L’Argent qui mine le Cambodge

Il y a un problème d’argent au Cambodge. Non pas celui du métal précieux qui fait l’objet de recherche minière, mais celui des monnaies ;  ces devises étrangères qui transitent dans de multiples affaires sans véritable contrôle, au plus grand bénéfice, il est vrai, du développement à grande vitesse de son économie.

Des dollars, des yuans, des bahts, des dongs, … Peu de riels en ville ou dans les casinos, machines à laver toutes devises.

La notion d’argent « sale » fait rigoler toute l’Asie puisque rien n’est sale ici lorsqu’il s’agit de business… Tous les investisseurs cherchent de l’argent et il y en a dans la région.

Cependant, la multiplication des banques privées, le boum des associations et organisations de microcrédit à travers le territoire, les projets ambitieux de construction, les experts chinois, les réseaux douteux en action, les projets de gratte-ciels, les lotissements nouveaux qui se créent comme des champignons à la périphérie de la Capitale, la demande de la Banque Centrale de renforcer ses fonds propres, ne sont pas sans inquiéter.

Certes, la population croît mais les résidences huppées risquent de rester vides un certain temps… N’y aurait-il pas quand même risque de surchauffe ? Ou une fragilité en cas de dérapage financier régional ?

Et puis l’argent, il y ceux qui en ont, à Phnom Penh, et les placent dans des villas « sans problème » ou des hôtels à moitié vides … et ceux qui n’en ont pas, dans les provinces et dans les campagnes, ce qui rend le pays vulnérable à plus d’un titre.

Le Cambodge maintenant pointé du doigt sur le plan international, comme l’un des pays où l’argent ne sentirait peut-être pas bon, saura t’il maîtriser son développement en évitant de laver de l’argent sale ?.

 

JMDF

Le PM tient à Kuala

Le scandale continue à faire des remous à Kuala Lumpur après les révélations du Département de la Justice américain concernant la sortie en 2015, « l’évasion », de plus de trois milliards de dollars du Fonds d’investissement créé par le Premier Ministre de Malaisie,… à des fins apparemment privées !

Achats de résidences de luxe aux USA (Beverley Hills !) , voitures et œuvres d’art (Monet, Van Gogh !) …

Et 700 millions USD sur un compte privé !

Des manifestations se sont déroulées dans la Capitale malaise depuis quelques jours pour réclamer au moins une démission, sinon une arrestation. La Police veille et le PM Najib tient bon.

Dans l’ASEAN une image apparaîtrait-elle de … cleptocratie ?

Patience en politique

 

La patience en politique n’existe pas. Elle figure bien dans le vocabulaire diplomatique mais pas dans le vocabulaire politique. Le mot ne figure pas dans le moindre discours de Ministre ou de Chef d’Etat, ou pas dans le moindre temps mort d’une réflexion. Parce qu’elle serait la négation de l’action.

Attendre que les choses changent et que la conjoncture évolue n’est pas pensable en politique, sinon comme un aveu de faiblesse ou d’inaction. En fait, la patience s’insère dans des stratégies. Elle les fait naître et elle devient au quotidien un effort pour avancer  de manière calculée dans une stratégie de moyens d’action.

En politique la patience est remplacée par la stratégie à moyen terme. Et parfois elle peut avoir des effets à plus ou moins court terme …

La patience n’est pas visible. Elle se cache. Elle prend des airs d’action sur des pistes tous azimuts. Elle est derrière les mots et la détermination du leader.

Comment renverser une tendance ? Comment changer le cours des choses ? Comment gagner des élections que l’on devrait perdre ? Tout est possible en politique dans un plan méticuleux  de deux ou trois ans qui permet d’agir au quotidien, sur les choses et … les gens.

Ce qui est vrai dans certains pays démocratiques d’Europe est aussi pratiqué dans certains états asiatiques où règne l’absolutisme. Le pouvoir appartient aux calculateurs. Des impatients méthodiques.

