En train d’y croire… ?

 

Le Cambodge et la Thaïlande accéléreront leur liaison ferroviaire

AKP Phnom Penh, 13 juillet 2016 –

Le Cambodge et la Thaïlande sont tombés d’accord pour accélérer les travaux de connexion de chemin de fer en vue de faciliter les voyages, le transport et les activités commerciales entre les deux pays voisins.

C’est ce qu’on a appris à l’issue d’une récente visite d’inspection faite par le ministre d’Etat Sun Chanthol, ministre cambodgien des Travaux publics et des Transports, et Nuttavudh Photisaro, ambassadeur thaïlandais au Cambodge, au chantier de construction de chemin de fer dans la ville de Poïpet, province de Banteay Meanchey.

Sun Chanthol a affirmé que la partie cambodgienne avait projeté de terminer la portion restante de 6,5 km à la frontière khméro-thaïlandaise en novembre prochain. « Nous prévoyons de la terminer avant la fin de cette année, en octobre ou novembre. »

Le Premier ministre cambodgien, Samdech Akka Moha Sena Padei Techo Hun Sèn, et son homologue thaïlandais Prayuth Chan-o-cha se sont, à la fin de l’année dernière, accordés de relier les lignes de chemin de fer des deux pays vers fin 2016, ce qui fait partie des efforts visant à stimuler le commerce bilatéral à 20 milliards de dollars d’ici 2020.

Sun Chanthol a exprimé son optimisme qu’après que le chemin de fer des deux pays était relié, plus de touristes visiteraient le Cambodge par le train.

Pour la partie thaïlandaise, elle a récemment fini sa ligne de chemin de fer restant dans la province de Sa Kaeo limitrophe de la province cambodgienne de Banteay Meanchey.

Selon les chiffres de l’Ambassade de Thaïlande au Cambodge, les échanges commerciaux bilatéraux entre les deux nations se sont évalués à 5 milliards de dollars américains l’an dernier.

Par Chea Pharith

Source Agence de Presse AKP.

 

La campagne ne commence pas dans les campagnes

 Les campagnes électorales des deux prochaines années au Cambodge ont déjà commencé. En ville.

Officiellement, l’enregistrement des listes électorales ne sera ouvert que dans quelques semaines (au 1er septembre) mais le climat politique actuel est délétère depuis l’assassinat en plein centre de la Capitale Phnom Penh, d’un commentateur politique modéré,Monsieur  KEM Ley, bien apprécié d’une grande partie de la population. Celle-ci comprend bien que les élections communales de 2017 seront un test pour juger de ce que pensent les campagnes cambodgiennes.

Les villes réclament déjà le changement politique ! Mais les campagnes ? – 80% de la population est concernée et traditionnellement attachée à conserver la stabilité et la paix. Le pouvoir le sait.

Gagner les élections communales dans les campagnes, ce serait s’assurer de gagner les élections suivantes : les Législatives de 2018 ! Celles tant attendues par certains car elles décideront du sort de l’actuel gouvernement royal et de son Premier Ministre Hun Sen. Dans tous les cas de figure, les observateurs savent que des changements interviendront. Mais les campagnes en décideront.

Alors que le leader centriste assassiné n’est pas encore dans sa dernière demeure, que les leaders de droite sont acculés et retranchés, que tant d’interrogations naissent sur le climat politique et social, la campagne électorale semble avoir véritablement commencé. Dans l’opinion publique comme dans les médias nationaux et internationaux.

Les organisations et les associations de défense des droits de l’Homme dont certains travailleurs ont été arrêtés, sont inquiètes. Pourquoi donc les observateurs se sentiraient déjà inquiets alors que les jeunes commencent à réclamer leur carte d’identité ?

Sans doute parce que, comme en Thaïlande, les bureaux de vote seront contrôlés par l’armée. Sans doute parce que de semaine en semaine les tensions montent.

 

 

Malaise en Malaisie

Une grosse affaire financière vient d’éclater . Que s’est-il passé réellement ?

Des détournements, des avantages personnels, de la corruption, un déraillement des projets d’investissements ?

Le Premier Ministre qui a créé un fonds d’investissements pour une ambitieuse politique économique dès son arrivée au pouvoir (M. Najibs, successeur de M. Mahatir) est maintenant au milieu de la cible déclenchée il y a quelques jours par les USA, concernant la … disparition d’un milliard de dollars !

L’entourage du PM en serait la cause. Où sont les investissements publics ? – dans des résidences de luxe ?

