Plus je range, plus je dérange !
Auteur : jean morel de froissart
14 avril, le nouvel an sera chaud !
C’est le nouvel an régional ce 14 avril 20166 comme tous les ans à la même date, en fait l’an 2560 dans leur calendrier : la Thaïlande fête Songkran, traditionnellement avec des jets d’eau, du plus sympathique au plus violent, le Cambodge fête Chouchnam avec toute une jeunesse dans la rue des grandes villes, armées parfois de pistolets en plastique et de bouteilles de talc. Pas de quoi faire sauter la poudre… Néanmoins, c’est chaud, 40° à l’ombre ! 30° la nuit.
Pas de chance pour le Myanmar qui fête pour la première fois l’an neuf avec un gouvernement d’Union Nationale, cette nuit un important tremblement de terre a secoué le pays hier soir. Pas de nouvelles graves pour l’instant et mes amis sont indemnes.
La secousse de 7 sur Richter a surtout frappé les esprits au Nord-Ouest de la capitale et vers les frontières de l’Inde et même du Bengladesh.
A suivre pour d’autres nouvelles…
A 6.9 magnitude earthquake struck the Asian nation of Myanmar at about 8:25 p.m. Wednesday night (9:55 a.m. EDT), according to the U.S. Geological Survey.
The tremor occurred at a depth of 83.7 miles, the USGS also reported. The epicenter was located 46 miles southeast of Mawlaik and 246 miles north of the capital, Naypyidaw, the USGS added.
Fashion weak en Asie ?
La mode en Extrême-Orient est très diverse et son évolution ne cache pas que de réels balbutiements de changement. Dans tous les domaines, les trames bougent mais les habitudes vestimentaires restent différentes d’un pays à l’autre, chacun courant vers la modernité au fur et à mesure de la montée des classes aisées mais aussi de celle d’une jeunesse avide de se mettre à la mode.
L’ancienneté culturelle et la notion sociale de liberté de choix personnel font que d’un pays à l’autre la mode est bien différente et son impact variable.
En Thaïlande est toujours un peu en avance parmi les dix pays de l’ASEAN, pour ce domaine où cependant on l’accuse de copier. La culture du Palais Royal, et de la Cour, a de tout temps porté son attention vers la France et vers l’Italie, voire la Suisse ou la Grèce antique. Ainsi, l’architecture s’est inspirée au vingtième siècle de quelques villes françaises et de leurs cathédrales. L’une des grandes avenues de Bangkok voulait au début du vingtième siècle ressembler aux Champs-Elysées. Les villas un peu kitsch de style thaï sont le plus souvent à fausses colonnades. Les soirées mondaines sont légions…
L’industrie cinématographique locale s’est inspirée également de la France ou tout au moins a contribué à accentuer l’attention sur le style propre à Paris, capitale de la Mode. Les mannequins thaïs font des photos sur les berges de la Seine pour des magazine assez consultés. Des étudiants vont depuis longtemps fréquenter les écoles de mode de Paris et gravitent autour des grands couturiers. C’est ainsi que les marques locales de prêt-à-porter se sont multipliées depuis vingt ans à Bangkok, aux côtés des confections délocalisées des Dior, Cardin, Laroche, Hechter …, Kenzo, Boss, et Armani, entre autres.
