Asie

C’est la fin de la saison des pluies (automne 2015).

La saison touristique commence après de longs mois de disette commerciale. Avant tout dans les campagnes les premières moissons viennent de sonner le tourbillon de la fête !

Quel plaisir, tangible et partagé, de pouvoir observer ces premières récoltes dans des rizières dont certaines ont subi ces dernières jours le coup des vents des derniers orages. Certaines ont perdu 30 % de leur production, épis couchés. On a eu peur. Peur de perdre. Des mois d’efforts. Peur que l’espoir s’efface… C’est dire que la récolte devient une fête. Tenir les épis chargés, les couper, les conduire à la maison, par bottes, ou à la batteuse, est un effort laborieux qui mène au déploiement de la joie. A la fête.

Des réunions improvisées rassemblent les femmes fortes et dures entre elles dans les maisons, entourés de jeunes enfants qui observent et comprennent que la saison a changé. Un repas se prépare. Dans un coin, la lueur d’une vieille bougie révèle le visage de vieillards. Les jeunes hommes alors se rapprochent les uns des autres, sous les pilotis d’abord, puis sur le chemin, à la lisière du village ensuite, et dans une sorte de danse de fête qui chemine. Celui-ci, avec force déclamation, collecte les billets de 100 riels. Certains mettent 200, 300, 400, 500 riels (soit dix centimes d’euro) pour acheter un sac en plastique d’un litre (cinquante centimes !). C’est le vin des rizières. Il excite avant même d’être bu. Après, il délivre. L’alcool de riz coule dans une unique timbale, de bouche à bouche … Initiation au partage et à la communion. C’est l’offrande … Pourquoi n’entend t’on pas les cloches …

Là, leur « sra », leur alcohol » est blanc, trouble, et presque vénéneux. La même joie les pique. Ils deviennent un peu « sringue ». Pas de veine. Le vin de palme, lui, est de source inconnue. Gouleyant. Rassemblés, ils ne craignent rien. Blindés, des insectes bizarres troublent la transparence d’un breuvage qui semble venu des dieux. Du riz corsé, salive de riz. Monte ivresse légère. Elan, si chaud si bon. Est-ce bien une cérémonie ? Les corps jaunes se dévêtissent du peu qui déjà les couvrait. Les visages deviennent orangés. Des épaules saillissent des formes oblongues, lustrées, perlées. Des mangues. Des muscles. On cherche, qui un poison qui sorte du quotidien basique, qui un poisson séché, qui une grenouille dans l’eau de la mare, qui un lézard … ou un crabe des rizières, à mélanger avec une boisson énergisante qui, c’est sûr, ferait d’eux des surhommes… Un cri perce, celui du manque que l’on compense ! Raison de plus de s’esclaffer.

Ils balancent entre le délire et la modestie. Ils s’amusent à rêver de redevenir des enfants. Des enfants adultes. Ils se sentent forts. Et ils ont vaincus les obstacles et les peurs. Ils en rient. Ils se sentent pousser des ailes. Tout leur « sra » permis.

Rien à se mettre sous la dent ? Les hommes sont redevenus des gamins. Ils paillent, les regards sont complices, ils se chahutent sans se toucher… Ils cherchent le manquant. Les sourires se frôlent. L’absent a tord. On le chambre…  Certains courent à gauche vers un autre groupe. Que paillent-ils ?

D’autres appellent à droite… et le soleil se couche lorsque la lune monte. Au clair de lune, ils se lèvent, chauds, vont en dansant vers les rizières. Dans la nuit, ils se rapprochent. Les bras s’enlacent, les épaules si larges deviennent trop étroites pour y associer d’autres bras. On chante, on danse. A moitié nus, ces grappes de corps heureux se lancent dans des chorégraphies qui ne sont que khmères… Les doigts montrent le ciel puis la terre puis le vin puis l’autre. Ils touchent presque du majeur le céleste. Et pourtant ils sont près à se jeter par plaisir et par abandon délicieux dans la boue de la rizière nourricière…

Les images sont hésitantes comme leurs pas un peu saouls, les mains s’activent dans des arabesques qui rappellent les doigts des danseuses qu’on imite… Unis sexe. Tout est symbole, tout est fort, tout est morceaux indescriptibles de joie, venus des temps anciens. Dans la nuit les hommes disparaissent dans une brume avec laquelle ils ne font qu’un. Ils deviennent des baladins, des danseurs. Une bande. Ils bandent et leurs kramas l’atteste, alors ils vont encore plus loin, finissent un jérican d’alcool à la recherche du suivant. Au Cambodge, on ne s’arrête pas, on va au bout de la nuit, sauf pour l’amour… au goutte à goutte.