Rappelons que, dans ce pays-là aussi, certains leaders de l’opposition sont actuellement  … en prison !

Plébiscite dans un mois sous surveillance.

La tension monte légèrement de manière indicible à Bangkok un mois avant les élections du 7 août 2016 pour le référendum (d’adoption ou de refus) du projet de Constitution. Les Thaïlandais semblent avoir peur d’en parler.

La junte au pouvoir veut tout faire pour que son projet (The Charter) soit adopté car ce serait rendre l’an prochain le pouvoir aux civils et aux partis politiques sans que l’Armée ne perde tout droit de regard sur les politiciens. Pour cela toute campagne électorale est actuellement interdite.

Sept étudiants de l’Université de Thammasat ont été arrêtés par la Police le 23 juin pour avoir fait ouvertement campagne sur leur campus contre le projet. Une chaîne de télévision est suspendue ce jour pour un mois.

Des slogans apparaissent chez les jeunes et surtout sur les réseaux sociaux pourtant très surveillés : « Faire campagne est un droit  » !

Pendant ce temps, le gouvernement met en place dans chaque province des Centres de préparation du scrutin, chargés de manager dès maintenant la situation, de façon à ce que tout se passe dans … l’ordre !

Et de préférence sans le moindre commentaire public sur le texte proposé qui ne plait guère aux anciens partis politiques aujourd’hui menacés de … dissolution !

Dans le fond, tout le monde est obligé de rester neutre (même le pouvoir ?).

Et quand même de répondre OUI le 7 août ?

Nouvelle Constitution en Thailande ?

Les militaires au pouvoir à Bangkok depuis 2014 organisent en ce moment un référendum concernant leur propre projet de nouvelle Constitution.

Les Thaïlandais seront appelés à voter pour ou contre le 7 août 2016.

En attendant, il est interdit par la Junte et par le Roi de commenter le projet… de façon à ne pas influencer les électeurs. On sait juste que les trois partis politiques majeurs sont réticents…

Donc, comme eux taisons-nous et ne disons pas qui seront les vainqueurs.

 

 P.S : Ce referendum est un plébiscite, pour ceux qui font la différence !

EXIT le Brexit (fiction)

 

LONDON, the 01/01/2019

My chers concitoyens,

Chers européens,

Le démantèlement du Royaume Uni ne pouvait pas avoir lieu !

Certes, il y eut un « référendum consultatif » il y a un peu plus de deux ans, un certain 23 juin 2016, mais, depuis le 24, bien des choses ont changé. Nous n’avons jamais pu demander l’application de l’article 50 du Traité de Lisbonne et pour cause, juridiquement seul le Parlement pouvait le faire … :

D’abord, il nous a été impossible de trouver un successeur à … Sir D. Cameron. Aucun candidat qui soit élu pour activer l’Article 50. Ainsi, je suis le quatrième, à venir vous expliquer que nous ne pouvons toujours pas, et que nous ne pourrons pas, réaliser effectivement le BREXIT !

Le 15 octobre 2016, notre Parlement a refusé par 271 voix démocratiques REMAIN que le gouvernement de Sa Majesté engage la demande envers la Commission européenne de retrait du Royaume Uni de l’Union Européenne.

Cette situation a obligé notre pays à dissoudre la Chambre parlementaire et à organiser un nouvel appel au Peuple pour désigner de nouveaux représentants. Vous le savez, nous avons revoté l’an dernier pour des élections législatives générales qui ont confirmé par 275 voix que le Parlement britannique ne devait pas mettre en œuvre la sortie de l’Europe puisque ce sont autant de députés « REMAIN » qui ont été élus majoritairement ! Ce vote est, lui, souverain et juridiquement respectable, alors que le référendum au Royaume Uni n’était que … consultatif.

De plus, nous Anglais, ne voulions pas construire une frontière avec l’Écosse qui a voté pour le maintien dans l’UE et négocie avec vous depuis octobre 2016. Quant aux heurts tragiques qui avaient marqué le début de la construction de nouveaux postes de douanes entre l’Irlande du Nord et l’Eire, nous ne voulions pas rallumer une guerre inutile, ni démanteler par petits morceaux le Royaume Uni qui fait la Grande Bretagne.

La seule chose que nous pourrions accepter selon le nouveau Parlement, ce serait un statut spécial de la Ville de Londres, un peu comme Bruxelles, à condition d’y placer le siège de la B.C.E., logiquement à côté de la City.