JMDF

le « boum »thaïlandais n’est pas celui qu’on attendait

Onze bombes dans cinq provinces du Sud de la péninsule thaïlandaise et voilà qu’on s’interroge… sur le Sud séparatiste !?

Ce qui est clair aux yeux des observateurs c’est que cet événement arrive au lendemain de la victoire du référendum (61% de oui) présenté par la junte au pouvoir depuis deux ans ! Et que cela n’est pas un hasard mais une sorte d’avertissement politique de la part des … perdants. Sans doute plus près des Rouges que des Jaunes. (Au fait, ils ont voté quoi les électeurs du Sud ?)

L’économie thaïlandaise, au ralenti inquiétant ces derniers mois, espérait bien rebondir après cette victoire électorale annonciatrice de stabilité politique sous le contrôle de l’armée. La monnaie locale semblait frétiller positivement. Le retour à des élections législatives signifiait le retour à court terme des investissements étrangers. Et vlan …

On aurait pu penser que les séparatistes du Sud avait décidé de monter dans « la botte » (toutes les bombes dans le Sud !) ou que des réactions brutales allaient survenir de la part des Issan du Nord-Est. Non, ce serait du « sabotage » de ceux qui sont déçus du résultat des élections et veulent monter leur mécontentement aux leaders. Mais alors pourquoi le jour de l’anniversaire de la Reine ?

Cependant, un an après l’attentat terroriste Ouïghour du centre de Bangkok, quatre morts dans les zones touristiques de la péninsule, et des touristes étrangers blessés, ce n’est pas du tout rassurant et le tourisme en berne risque de souffrir encore un peu plus désormais. Les militaires (ou le pouvoir à Bangkok !)  auront-ils le temps de régler tous les problèmes, à commencer par ceux du Sud ?

Décidément …

Malaise politique en Malaisie

 

L’ancien puissant et rigoureux Premier Ministre malaisien Mahamat Mahathir qui fut au pouvoir durant plus de vingt ans tente en ce moment de créer un nouveau parti politique, Le Parti du Peuple Malais, regroupant les Malais Muslims, majoritaires en Malaisie.

Mahathir est pourtant âgé de 90 ans.

Son successeur au poste suprême de Premier Ministre, Najib Razak, est aujourd’hui accusé par la communauté internationale, à commencer par les USA, d’avoir laissé l’évasion de fonds financiers importants se dissoudre… dans son entourage à Kuala Lampur.

On se souvient comment le leader Mahathir, Président du parti United Malays National Organisation (Umno),  avait dans un passé récent créé de toutes pièces des scandales pour ternir et mettre aux arrêts le leader de l’opposition, Anvar Ibrahim (People Justice Party, un parti multiracial). Bref, la Droite nationale et nationaliste au pouvoir, contre la gauche.

Aujourd’hui un troisième homme, Muhyiddin Yassin, proche de Mahathir, semble appelé à jouer un rôle important. Ancien vice Premier Ministre de Mahathir, il était aussi resté vice-Premier Ministre de Najib Razak avant d’être démis de ses fonctions et « viré » du parti UNMO dirigé par l’actuel Premier Ministre !

Yassin en effet dans ce contexte prendrait la Présidence du nouveau parti qui aurait pour objectif de lutter contre la corruption et contre les abus de pouvoir. Autant dire que la guerre politique est déclarée en Malaisie… Et Mahathir fait maintenant… de l’opposition.

Quand on sait que le charismatique leader de l’opposition depuis vingt ans, Anvar Ibrahim, est une nouvelle fois en prison (accusé de sodomie !) et que c’est sa femme qui conduit par intérim leur parti bien ancré dans la population, alors que le Chinese Democratic Action Party rassemble les nombreux Malais d’origine Chinoise, on se demande comment Mahathir pourrait trouver le moyen de sauver la morale politique malaise qu’il a dominée de manière autocratique durant plusieurs décennies. Le pays pour la première fois apparait ainsi divisé.