C’est sans doute au Viet Nam que la modernité est la première apparue brutalement à la fin du siècle dernier. Après la révolution du Jeans et de la moto, alors que la Chine connaissait des records de croissance, le rigide Vietnam s’est senti comme soudain libre dans ce domaine un peu capitaliste dans le fond. Toute une nouvelle génération s’est emparée de la mode avec un sens très pratique, pour le quotidien comme pour la fête, tout en conservant parfois les standards traditionnels des suaves tenues vietnamiennes aux couleurs chatoyantes. L’engouement pour les réseaux sociaux fait le reste … Les Vietnamiens sont tous des artistes, on le sait …
En Malaise, ce qui est notable dans ce pays multiculturel, où tout le monde cherche à vivre en harmonie au voisinage des autres, c’est la mode Lampurienne influencée par l’Islam. Peu à peu, imprégnée par les tuniques et les voiles, la création artistique fait son chemin avec bonheur. A tel point qu’on peut penser à terme que des interférences culturelles fashion sont possibles entre les ethnies. Une chasuble conçue pour une femme musulmane ou inspirée par elle, séduit par son design bien d’autres femmes. Où serait le malaise ? La mode pourrait-elle devenir alors en quelques sorte aussi « transgenres » dans des lieux de vente adaptés ou « transreligions » ? On n’en est pas là mais la Malaise et ses contradictions semble en marche inexorable.
En 2011, alors que naissait le Salon des Créateurs au Cambodge, sur une initiative française de l’Agence RéCréation, pour la première fois aussi le pays lançait une semaine de la mode, dans la capitale Phnom Penh. la création artistique renaissante faisait enfin vitrine à Phnom Penh. L’objectif était de mettre en avant les talents locaux et la créativité d’un pays plus souvent considéré pour sa production de vêtements en masse que pour les vêtements qui y sont designés et créés.
Ainsi la griffe d’Eric Raisina, un résident cambodgien d’origine malgache, rivalisait de couleurs et de créativité avec celles de Ambre de KETH Romyda, sortie de la maison parisienne Esmod et revenue au pays de son enfance avec un talent communicatif. Ses créations, éminemment féministes et féminines sont d’une élégance qui a déjà séduit le tout Phnom Penh. Tous les deux ont apporté au Cambodge les matériaux et l’ambition qui lui manquait pour redémarrer. Dix ans de succès déjà !
La relève comporte de nombreuses marque et quelques noms de nouveaux créateurs. Cette génération est emmenée désormais par Sok Chandara, à Phnom Penh. Sa marque « élan » marie une créativité très réfléchie mâtinée d’une culture tournée vers Chanel et les grands couturiers français, avec une élégance liée aux corps des femmes khmères, dans le fond assez différentes pour un designer des autres femmes asiatiques. Une ligne, un design du corps, une apsara longiligne qui fait naître chez Chandara, toujours en recherche de matériaux nouveaux et d’accessoires, un mélange épuré où la broderie vient rehausser la simplicité.
Dans tous ces pays, et notamment à Singapour et ses grands centres commerciaux où l’on retrouve la mixité de la mode dans la péninsule, il semble que la création « fashion » soit plus inspirée et tournée vers les clients locaux (Fashion weak ?). Cependant les visiteurs, et les élégantes, sont invitées à tout essayer ! Et en Asie, rectifier, commander à sa taille, n’est un problème que de 48 heures chez le tailleur !
Inde et Iran, avec des points sur les « i ».
Un Ricard, s’il vous plait !
Mais un Matthieu Ricard !
» Je me souviens d’un matin au Tibet. Assis au bord du lac Manasarovar — le Lac de l’Éternelle Fraîcheur — à 4 300 m d’altitude, j’entendis l’appel de deux canards écarlates. Je les cherchais des yeux à la surface de l’eau, sans parvenir à les localiser. Finalement, je les aperçus dans le lointain, à quelque 300 mètres de moi. Dans le silence presque parfait du lieu, leurs cris avaient voyagé sur l’eau calme et semblaient avoir été émis tout près de moi.
Le ciel, d’un bleu profond et lumineux, se mêlait au miroir du lac. Au sud, à 7 800 m d’altitude, s’élevaient les neiges étincelantes du Gurla Mandatha. Au Nord, on apercevait la pyramide parfaite du Mont Kaïlash, la Montagne de Cristal, l’un des lieux sacrés les plus vénérés d’Asie.