D’ailleurs, la signature du nouveau Traité de Berlin (du 7 juin 2018) entre en application aujourd’hui même pour les douze membres de la Communauté EUROSCHENGEN avec de nouvelles frontières européennes… et nous, Britanniques, sommes un peu sorry de ne pas en faire partie. Mais ce nouveau Traité créant une nouvelle Europe, vous en conviendrez, annule de fait le Traité de Lisbonne et, par conséquent, annule son Article 50 que nous ne pourrons désormais jamais actionner. Ainsi, nous ne sommes pas sortis de l’UE. Et nous vous remercions infiniment de votre aimable compréhension.

Le nouveau parti politique dominant en Angleterre – YOUTHS FOR HOPE – compte maintenant 10 millions de militants qui réclament de rejoindre l’Europe nouvelle, celle du nouveau Traité de Berlin, et même souhaitent négocier une entrée dans la monnaie européenne qui s’impose maintenant sur les marchés européens, et plus.

Quant à nos frères Écossais, vous le savez, ils avaient accepté de ne pas renouveler leur referendum d’Indépendance à CONDITION QUE le gouvernement britannique que nous ne mettions pas en œuvre la demande effective de BREXIT. Cet accord nous obligeait à la prudence. Maintenant, ils maintiennent leur envie de normaliser leurs relations avec l’Europe. Comme nous.

Pour moi en effet, je vous l’avoue, je souhaiterais maintenant, avec mon gouvernement majoritaire, normaliser nos relations difficiles depuis ce départ manqué. Et même rejoindre la nouvelle Europe de la Défense puisque nous avons dû réduire de moitié notre Budget militaire. La Royal Navy risque de prendre l’eau du fait de l’effondrement de notre économie depuis cette fameuse dégringolade de notre vieille monnaie. Le pound tarde à retrouver son noble cours.

C’est pourquoi nous sommes ravis de nous tourner franchement et sincèrement, comme toujours, vers vous.

Bref, ensemble, chers concitoyens, chers européens, chers Parlementaires de Strasbourg et de Bruxelles, nous serons mieux tous ensemble demain.

Lord BYRON Mc FROISS’ART

Le moteur militaire de la croissance en ASEAN

Depuis vingt ans, plusieurs études –  qui ne font pas toutes l’unanimité – tendent à montrer que les dépenses militaires des États sont un vecteur important de croissance économique. Ceci pourrait être vrai, semble t-il, chez la plupart des membres de l’association ASEAN (l’Anastase, pour les Français).

Un regard sur ces pays asiatiques où le rôle des militaires est important, apparait en effet assez édifiant. Les dépenses militaires, souvent très visibles, ne sont pas les seules à pouvoir être considérée comme un moteur de croissance. Ne serait-ce pas plutôt d’ailleurs le rôle d’acteurs joué par les armées (ou par des militaires ?) dans l’économie de certains pays qui serait le plus déterminant pour répondre aux questions qui se posent ?

Les budgets de la Défense de chaque État ou bien l’action des militaires, hors le cadre naturel de leurs fonctions, dans certains secteurs, notamment tertiaires, conduiraient au développement économique, donc à la croissance ?

En Thaïlande, les militaires sont actuellement au pouvoir. Lorsqu’ils ne le sont pas, ils apparaissent partout dans les rouages du fonctionnement du pays. De nombreux premiers ministres à la tête de gouvernements civils furent dans le passé des officiers militaires de haut rang. L’éducation des jeunes thaïlandais parfois un peu laxiste dans les écoles est souvent « corrigée » par des exercices militaires obligatoires pour les lycéens. L’armée, forte, bien équipée, est respectée, et aussi admirée, comme protectrice de la Royauté. Des manœuvres régulières avec l’Armée américaine assure son efficacité. Deuxième budget militaire de l’ASEAN, sans doute la plus forte armée en nombre et matériels modernes, entrainée. Comment ne pas considérer que les militaires et le Ministère de la Défense demeurent dans ce pays un atout pour la croissance économique.

Ce qui caractérise également le pouvoir militaire en Thaïlande c’est la main mise de l’Armée sur de nombreuses terres, répandues sur l’ensemble du territoire. Elle possède une présence terrienne d’importance. De plus, elle contrôle un parc immobilier très conséquent. Ceci lui permet de jouer un rôle économique dans bien des secteurs du développement. Le régalien en Thaïlande à l’esprit large : les affaires, le business, sont souvent accompagnées d’uniformes ou d’homme qui ne les portent pas. C’est d’ailleurs rassurant, puisque les militaires au pouvoir mettent de l’ordre dans les risques nombreux de corruption.