Oui, la politique va désormais mal. La Malaisie va mal. Elle ira peut-être de mal en pis du fait que le pays est multi-racial et que le statu quo qui conduit au développement économique très positif jusqu’à maintenant pourrait être écorné.

Les voisins du Nord, Thaïlande, Cambodge, Myanmar, … qui connaissent moins de hétérogénéités ethniques que la Malaisie, sont ou ont été, étonnamment confrontés à des situations sinon similaires (leaders en exil ou emprisonnés), …  au moins  à de sérieuses difficultés dues à l’aspiration à la démocratie de leurs peuples.

 

 

Beng Mealea … Angkor oublié ?

 

Le site des temples d’ANGKOR regorge de lieux illustres envahis par les touristes de plus en plus nombreux chaque année au Cambodge. Les groupes de Chinois vous découragent même parfois d’essayer de goûter aux charmes romantiques des douves, des espaces et des perspectives, en traînant au soleil déclinant après la visite … Oui, Angkor perd un peu de son charme quand on ne parvient plus à se parler à soi …

Alors, pourquoi ne pas rester quelques jours de plus dans les vieilles pierres à la découverte des autres temples oubliés ? Aller soi-même dans la jungle … sur les traces des explorateurs et des archéologues français qui ont fait tant de découvertes au siècle dernier et continuent à en faire aujourd’hui…

Il y a un site qui ferait chavirer n’importe quel touriste curieux. Découvert par hasard, il m’a tout simplement envoûté et j’y retourne à chaque importante saison pour le revoir différemment, avec eaux ou sans eaux ! Par tous les temps, ce temple donne des frissons …

Ce site incroyable est un peu éloigné de la ville de Siem Reap. Environ 60-70 km. mais il vaut le déplacement. Entre majesté et surprenant exotisme, au détour d’une route départementale. Il Trône.

C’est le temple de BENG MAELEA-  (XII ième siècle – Jayavarman II).

Un peu isolé sur le chemin de la province de Preah Vihear, il apparaît paisible de prime abord à moins de cent métres de la route et il invite le voyageur à s’en approcher, à s’arrêter. A s’approcher encore, à escalader, à escalaregarder tout autour. A contourner et saisir les passages déjà bien renforcés pour en faciliter l’accès. Vous rentrez, il semble se refermer sur vous. De moins en moins paisible, en fait, car il vous interroge, vous vous arrêtez, vous repartez et vous recherchez vainement les réponses. Ce n’est pas un jeu piste ni un jeu de rôle mais c’est un « je » interrogatif vivant.

Qui vivait là ? Comment ? Ces cours, ces douves, ces tours, ces couloirs, ces pierres, ces veines qui vivent entre les blocs et les écartent. Ces lieux. Ces fosses. Ces moments de silence au coin d’une rambarde qui défie le temps… pour épater la galerie. Ces arbres vous enlacent, qui jouent avec les pierres et aussi vos regards.  Ces lianes qui semblent vous inviter à vous accrocher aux questions ou aux réponses. Des serpents, des crocodiles, des tigres, des éléphants ? On pensait connaître. Non, ils vous parlent, vous expliquent le temps, leur temps, et vous interpellent encore : Ô voyageur, que fais-tu ici ? Pourquoi t’arrêtes-tu ? Et après toi, que devient cette forêt ? Quel est ton temps ? Qui rompra le silence ?

Pensez que cette nuit vous dormirez mal lorsque le naga viendra vous chercher pour remettre toutes les pierres en place. En rêve, tout est plus facile.

Là, maintenant, vous pouvez, avec bien peu de touristes sur ce site, vous isoler, vous asseoir et vous laisser assiéger… par la majesté du lieu, en pleine nature. Prenez le temps. Laissez-vous prendre au-delà du temps.Faites un détour. quitter et revenez. Laissez-vous engloutir par mille raisons.