La méditation était aussi bien au dehors qu’au dedans et ne demandait aucun effort. Loin de nous couper du monde, la solitude des montagnes devient un puissant moyen de s’ouvrir aux autres, de prendre conscience de l’interdépendance de toute chose et d’engendrer un amour sans limite envers tous les êtres. «
l’huile de palme de la Malaisie au Cambodge
La déforestation se poursuit en Malaisie pour planter des palmiers. Des palmiers à huile. Après l’Indonésie sacrifiant une partie de ses forêts pendant des années, voici dans les années 2000 la Malaisie qui n’en a pourtant déjà plus beaucoup. Ce changement brutal de milieu naturel dans ces pays est une catastrophe écologique supprimant la biodiversité sur des terres restées vierges.
Les plantations dans les zones tropicales partout dans le monde, et particulièrement en Asie (au Cambodge les plantations d’hévéas se multiplient pour le latex !), sont à l’origine de la destruction irréversible de forêts primaires.
Lorsque ces plantations apparaissent utiles pour l’économie du pays et en particulier pour la création d’emplois, il convient de s’en réjouir mais le plus souvent ce sont des compagnies étrangères multinationales qui investissent, et … sans visages et sans scrupules ! Elles viennent puis elles s’en vont…
Et pourquoi ?
Parce que le palmier est une machine à produire de l’huile en grande quantité. Le palmier permet, par pression à chaud de la pulpe de ses fruits, la production aisée et généreuse d’huile. Cette huile facile à extraire représente le 1/4 des huiles produites dans le monde. L’huile de palme est souvent décriée dans nos pays occidentaux, notamment pour son impact sur la santé (discutable, sauf pour l’obésité !) et surtout son arrivée discrète (de moins en moins) dans nos produits de grande consommation, et notamment la composition des … chocolats !
Le Cambodge est connu pour ses fabuleux palmiers à sucre (Borassus flabelliforme), et ses paysages bucoliques de palmiers villageois ou bordant des rizières. Il y en a même un devant le temple d’Angkor Wat. Plus jolis que les cocotiers, souvent plus élevés, traditionnellement, ces arbres séculaires villageois, qui mettent plus de 20 ans à pousser, servent à faire du vin de palme, à partir des tiges de fleurs et de fruits. Mais aussi de multiples sous-produits de l’arbre nécessaires à la construction de maisons et la fabrication d’ustensiles qui rendent cet arbre précieux.
Or, des plantations de palmiers à huile (son lointain cousin) font maintenant leur apparition au Cambodge ! La tentation d’accéder à l’huile facile attire désormais les investisseurs. Venus du Sud ? Sans doute. Les asiatiques semblent s’approprier cette exploitation intensive de … palmiers.
– Autrefois, l’odeur du vin de palme, aujourd’hui l’odeur du profit, ça coule de source.
JMDF
A kalmion, le crépuscule des Gaulois
Kirghizstan

08.02.2016
L’enseignement du français se meurt dans le village de Khalmion, autrefois réputé pour son excellence. Un reportage exclusif de Novastan.org.
« Allez, on s’arrache ! ». Du haut de son mètre quatre-vingt dix, Serdar annonce le départ, grimpe à bord de sa petite camionnette coréenne et allume le moteur dans un vrombissement. Sur le chemin complètement cabossé, l’engin absorbe les chocs, secouant ses passagers comme des pendules. Depuis deux ans, Serdar fait pousser des vignes : « On m’a dit que les vignes peuvent faire du raisin pendant cinquante ans. Putain ! ». Quand il s’agit de parler la langue de Molière, ce géant de 147 kilos ne se soucie pas des bonnes manières. Assis à côté de lui, Chaïr, professeur de français comme Serdar, a le phrasé plus sage. Quand on lui demande s’il transmettra à son fils son second métier – celui de boucher – sa réponse est sereine, lancée avec un sourire : « naturellement ».
