70 kilomètres de là, avait depuis 15 ans appris à de jeunes Cambodgiens, entre autres activités artistiques, à raconter par des représentations théâtrales de cirque leur vie quotidienne animée par la traditionnelle musique khmère. De l’Art à l’état brut. Un regard sur le Khmer. Un vrai succès.

Un chapiteau planté non loin de la ville, sur ce qui devient peu à peu un boulevard périphérique qui permet à une quinzaine d’acteurs entre danse, scènettes et haute voltige de faire vibrer les spectateurs de plus en plus nombreux autour de la piste aux étoiles. Des spectateurs par centaines éblouis et enchantés par une soirée complètement dépaysante et si riche.

Les Cambodgiens savent jouer de leur corps, souvent bien moulés, et souvent mieux dessinés que d’autres ethnies asiatiques, et les exercices de cirque permettent subtilement cette expression corporelle visuelle et porteuse de plein de significants  au delà du simple exploit sportif parfois époustouflant.

Un spectacle cambodgien vibre et fait vibrer, sinon au moins il vous touche et il émeut. A fleur de peaux.

Dans la lumière de Phare, une sorte de communauté artistique née avec le sens de l’effort, la créativité, la musique et le design au profit d’une jeunesse qui valorise l’acquis en rêvant d’ailleurs. La perfection khmère loin des Rouges. Les touristes y trouvaient leur compte loin des bars.

Le Covid 19 est passé par là en mars 2020. Aucun touriste. Plus de recettes. La clef sous le chapiteau…

Nous sommes en haute saison en juillet. Le cirque est toujours fermé et les artistes éparpillés.

La musique s’est tue et les baladins ont disparu. Que sont les acteurs devenus ? Un salaire de survie dans l’espoir d’une réouverture en 2020 ? Les chauves-souris chantent sous la toile… Pas même une brise pour secouer le trapèze… Les bancs ont oubliés les applaudissements.

Les intermittents du spectacle tombent dans la misère durable. L’art disparaît dans la jungle. Puissent les Cambodgiens remplacer très vite les étrangers pour remplir la salle et jouir d’un spectacle unique au Cambodge et dans la région.

Décidément, au Cambodge, le clown est toujours triste…

Même le Blanc.

JMDF

La Thaïlande au bord de l’abîme

La Thailande est au bord du gouffre depuis des années. La monnaie, le baht, est maintenu fort, surévalué certainement, pour le bon vouloir des plus hautes autorités du pays qui y ont sans doute interêt. Le peuple est loin des élites. Mais il gronde.

La crise sanitaire a fortement touché le pays (58 décès). Enormément du fait du confinement. Terriblement si l’on s’en tient à l’arrêt total des vols et la mise en redressement judiciaire de la compagnie aérienne publique. Alors que le pays se place comme l’un des pays les plus visités au monde ! Le pays touristique par excellence. Un pays désormais sans aucun touriste !

Si au Cambodge 500 000 personnes ont perdu leur emploi du fait du COVID 19 dans l’économie formelle et informelle, c’est dix fois plus ici. 5 millions de chômeurs qui ne sont pas tous aidés par le gouvernement dirigé par des militaires. Les agences de voyage ont disparu. Les magasins ferment.

La récession est là. La misére guette. Le Ministre des Finances vient de démissionner. Des changements brusques à la tête de l’équipe économique thaïlandaise risquent de miner davantage l’économie alors que des étudiants commencent à bouger. Une manifestation spontanée vient de se dérouler autour du Monument de la Démocratie à Bangkok.

La Thailande s’enfonce. Dur. La crise va s’accentuer dans les deux mois de juillet et août 2020 qui deviennent habituellement « hot season » pour l’activité. Les faillites vont s’accélérer… Les ferments de la révolte sont là…

Va-t’on vers une révolution ? !

JMDF

 

 

 

le gouvernement entend atténuer les dommages causés par les mesures drastiques qu’il a imposées pour contenir l’épidémie de coronavirus qui a tué 58 personnes en six mois, en injectant des milliards de bahts en mesures de relance et d’aide.

L’éducation cambodgienne en faillite

Comment est-ce possible ?

Il y a 25 ans, lorsque les Nations-Unies sont venues rendre la paix et rétablir les chances de développement économique au Cambodge qui sortait de trente ans de conflits, l’espoir reposait sur une nouvelle génération de Cambodgiens. Chaque observateur pensait : il faudra changer le pays avec de nouveaux Cambodgiens. Le baby-boom a fonctionné et dix milions d’enfants sont nés.