Au Myanmar, la junte militaire birmane au pouvoir depuis des décennies avait absolument tous les pouvoirs sur le pays et le peuple, y compris sut tout ce qui touchait à l’économie du pays et à ses relations internationales. Si elle vient de rendre aux civils tout ce qu’ils demandaient sur le chemin d’un état plus démocratique, elle s’est bien gardée au sein du gouvernement certaines possibilités de contrôle essentielles, comme le poste de Ministre de la Défense ! Et pour cause, dans ce pays, organisé par des structures militaires depuis longtemps mises en place, et qui restent propriétés de l’Armée, tout passe par les militaires, donc par le Ministère de la Défense.

Le développement économique du pays ne pourra pas se faire sans passer par le Ministère de la Défense. Les terres et les biens sont des enjeux et toutes les activités contrôlées sont aux mains de militaires !

Au Cambodge, c’est un ancien Capitaine KR qui dirige son pays depuis trente ans comme Premier Ministre. Lui-même haut gradé dans l’Armée Nationale (RCAF), ne vient-il pas de confier d’importantes responsabilités à ses deux fils passés en France et aux USA par les plus grandes écoles militaires ? Le Budget de la Défense est en progression constante comme les autres ministères prioritaires. L’Armée cambodgienne a d’ailleurs fait ses preuves il y a peu face aux provocations de l’armée thaïlandaise revendiquant le Temple de Preah Vehear.

L’action du Premier Ministre est toute tournée vers le développement économique de son peuple et de ses provinces, ce qui est un succès permanent pour lui et son gouvernement royal. Néanmoins, les militaires ne sont jamais loin des grands trafics du commerce des matières premières puisque le statut de fonctionnaire ne leur interdit pas de faire du business. On dit même que le trafic du bois se passerait la nuit parfois avec des camions aux plaques éloquentes.

Singapour est un tout petit pays par la taille mais dispose d’une très forte armée, héritière en quelque sorte de la Royal Navy britannique. Premier budget de Défense de l’ASEAN qui n’est pas loin de celui des budgets de pays bien plus importants…  Sa position géographique stratégique fait naturellement de la cité la place forte de l’ASEAN, entre l’océan Pacifique et l’Océan Indien. L’armée fait depuis des décennies régner l’ordre dans un pays qui marche si droit que l’économie semble suivre et ne cesse de progresser dans les domaines les plus modernes. Entourée de pays musulmans, amie avec l’Inde, Israël et l’Égypte, l’armée singapourienne peut apparaître sans doute presque … surdimensionnée. Pays riche, Singapour logiquement a fait de sa Défense un acteur de toute première importance.

La Malaisie, longtemps affiliée à Singapour dans la Fédération malaise, est aujourd’hui un État indépendant et l’un des rares pays de l’ASEAN à ne pas être dirigée directement par des militaires. Elle poursuit cependant depuis des décennies des investissements militaires pour deux raisons : la première est que le pays est géographiquement situé entre deux puissances militaires, au Nord et au Sud, alors que la position de la Malaise en fait un barrage entre les mers à l’Est où les pirates sont nombreux et à l’Ouest où la Chine est en ligne de mire. L’autre raison de ces investissements militaires c’est qu’elle a conscience qu’elle peut avoir à faire face à des conflits interethniques nationaux.

La frontière du Nord est depuis toujours l’objet de tensions (guérilla) avec des Thaïs musulmans revendiquant un Etat autonome.

L’Indonésie est une immense nation. Longtemps dirigé par des dictateurs (régime militaire violent et virile du président Suharto) issus de l’armée ou s’appuyant sur elle, ce pays musulman est forcément difficile à diriger si l’État n’est pas fort pour contrôler et diriger l’ensemble de l’archipel (même problématique pour l’archipel des Philippines).

L’Armée indonésienne n’est en principe plus directement au pouvoir en 2016 mais ses biens, ses propriétés terriennes et ses activités économiques sont considérables et répandues. En fait, l’armée, puissante économiquement, intervient sans cesse dans des processus de développement de ce grand pays. Ainsi, cette composante essentielle de la société peut se révéler un certain moteur de croissance. Voire un vrai moteur.

L’Indonésie a dû affronter la guerre d’Indépendance du Timor qui s’est terminée avec la présence de Casques Bleus en 2012 et la partition de cette île grande comme la Belgique, une partie restant indonésienne et l’autre devenant le possible onzième pays de l’Asean, le Timor Leste, indépendant.