Danses villageoises, danses de rizières, les hommes entre eux, qui baignent dans une même connivence. Leurs mains et leur imaginaire cherchent des femmes, ils cherchent à atteindre les nuages. Ils le crient. Ils en rient. Leur gesticulation est, comme toutes les danses, à caractère sexuel, mais cela reste des enfantillages. Ils sont entre eux. Tout est de bon aloi. Simple. Un peu sauvage. Comme il faut.

La queue basse, l’ivrogne heureux va rentrer dans sa cahute, s’arrêter dormir sur un hamac entre deux pilotis, par peur mais sans honte du repos du guerrier. Il se balancera alors longtemps dans des rêves de richesse, nés dans le doré d’une rizière qu’il vient justement de déflorer. L’or, ce soir dort. Ou bien, il osera franchir l’escalier branlant pour rejoindre sa belle et faire alors trembler en de longues minutes interminablement silencieuses quatre pilotis… qui, eux, n’attendront qu’un long berceau…

De fantômes ?

Pilote, pilotis. Berce, berceau. Riz-hier, riz-de-mains.

Le chien aboiera au prochain éclair de lune. Puis la nuit du silence… Silence… Toi, et moi sont, demains.

 

Pongal

Lettre à mon lecteur Michel, de Pondichéry

 

Il parait que l’Inde termine en ce moment les cérémonies de « PONGAL » ?

C’est, je crois, une fête Tamoule qui marque la fin des moissons et le début d’un calendrier traditionnel. En fait, c’est une cérémonie de passage entre deux saisons, n’est-ce pas ?

Comme les fêtes de fin de moissons sont plus rarement organisées en Extrême Orient mais s’expriment spontanément par la joie des villageois, il y a sans doute des corrélations culturelles sur la route antique de transmission du bouddhisme de l’Inde vers le grand Est.

Je me souviens que tu m’avais autrefois raconté que le jour du Pongal, dans une fête qui se déroule sur plusieurs jours, selon les provinces indiennes, les gens font bouillir dans un pot traditionnel dès le matin : du riz avec du lait et avec de la mélasse de sucre. L’objectif étant de le faire déborder. Le débordement s’il s’opère serait signe d’opportunités et en quelque sorte de richesse pour les mois à venir… Ensuite, on doit manger cela parmi d’autres multiples desserts de fête…

Pongal, c’est aussi la fête annuelle des buffles et des vaches sacrées ! Les Indiens décorent leurs animaux à cette occasion pour les fêter. Je souhaiterais que tu nous envoies si possible une photo de ta vache bien aimée (à moins que tu sois à la bourre !).

Les bovins ne sont pas consommés en Inde mais vénérés parce qu’ils aident justement l’homme à labourer la terre et à la rendre fertile. Qu’en sera t-il demain puisque la mécanisation avance à grandes pattes, là comme ailleurs ?

 

JMDF

Non mais des fois … !

Sans l’aide de Dieu

Il est difficile d’accepter que la création se soit faite sans créateur. Ce terrifiant infini qu’évoquait Pascal, ces centaines de milliards d’êtres qui se transforment, s’accordent, se déchirent, se reproduisent depuis des millions d’années, cette apparente intelligence qu’on trouve même chez les plus humbles, les plus simples créatures, tout cela demande une explication rassurante. Dieu nous évite le grand vertige. A défaut, dans notre espace relativement rassurant, rien ne se fait sans la main ou la pensée d’hommes qu’on va parfois vénérer comme des Dieux : grands musiciens, écrivains géniaux, peintres inspirés, même l’humble cuisinier participe à la création et au renouvellement de la vie. J’ai choisi de vivre sans la consolation divine qui aide des millions de gens à exister.

Pierre Chaslin

 

Réglage de sous-papes

Le Bouddhisme Théravada (la voie tracée par les Ainés – Petit Véhicule) est la religion officielle du Royaume thaïlandais et le peuple siamois apparaît très croyant et traditionnellement pratiquant.