Bienvenue à Khalmion, petite ville de 20 000 habitants dans la région de Batken, au sud-est du Kirghizstan. Séparé par la frontière ouzbèke, l’endroit est connu dans la région pour son grand bazar, ses pêches et ses abricots. L’agriculture demeure l’une des principales activités des habitants qui, comme dans le reste de la vallée de Ferghana, restent très attachés aux traditions. Chez les 5000 Ouzbeks de Khalmion, dont Chaïr et Serdar font partie, les parents ont toujours le dernier mot dans les affaires de mariage. Le cadet, ou le fils unique, doit rester vivre au village. Le père doit construire une maison à son fils. « On vit dans un monde isolé ! », constate Serdar, qui élève également des taureaux.

Les fruits et les traditions ne sont pourtant pas les seules particularités du village. Chaïr et Serdar sont les preuves vivantes qu’une autre chose a longtemps très bien fonctionné à Khalmion : l’étude du français. Pendant plusieurs décennies, l’école secondaire s’était en effet spécialisée dans ce domaine. Entre 1973 et 2012, ses écoliers ont ainsi été primés à 62 reprises aux Olympiades de langue française, dont 18 fois au niveau national. Lors de ce concours hérité du système soviétique, Chaïr a lui même remporté le deuxième prix de français au niveau national. C’était en 1998. Quelques années plus tard, c’est lors de ces mêmes Olympiades que Serdar attire l’attention de l’attachée culturelle de l’Ambassade française à Bichkek.
Ces drôles de Kirghizes qui parlent français
En 2008, cette dernière honore le village de sa visite. Un an plus tard, le professeur de Chaïr et Serdar, Islamedine Azimov, qui avait introduit l’enseignement du français à Khalmion, se voit remettre les Palmes académiques pour l’ensemble de sa carrière. Entre temps, Chaïr et Serdar ont pu visiter la France à l’été 2008. Serdar se rappelle de tous les détails de ces « 52 jours » passés entre Paris, Vichy et les côtes bretonnes. Outre la dégustation de Pommerol et ses ballades parisiennes, il garde un souvenir impérissable des « filles sans maillot de bain sur la plage de St Brieux ».
Le déclin du français
Mais les temps ont changé. « Aujourd’hui, je n’enseigne plus le français », se désole Chaïr. L’anglais a pris le relais. A l’école, la classe de français, ouverte après la visite de l’attachée culturelle en 2008, est toujours là. Sur les murs, les conjugaisons françaises côtoient une carte de la France et une grande image de la Tour Eiffel. Pourtant, le directeur de l’établissement a annoncé que le français cesserait prochainement d’être enseigné aux élèves de première année. Bientôt, Serdar risque donc lui aussi de ne plus pouvoir donner de cours de français. D’autant plus que les moyens manquent : on compte un livre de français pour une classe entière.

Dans le bureau du directeur du musée de l’école, plusieurs photos de la visite diplomatique de 2008 et du voyage en France de Chaïr et Serdar sont précieusement conservées sous une vitrine. On y voit notamment Serdar en train de déguster une huître. Le jeune directeur de l’école, chapka noire et fausses dents en or, est pourtant ferme dans sa résolution de réduire le nombre d’heures de français. Parmi les raisons expliquant sa décision, il évoque l’absence de programme d’études en France offert aux étudiants face au programme Flex proposé par l’Ambassade américaine. Surtout, il regrette l’arrêt, en 2013, des Olympiades en langue française. Or, pendant longtemps, ces dernières avaient assuré le prestige et les subventions de l’école. « Cela doit venir de vous », conclut-il. La veille, Djouma Youldashov, l’ancien directeur de l’école s’adressait lui aussi à la France : « nous n’avons pas besoin d’argent. Nous avons besoin d’attention. De l’attention. Dites leur que nous enseignons le français ici depuis plus de quarante ans ».