Une génération c’est vingt ans. Ils sont passés ! Trépassés. Aujourd’hui toutes les écoles et les universités publiques et privées sont fermées. Certes pour des raisons sanitaires (dans un pays sans virus), mais … Où sont passées ces deux décennies de création de l’espoir ?

– Dans le mur.

Les jeunes ont appris le respect de la tradition dans des familles non éclairées. Puis ils ont été poussés à accéder à d’autres langues que le khmer : l’anglais, le coréen, le chinois… Les filles ont appris à respecter leur mère et les garçons à faire de l’argent pour payer les profs et les diplômes. Grands, ils ont appris aussi à tendre la main à chaque difficulté parce que des ONG faisait le travail gouvernemental et que l’éducation informelle paliait les carences du système étatique. Ils ont appris que la bière ne coûtait pas beaucoup plus cher que le thè. Ils ont vu l’argent couler à flot au-dessus d’eux et la corruption du quotidien le seul moyen de s’en sortir.

Ils ont appris à se taire. Et parfois à se terrer.

La tradition s’est transmise toute seule sur le terreau du nationalisme. Avec toutes ses horreurs et ses erreurs. Le respect des dirigeants et de toute forme de pouvoir local, le culte béat de la famille royale, la foi dans l’enseignement du Bouddha bienveillant qui encourage à souffrir en silence, l’acceptation de la corruption à tous les niveaux, à commencer par soi-même, et la peur physique du retour des esprits et des fantômes… Le code familial a gagné. La mentalité n’a guère évolué. La stupidité du petit peuple et même des classes moyennes naissantes court les rues autant que les Roll Royce … au point que l’enseignement apparait superfétatoire ?

Apprendre à se servir d’un téléphone portable est plus important que de comprendre qu’un sac en plastique ne se dégrade pas. Mais qu’avez-vous donc fait de cette génération ? Les possèdants coupent les arbres, saccagent la nature, creusent la terre du voisin pour en mettre plus sur la-leur. Les puissants coupent la forêt primaire pour planter des dollars avec l’aide de forçats, pas assez ouverts pour s’expatrier.

Ajoutons que les riches, toujours plus riches dans un royaume où les banques recyclent à qui mieux mieux, ont cassé les vieilles pagodes pour offrir leurs dons en espèces venues d’ailleurs, en dollars ou en or, pour des bâtiments tout neufs au milieu des quartiers pauvres. Et chacun se tait.

Avec les remerciements des religieux pas plus éclairés que les autres et plus dociles qu’il y a vingt ans.

Sans le moinde scrupule. Sans le moindre niveau de conscience. On ne touche pas à la religion et aux traditions. On finit par comprendre pourquoi Bouddha était gros ! Gros et riche c’est le rêve de tous les Cambodgiens. Qu’importe de mourir, la vie suivante sera meilleure.

Eventuellement avec une Rolls ou une Ferrari ! Le reste n’a pas d’importance. Le collectif est mort. Chacun pour soi avec le micro-crédit qui apprend à s’endetter.

Le développement économique tous azimuths basé sur la microfinance qui pousse tous les Cambodgiens à emprunter, qui pour un téléphone portable, qui pour une moto, qui pour un lopin de terre pas cher à côté de chez lui, est un progrès à reculons. Accéder à l’argent facile.Pour quoi faire ? Sans Education et ouverture culturelle, pas de salut.

Le rêve de « toujours plus de profit » est un moteur qui s’arrête lorsqu’il n’y a plus de carburant. Fût-il Chinois !

Futile …

Politiquement, y a t’il encore du carburant dans le moteur lorsqu’il n’y a plus vraiment d’opposition pour pousser dans les virages ?

Aujourd’hui, du fait de la crise sanitaire le Cambodge est à l’arrêt. L’Education publique est à l’arrêt. La liberté de la presse aussi. Le convoi khmer s’est arrêté à la station « Education » et tout le monde pleure devant son bol de riz. Sauf les riches. Les écoles et les universités sont à l’arrêt. Certaines en faillite. C’est un scandale. Les jeunes sont-ils dans les rues pour réclamer la réouverture ? Tout le monde s’en fout.

Les Cambodgiens illétrés s’accomodent de tout. Y compris des routes nationales refaites depuis deux ou trois ans et à nouveau défoncées. Les camions des riches sont en file indienne, ou en file chinoise comme on veut … Les tours de Phnom Penh, hérissées de hiéroglyphes, révèlent un chantier fleuve…

Mais le Mékong se remplit de pleurs.

JMDF/07/20