Les pagodes sont nombreuses à travers toutes les communes du pays (tradition de la méditation dans la forêt)  et certaines sont remarquablement actives, tant pour la formation des bonzes que pour l’organisation de séminaires ou de retraites bouddhistes appréciées par la population qui en a les moyens. Certaines pagodes se sont mêmes spécialisées en faveur de la défense de la nature, d’autres enseignent la méditation et d’autres encore accueillent des malades du sida.

Cependant certaines communautés religieuses se sont peu à peu politisées ces dernières décennies et particulièrement ces dernières années où deux coups d’état militaires sont intervenus dans une vie politique d’un pays coupé en deux camps … et qui ont vu certains bonzes prendre parti publiquement en participant même à des manifestations de rues.

Ainsi la division de la classe politique – et de la société toute entière – entre les Chemises jaunes (Royalistes et Conservateurs) et les Chemises Rouges (Progressistes et Isaan mais Pro-Taksin en exil) peu à peu s’est-elle répercutée sur un bouddhisme vieillissant à l’image de ses dignitaires (les Ainés) dont certains ne parviennent pas à endiguer dans l’organisation une constante impression de décadence morale avec des « affaires » successives d’argent et de mœurs.

Aussi, la junte militaire au pouvoir aurait-elle pu régler la problème de succession du Chef du Bouddhisme Thaï décédé depuis plus de deux ans, en nommant Patriarche Suprême celui qui assure encore l’intérim à 90 ans ? Le faire risquait de diviser durablement le clergé en cette période où les dirigeants voulaient essayer de rassembler les idéalistes et les matérialistes. Comment sortir d’une situation où des pagodes parlent d’argent, de marketing, d’investissement, de communication et s’occupent plus de la société globale que du karma de chacun de ses fidèles ?

Voila pourquoi là aussi rien n’est « réglé ». C’est le statu … quo. Il y a de quoi méditer…

Et l’on n’est peut-être pas près d’entendre : » Habemus Papam » !

JMDF

« Je suis allé partout à la recherche d’un endroit pour méditer sans réaliser que cet endroit était déjà là, dans mon cœur et dans mon esprit. Toute la méditation est juste là, en nous. La naissance, le vieillissement, la maladie et la mort sont juste là. J’ai voyagé partout jusqu’au bout de mes forces et ce n’est que lorsque je me suis arrêté que j’ai trouvé ce que je cherchais – en moi.

Ajarn Chah

Boom automobile cambodgien

Fort logiquement après le « boom » des naissances des années 1990 de retour à la paix au Cambodge, puis le « boom économique » de la dernière décennie, une nouvelle génération de Cambodgiens prend maintenant la route.

Pour beaucoup de jeunes adultes, c’est l’achat d’une moto qui est l’investissement essentiel, alors que les cyclistes de tous âges se multiplient à vue d’œil sur les routes de province et autour des écoles.

Cependant pour la classe moyenne apparue récemment, l’achat d’une voiture devient un rêve assouvi. Les importations de véhicules explosent. Toyota se frotte les mains. Le marché de l’occasion frissonne. Mais pas seulement … Les riches montent aussi en gamme, avec les plus grandes marques qui s’installent sans vergogne sur les plus grands axes (Rolls, Porsche, Audi, …).

La circulation à Phnom Penh devient saturée de voitures aux heures de pointe tant aux entrées de la ville (matin et soir) qu’à la sortie des écoles en plein centre ville… Quand on sait que le boom de la construction de nouveaux immeubles de bureaux et d’habitations ne fait que commencer, et que l’on connait la pénurie d’aires de stationnement dans cette ville construite pour les piétons, on peut s’inquiéter de la circulation dans la capitale les prochaines années.

Ajoutons que le conducteur cambodgien offre un penchant naturel pour l’anarchie… jusqu’à tenter de prendre des files à contre-sens… !

Dans un pays où la circulation est à droite, on trouve chaque jour des voitures et surtout des camions qui n’ont pas le volant à gauche…

Quant aux voies expresses à quatre voies, et la toute nouvelle RN 6, ils roulent en toute tranquillité sur les … voies de gauche de la droite !