Le français meurt au Kirghizstan
C’est que le temps est compté. Le seul élève de l’école à avoir obtenu le premier prix de français aux Olympiades nationales est mort il y a moins d’un an. L’un des chefs du village les plus engagés dans la promotion de la francophonie s’est lui aussi éteint tout récemment. « Il a cassé sa pipe en janvier », note Serdar avec amertume. Même le grand maître de français du village, Islamedine Azimov, autrefois si actif, semble se retirer peu à peu. La possibilité de financer son premier voyage en France, plusieurs fois envisagée par des Français de passage dans le village, n’a jamais abouti. Devenu à présent un Aksakal, un ancien, l’homme à la petite barbe blanche préfère ne pas s’exprimer sur le sujet et déclinera toute invitation.
En attendant des jours meilleurs, Serdar et Chaïr entretiennent comme ils peuvent leur amour de la langue française. Chaïr partage son adresse. Promesse est faite que des livres, ces petits bouts de France, parviendront bientôt au village des Gaulois.
Roman Colas
Rédacteur en chef de Novastan à Bichkek
N.B. : La publication sur mon Blog de cet article est une participation originale à la semaine de la Francophonie. Sachez que dans dix ou vingt ans, nous pourrons écrire la même chose au Cambodge. Aujourd’hui, notre langue est encore parlée avec difficulté par des septuagénaires dans toutes les provinces. Ce sont les derniers Khmers-Gaulois aussi. Nous sommes en voie de perdre la bataille puisque … nous ne nous battons guère … JMDF
Sihanouk-Macaoville
Qui aime vraiment le Cambodge d’aujourd’hui, ne développe pas forcément une grande passion pour la ville portuaire de Kompong Som, maintenant appelée Sihanoukville.
Cette ville a plutôt mauvaise réputation malgré la beauté de ses plages, ses nouveaux hôtels, ses exotiques guest-houses et plusieurs îles enchanteresses. Elle semble au fil des décennies le repère de quelques exclus, de marginaux, de trafiquants de drogue, de délinquants en cavale, d’investisseurs sans scrupules et surtout de « mafiosi » venus de l’étranger et qui peuvent vivre là pour 300 dollars de visas par an.
Les bars et boîtes de nuit y prospèrent comme dans tous les ports. Or, le port de Sihanoukville, seul port en eaux profondes du Cambodge, se développe commercialement à grande vitesse depuis plus de dix ans et la spéculation foncière suit. Ces derniers temps, ce sont des immigrés russes qui ont, semble t’il, créé des incidents à répétition et des règlements de comptes, conduisant le gouvernement à en expulser par dizaines.
Aujourd’hui, une obscure entreprise malaise, forcément en partenariat avec quelques Cambodgiens, vient d’obtenir le feu vert du gouvernement royal pour la construction d’hôtels et de casinos alors que, dans le même temps, le ménage se fait subrepticement : les baraques traditionnelles des plages sont peu à peu repoussées ou détruites sur décision du Gouverneur provincial.
Ce projet d’investissement ambitieux, venu de Malaisie, n’a pour but avoué que … de créer sur le côte cambodgienne « un nouveau Macao » (Macau) de l’Asie du Sud-Est. On le sait, les casinos cambodgiens se développent sur toutes les frontières et l’argent des pays voisins où les casinos sont interdits, arrive déjà à flots. Après le roulette russe, le manchot chinois, l’import de devises, le recyclage de l’argent jaune, les caisses noires ?
Quant aux îles enchanteresses voisines, il est permis de se demander ce qu’elles vont bien pouvoir cacher comme trafic… au delà de perspectives touristiques très prometteuses.
Les jeux sont ouverts … Rien ne va plus !
Une semaine de congé à consommer
Le Nouvel An arrive traditionnellement en avril dans certains pays d’Extrême-Orient. C’est le cas en Thailande (Songkran, que les touristes confondent souvent avec la Fête de l’eau) et au Cambodge (Tchouchnam, où il est de règle de rentrer dans sa famille). Comme pour le nouvel An chinois et Vietnamien (le Têt, date lunaire variable), ce sera trois jours au moins de fête. Et le 14 tombant cette année un jeudi, c’est toute une semaine de congé qui se prépare du 10 au 17 avril 2016, avec des petits ponts et des grands ponts.