En 2016, le Budget de la Défense indonésienne augmente de huit milliards de dollars.

Le Vietnam est considéré comme la plus grande puissance militaire de la région. Par son Histoire, par son expérience, par les succès qui l’ont mené à l’Indépendance, la pays a été construit autour de son armée et ses chefs militaires, tout autant qu’autour du parti communiste unique au pouvoir depuis 1975. Le peuple est tenu d’une main de fer et les manifestations interdites.

Bien équipée, notamment en lance-missiles, l’armée vietnamienne s’est dotée comprend d’une dizaine de sous-marins russes et coréens. Mieux même, la rivalité légendaire du Vietnam avec son grand voisin chinois qui a conduit pendant plusieurs décennies à des accrochages à leur frontière commune s’est déplacée ces dernières années sur la mer et la marine vietnamienne semble très opérationnelle. Le voisin chinois fait à peine peur. Les uns et les autres montrent leurs muscles ! Les conflits sur la propriété de l’archipel des îles Paracel de la Mer de Chine conduisent à une sorte d’état de guerre froide permanente entre les deux rivaux. La Chine occupe des îles considérées comme vietnamiennes et coulent les bateaux de pêche qui en approchent.

Guerre froide, toujours prête à chauffer…

Avec le Vietnam, la croissance est partout. Sauf peut-être dans la communication qui permettrait de se faire une meilleure idée des acteurs en présence. Quant aux relations avec le Laos, le plus faible budget militaire… les méthodes de grand frère fournisseur d’armes, qu’en penser, sinon que la croissance économique, aussi modeste soit-elle, de ce « petit frère » communiste, ne se fait pas avec les dépenses militaires ?

 Les Philippines, comme l’Indonésie, doivent contrôler un immense territoire, terrestre et maritime. Expérience militaire marquée, lors de la Seconde Guerre mondiale, par la résistance contre l’invasion japonaise. Aussi, l’expérience « durable » du dictateur Marcos qui marque encore le fonctionnement de la puissance militaire, notamment l’Air Force, aujourd’hui un peu vieillissante. Et aussi cet œil bien présent de l’Armée Américaine en mer de Chine et dans le Pacifique. Le pouvoir philippin est également confronté en permanence à une guérilla musulmane accablante depuis près de cinquante ans à Mindanao, d’accord de paix en accord de paix.

Une force maritime et une force terrestre. Un Budget en forte croissance en ce moment (+ 25% de croissance). La tension dans la région ne cesse de monter.Les militaires et l’armement deviennent une priorité. Aux Philippines, ça bouge… Y compris avec un nouveau Président « musclé ».

***

L’influence des dépenses de Défense, dans chaque pays membre de l’ASEAN, révèle surtout un élément fondamental de la croissance économique de chacun de ces pays. Mais ce qui est moins perçu c’est que les militaires deviennent eux-mêmes des acteurs économiques puissants.

Dans l’ASEAN, les armées, agents économiques dans chaque État, sont de véritables moteurs de croissance parce qu’elles sont de riches propriétaires. C’est un domaine de réflexion trop souvent ignoré.

J.

Ce texte photographique est un travail en cours. Il sera modifié dans les prochains jours et semaines et tiendra compte des remarques des lecteurs et de l’actualité. Merci.

Quand l’homme domine le Mékong

Le Mékong était encore à la fin du XXième siècle le plus long fleuve au monde à l’état naturel, n’ayant fait l’objet d’aucun aménagement. C’est fini.

Vingt ans de projets de diversion des eaux du Mékong, de barrages en amont, en barrages de ses affluents, les Chinois (6 barrages réservoirs sont en place) et les Laotiens (barrages sur les affluents) en tête, n’auront pas suffit pour faire ressurgir et dénoncer les conséquences des erreurs de domination du fleuve Mékong par les hommes.

Les Chinois ont commencé parce qu’ils contrôlent les sources. Laotiens, Thaïlandais, Cambodgiens et Vietnamiens ne sont pas en reste avec pas moins de 11 projets sur le Mékong inférieur. Tous ont de bonnes raisons. Ces projets apparaissent égoïstes. Chacun pour soi et éventuellement : achetez donc mon électricité !

La très officielle Commission du Mékong semblant n’avoir ni l’autorité ni les moyens d’imposer aux cinq États de la grande région du fleuve le moindre répit. Comment parler de « bon sens » quand le ralentissement de la descente du fleuve va permettre à l’eau de mer de le remonter dans son delta ?