Y’a vraiment un problème …

JMDF

Plus de trouble … programmé

 

La situation politique au Cambodge est très particulière, chacun le sait, mais elle est encore en train d’évoluer.

Le parti au pouvoir et l’opposition avaient tenté les deux dernières années une improbable « Culture de Dialogue » qui avait permis aux députés de l’opposition de retourner siéger à l’Assemblée Nationale et aux « ennemis » de se parler. Les paroles et les courbettes, repris sur tous les médias, avaient un temps jeté le trouble dans l’opinion publique plutôt incrédule… Ces gens si différents pouvaient-ils s’entendre ?

Cette tentative de dialogue politique et de rapprochement des opposants (au moins les leaders) a échoué au cours du dernier semestre de 2015. Tout est à refaire et les tensions politiques risquent bien de reprendre dans la perspective des élections législatives qui se dérouleront en 2018.

Cependant l’actuelle préoccupation des deux camps n’est pas là. Ce qui se prépare en ce moment est fort important dans la perspective des Législatives cambodgiennes (stabilité ou alternance ?). Mais ce ne sont pas les Législatives elles-mêmes qui déclenchent l’agitation en coulisses, ce sont les élections municipales (locales) qui vont se dérouler dans un an.

Oui, 2017 sera chaud car l’enjeu est de taille : le Parti du Peuple Cambodgien (PPC) au pouvoir s’appuie depuis toujours sur les campagnes et les chefs de communes sont de son sérail et font partie de sa stratégie. Or, lors des dernières élections, on a vu les campagnes bouger. C’est pourquoi il est important pour un parti bien organisé d’agir au mieux et au plus vite pour renverser la tendance et … essayer de gagner les élections locales.

Les politologues ne sont pas loin de penser que le vainqueur des élections locales de 2017 sera probablement le vainqueur de celles de 2018 pour lesquelles l’action sur le terrain serait primordiale avec les nouveaux chefs de communes.

Même les Royalistes, un peu en eaux troubles ces dernières années, semblent vouloir participer au jeu. Le trouble du Prince.

Après le jeu de dupes, 2016 au Cambodge se prépare un grand jeu d’Echecs.

Croissance Asiate

L’année 2015, économiquement trouble ou inflective pour la Chine, voit les pays de l’ASEAN poursuivre, chacun de son côté, et forcément aussi en mutualisant leurs échanges en vue d’un grand marché, la progression de leur produit intérieur brut avec plus ou moins de succès.

Eclairage sur nos voisins et amis :

Alors qu’au Viet Nam, la croissance devrait atteindre pour l’année écoulée 5,6 %, on sait déjà que la Thailande sera à 2.9 en 2015 et que le Cambodge poursuivant sa progression de manière constante, devrait atteindre au moins 7,4 %, lorsque les statistiques seront publiées.

L’année 2016 devrait maintenir, en principe, à peu près les mêmes disparités. Cependant il est permis de penser que les efforts de la junte militaire permettront sans doute à l’économie thaïe de revenir cette fois à 3 % (5 avant la crise), pendant que son voisin de l’Est s’essoufflera, lui, à … 7 %, avant de probablement baisser un peu plus pendant les années électorales 2017 et surtout 2018 qui pourraient peut-être ralentir les investissements en plein boum depuis dix ans ?

 En 2016, la conjoncture de l’ASEAN devrait rester dans le fond un peu froide, dans l’attente de grands investissements régionaux souvent annoncés mais pas encore financièrement finalisés.

Les trains à grande vitesse Nord-Sud et Ouest-Est changeront tellement de choses par la suite… Plus tard !

what a pity mes sans soeurs !

Chers amis du Blog,

Meilleurs vieux de bonne et heureuse année 2016 à tous mes lecteurs au courant et mes lectrices citées !

Ah ah ah , c’est ma première de l’année… Sorry.

Mon site est resté silencieux quelques semaines, non pas parce que j’avais trop de cartes de vieux à écrire… mais parce que j’avais franchi les frontières pour passer NOËL ailleurs et prendre soin de quelques bons amis…

Or, arrivé dans ce pays que je ne citerai pas – vous comprendrez pourquoi – il me fut impossible d’accéder à mon propre site Jeanmoreldefroissart !!! Moins de chances que vous puisque les stats montrent que vous avez été nombreux à profiter d’un jour libre pour le consulter (fort aimablement, merci !).

