Quand l’homme domine le Mékong

Le Mékong était encore à la fin du XXième siècle le plus long fleuve au monde à l’état naturel, n’ayant fait l’objet d’aucun aménagement. C’est fini.

Vingt ans de projets de diversion des eaux du Mékong, de barrages en amont, en barrages de ses affluents, les Chinois (6 barrages réservoirs sont en place) et les Laotiens (barrages sur les affluents) en tête, n’auront pas suffit pour faire ressurgir et dénoncer les conséquences des erreurs de domination du fleuve Mékong par les hommes.

Les Chinois ont commencé parce qu’ils contrôlent les sources. Laotiens, Thaïlandais, Cambodgiens et Vietnamiens ne sont pas en reste avec pas moins de 11 projets sur le Mékong inférieur. Tous ont de bonnes raisons. Ces projets apparaissent égoïstes. Chacun pour soi et éventuellement : achetez donc mon électricité !

La très officielle Commission du Mékong semblant n’avoir ni l’autorité ni les moyens d’imposer aux cinq États de la grande région du fleuve le moindre répit. Comment parler de « bon sens » quand le ralentissement de la descente du fleuve va permettre à l’eau de mer de le remonter dans son delta ?

Les menaces pour la nature, pour la faune, et surtout pour les populations du bassin, sont connues et de plus en plus à craindre. 60 millions d’humains concernés et des milliers d’espèces animales sont déjà menacées. Le transport des sédiments, les migrations de poissons, le déclin hydrologique, l’érosion des rives, l’exploitation des granulats sableux,  rien n’est assez lourd dans la balance des pertes et des profits. Où va t-on ?

Les divers gouvernements entendent bien les recommandations des organisations les plus éminentes ainsi que celles des scientifiques. Cependant, la contrainte de la croissance économique et celle des besoins en énergie sont pour eux plus fortes que tout. Et puisque les petits pays subissent déjà les dommages des actions du plus grand, pourquoi s’arrêteraient-ils ? Le mécanisme de la crise est en marche et ce ne sont pas les Vietnamiens dans le Delta du Mékong qui pourront crier assez fort que leurs rizières deviennent peu à peu des salines afin d’arrêter le processus.

L’homme est un danger pour l’homme et pour la nature. A commencer par les Chinois. Mais vous les Laotiens vous les suivez ? Que faites-vous donc ?

« Les hommes » sont un danger pour l’un des plus mythiques fleuves du monde, et sa population.

 JMDF

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