Les menaces pour la nature, pour la faune, et surtout pour les populations du bassin, sont connues et de plus en plus à craindre. 60 millions d’humains concernés et des milliers d’espèces animales sont déjà menacées. Le transport des sédiments, les migrations de poissons, le déclin hydrologique, l’érosion des rives, l’exploitation des granulats sableux,  rien n’est assez lourd dans la balance des pertes et des profits. Où va t-on ?

Les divers gouvernements entendent bien les recommandations des organisations les plus éminentes ainsi que celles des scientifiques. Cependant, la contrainte de la croissance économique et celle des besoins en énergie sont pour eux plus fortes que tout. Et puisque les petits pays subissent déjà les dommages des actions du plus grand, pourquoi s’arrêteraient-ils ? Le mécanisme de la crise est en marche et ce ne sont pas les Vietnamiens dans le Delta du Mékong qui pourront crier assez fort que leurs rizières deviennent peu à peu des salines afin d’arrêter le processus.

L’homme est un danger pour l’homme et pour la nature. A commencer par les Chinois. Mais vous les Laotiens vous les suivez ? Que faites-vous donc ?

« Les hommes » sont un danger pour l’un des plus mythiques fleuves du monde, et sa population.

 JMDF

La croissance du bien et du mal, des biens et des maux

 

 Les Nations-Unies ont-elles raison d’alerter la communauté internationale sur l’apparence de la croissance économique de certains pays qui se ferait au détriment du développement environnemental ?

  • Oui, sans doute si l’on en juge par les effets trompeurs d’un chiffre de croissance qui ne reflète pas la réalité de tous les secteurs et cache les disparités criantes de certains pays dans le développement des secteurs économiques à la traine, dans l’effort – ou les manques – fait pour l’Éducation et enfin le terrible fossé qui s’élargit entre les riches et les pauvres, sans la moindre compensation sociale. Pas même pour la santé…
  • Oui, peut-être au regard des biens qui se créent, des investissements publics et privés, particulièrement dans l’immobilier flamboyant. Les constructions neuves peuvent être un bien et un mal si elle ne s’insèrent pas dans un plan harmonieux de développement urbain. Dans ce pays, c’est le financement trop facile qui peut amener la surchauffe. Dans un autre, c’est l’absence de gestion prévisionnelle des flux et l’insuffisance de voies d’accès et de places de parking qui à court terme s’avère une aberration.
  • Certainement, dans les pays pauvres de l’ASEAN où les taux de natalité (et de mortalité) restent élevés et où les gouvernements se demandent comment créer rapidement des emplois durables, avec une croissance qui sans doute un jour ne le sera plus. Les sans-éducation sont rejoints par les sans emplois et les sans abris… La croissance cache la misère. Bientôt les sans-espoir…
  • Enfin, oui, la croissance se fait sans respect de l’environnement naturel et de la gestion des ressources ; et sans éducation à la protection de l’environnement. Hormis Singapour, quel pays peut affirmer : Pas chez moi ? Au-delà des crimes industriels contre la planète, il suffit d’observer les sacs plastiques… qui sans cesse alertent le silence pesant ! Partout …

 

Les Cambodgiens au « charbon »

Le projet d’une très grande centrale électrique thermique prend forme à Sihanoukville.

Le Cambodge est sans cesse confronté à un manque criant de Mégawatts et à des achats dispendieux d’électricité à ses trois voisins. Actuellement, le pays ne produit que la moitié de ses besoins ! Et ceux-ci vont se multiplier !

Dans les perspectives diverses, à très long terme,  de doter le Cambodge d’une possibilité d’indépendance énergétique, outre certains barrages controversés, et même un rêve de centrale nucléaire, un projet de puissante centrale électrique traditionnelle est en passe de se réaliser dans la province de Sihanoukville.

Le Ministère de l’Énergie et des Mines annonce que les travaux de création de la centrale thermique prévue pour produire 700 mégawatts sont à moitié terminés dans le plus grand Parc Industriel cambodgien et que la dite centrale sera opérationnelle en 2017.

Tant pis pour l’environnement et la … COP 21. Au Cambodge, on n’a pas de pétrole non plus  ! Il vaut mieux polluer la planète que de freiner le développement d’un pays pauvre ? En 2030, dans le meilleur des cas, seulement 70 % de la population cambodgienne aura enfin accès à l’électricité.

En ce moment, ils brûle les forêts et elles chauffent la soupe au charbon de bois. C’est pas mieux !

JMDF