Sitôt atterri à Phnom Penh la connexion est revenue, comme par hasard. Eh bien oui, au Cambodge, la censure, puisque c’est de cela qu’il s’agit, n’a pas autant … qu’ailleurs.

Bref, il est clair-voyant qu’au royaume des aveugles les borgnes sont rois ?

Ainsi va la vie, l’écriture et la liberté. Mais, je vous assure que je place la Paix avant tout dans ces vieux vœux qui ont pris un an et une ride, celle de l’interjection.

Au moins, chers amis qui parfois essayaient de lire le second degré, maintenant vous saurez que vous aviez raison et que à l’avenir vous aurez encore plus raison.

JMDF

 

inondé de plastiques

La Ville de Phnom Penh a du mal à maîtriser l’invasion des sacs en plastique, revers d’une consommation sans cesse croissante et de l’apparition d’une classe moyenne qui fréquente désormais les supérettes et les supermarchés…

Tout se vend aussi dans les rues, plus facilement aujourd’hui grâce à de petits sacs en plastique et à des gobelets. Ceci est bien pratique pour une boisson fraîche, un jus de fruit, un dessert à la noix de coco. Les Cambodgiens achètent quotidiennement leurs repas, plats préparés, brochettes, poissons séchés…, chaud ou froid, tout est placé dans un sachet clos par un élastique.

Lors des récentes saisons des pluies, les habitants se sont à nouveau trouvés confrontés à des inondations momentanées de quartiers entiers alors que bien des travaux d’aménagement avaient été réalisés depuis dix ans. Les autorités de la Ville se sont aperçues que les égouts et les canaux d’évacuation étaient chargés de déchets urbains. Il faut récupérer des tonnes de sacs qui bouchent les conduits et freinent l’écoulement vers les réservoirs d’accueil.

L’Unesco au Cambodge, le Ministère de l’Environnement et celui du Tourisme, se mobilisent en ce moment  pour lancer une campagne de sensibilisation au problème. Mais le problème n’est pas traité dans les campagnes où la couleur de certains sites change au bord des routes… aux pieds des collines et dans les mares.

Quand je pense qu’il y a vingt ans certains s’inquiétaient  au marché de l’hygiène et de l’encre des sachets de toutes tailles … fabriqués par de petites mains en papier journal !

La zone Asean va découvrir ses limites

L’A.E.C. ?

Il s’agit de l’Asean Economic Zone (AEC) qui devrait en 2016 rassembler ses dix membres adhérents. Il s’agit d’une première étape d’intégration, économique et géographique, un peu à l’exemple de l’ancienne CEE (Communauté économique européenne), ancêtre de l’UE (Union Européenne).

Cette intégration semble aux regards extérieurs difficile à réussir. Cela prendra vraisemblablement du temps. Mais elle semble aussi dangereuse pour certains états. Un des piliers de cette AEC qui devrait se mettre en place après la Saint-Sylvestre, consiste en la libre circulation des travailleurs. Ceci n’est pas sans risque.

Certains flux migratoires pourraient poser problème tant les observateurs notent des disparités de formation et de compétences, selon les diplômes délivrés dans un pays ou par un autre pays membre.

Puisqu’on est encore loin de l’harmonisation des système éducatifs et loin même encore de l’équivalence des diplômes, chacun campe sur ses positions. Ces derniers mois, un nouveau bachelier cambodgien, Hong, tente de s’inscrire à Bangkok dans une Université d’État qui l’accueille favorablement d’autant plus que son niveau est bon, y compris en langue. Hiatus, son baccalauréat n’est pas automatiquement reconnu par le Ministère de l’Éducation thaïlandais ! On lui propose de repasser un examen ou d’attendre des mois (avec un peu d’argent ?) que son diplôme soit accepté. Alors que la formation pour laquelle il a postulé commencera en janvier 2016 ! Elle commence bien l’AEC !

Qu’adviendra t-il pour les travailleurs bien formés qui traverseront les frontières ? Avec l’attraction de nouveaux salaires ? Qui sera gagnant ? Qui perdants ? La disparité des niveaux de vie dans l’ASEAN est réelle.

Exode de compétence et afflux de travailleurs. Oh la la, on n’a pas fini de faire des bilans d’étapes ou de … revenir à des visas, au cas par cas … !