La vie va presque connaître une parenthèse et l’économie de ces pays devrait pour le moins tourner au ralenti (les administrations s’arrêtent), sauf dans les transports publics et privés puisque les déplacements de population seront nombreux. Le Cambodge ne remet-il pas en route une ligne de chemin de fer pour cette occasion ? Pour une semaine !
Pour la Thaïlande, c’est tellement vrai que les classes moyennes qui prennent de plus en plus l’avion pour les déplacements intérieurs, commencent même à profiter de cette période pour voyager hors de leur pays, de manière régionale. La tentation est grande de se rendre dans les quatre pays limitrophes pour y faire du tourisme, voire un peu plus loin. Singapour, Manille, Séoul, Bali… La saison hyper-chaude donne des ailes et il est tenter d’aller découvrir le nouveau grand marché ASEAN.
Alors que la croissance thaïlandaise reste en berne, comme le moral de l’opinion publique d’ailleurs, et que la consommation intérieure tarde à progresser, le gouvernement vient de se mettre à réfléchir au moyen de retenir la population tentée par les voyages afin de l’inciter à consommer local et participer ainsi à la relance de la consommation !
Une politique de baisse de taxes est annoncée pour encourager la consommation intérieure… et décourager les sujets de sa Majesté à quitter le pays. Pour une semaine ? Au Cambodge l’Etat offre une prime de 50 000 riels (12,5 $) aux fonctionnaires et aux retraités… !
Ah ! Si les militaires thaïs pouvaient augmenter nettement le prix de l’eau pendant cette semaine et ainsi décourager l’aspersion excessive, et parfois excédante, des touristes et des résidents, ce ne serait pas si mal ! des mesures à court terme, ça a toujours du bon ?
JMDF
Le « low cost » aérien a de l’avenir en Asie
Chacun connaît maintenant dans le monde la compagnie low cost AIR ASIA (concurrente de Malaysia Airlines) dont le succès est grandissant en Asie du Sud-Est du fait de la qualité de ses services et de ses prix très concurrentiels.
D’autres compagnies apparaissent, notamment en Thailande (Nok Air, Thai Lion, Thai Vietjet), avec des fortunes diverses, profitant des difficultés rencontrées ces deux dernières années par l’excellente compagnie Thai Airways. Même à Singapour, où l’on accumule les records du monde, le Low Cost se développe avec Tiger Airways et Jetstar Airline.
C’est en Chine et en Inde que le monde aérien va connaître dans les prochains mois et les prochaines années une explosion, liée à la libéralisation de ces pays et la montée en gamme d’une partie de … la population. Celle qui n’était pas concernée précédemment par les vacances et les vols domestiques ou internationaux va surgir dans les airs. Dans dix ans (2026), tout aura changé et le marché chinois sera le premier au monde devant le marché américain. Le marché indien (Air India longtemps dominante, sera dépassé, par IndiGo, Go air, Spice) et même le marché indonésien (Air Asia, Lion Air), l’ASEAN montrant l’exemple d’ouverture de son marché) ne seront alors pas loin de multiplier les vols et les destinations, probablement dans la décade suivante.
Tout se prépare activement sauf peut-être les standards de sécurité qui seront pourtant un enjeu commercial pour les touristes occidentaux. Il y aura donc de la casse entre les compagnies Low Cost sérieuses et celles qui feront de la concurrence à tous prix et des économies. En attendant, la tentation est grande de prendre de l’avance sur ce « boum » attendu.
Les constructeurs Airbus et Boeing s’en frottent les mains. Mais l’Asie, plutôt favorable à Airbus, se demande si Toulouse sera capable d’augmenter sa production à temps. Puisque dans le même temps, la Chine, se prépare à construire ses propres avions.
Aie, aie, aie, le low-casse…
JMDF