Dehors, des bruissements, animaux, insectes, flûtes de vent, oiseaux fluets, cris de perruches, nids de paix… Ce temple perdu vous laisse perplexe. Sans le savoir, il vous transforme. Attention, charme et majesté peuvent vous troubler. Paix, harmonie, jungle, nature, chaos, peur, oui, attention à vos sentiments. Non, on ne ressort jamais indemne de Beng Maelea…

J’ai souvent eu envie, là, de crier, le plus fort possible, pour défier le temps, je n’ai jamais osé. Trop peur de l’écho.

 JMDF

Oui ou Non est-ce Jaunes ou Rouges ?

Une partie des Jaunes (les Royalistes ) à Bangkok sont pour le YES au référendum de ce dimanche 7/8/16 mais pas l’un des principaux leaders démocrates !

Une grande partie des campagnes Rouges risquent de ne pas aller voter ou de voter NO contre la Junte militaire qui continue à ostraciser leur ancien leader.

Dans le fond, si la réponse est YES, bravo aux militaires et à leur sens de la communication politique. Sinon, le NO devrait logiquement l’emporter…

Pourquoi ? Parce que des deux côtés, Gauche et Droite, on ne veut plus de la Junte à court terme et qu’avec la nouvelle Charte proposée à l’approbation du peuple, les militaires resteraient en « surveillants généraux » durant cinq ans !

La vraie question néanmoins serait : Et après eux ? Cela se passerait alors comment sans la Junte ?

Les excités redescendraient-ils dans les rues ?

Le « Tigre » deviendra t-il un « Chacal » ?

Depuis plusieurs décades, la Thaïlande est perçue comme un des « Tigres » de l’Asean.

Or ses voisins montrent les crocs ces dernières années. Le surprenant Vietnam communiste rassure plus les investisseurs étrangers que le « bordel » multicolore politique siamois. Encore plus vrai de l’explosif Cambodge qui semble ne craindre personne dans la course à la croissance et se verrait devenir le corridor du développement de l’ASEAN et aimerait sans doute bien d’être qualifié de … dangereux nouveau Tigre !

Et même le nouveau Myanmar birman – qui sait ce qu’est une junte ! – ne se verrait-il pas profiter des hésitations ou des faiblesses de son voisin pour franchir déjà un cap vers le développement économique « à la thaïe » ! D’ailleurs c’est sans doute là que les regards sont les plus curieux envers les attitudes des provinces thaïes et surtout des résultats du référendum en cours ce dimanche 7 Août. Le Tigre est-il blessé ? Que va t-il voter et quelles seront les conséquences d’un vote favorables aux … Militaires ?

Dans la région les peuples semblent tous se méfier des militaires comme des chacals mais finalement ils se mettent plus ou moins sous leur protection, faute d’une démocratie exemplaire que l’ASEAN se cherche encore.

JMDF

Les militaires au pouvoir ne sont pas inquiets

Dans deux jours très exactement – le 07 aout 2016 – le peuple thaïlandais va se prononcer sur le projet de nouvelle Constitution proposé par les dirigeants de la junte actuellement au pouvoir.

Même si l’un des principaux leaders politiques, ancien premier ministre, s’est déclaré clairement opposé au projet de « Charte », et même si l’information circule maintenant dans un silence assez pesant sur ce qu’elle implique, il est probable qu’une issue positive ressorte des résultats de ce référendum… qui engagera sans doute l’ avenir de la Thaïlande pour les prochains mois.

Mais, pour les observateurs, quel que soit le résultats du vote, les problèmes du pays et du peuple, à terme, ne seront pas réglés !

LAO Dynamo

 

Le Laos semble un petit pays d’à peine 7 millions d’habitants entouré de grands états : Chine, Thaïlande, Vietnam.

Cependant un dynamisme nouveau apparait. Le pays émerge en ce moment du fait des investissements étrangers dans le secteur de l’énergie !

C’est, mis à part le Cambodge, le pays de l’ASEAN qui possède la plus forte croissance de son économie, de façon relativement régulière ces dernières années. Son Produit Intérieur Brut par habitant a doublé en l’espace de cinq ans. Notable.

Les infrastructures se développent à grande vitesse, aidés par les bailleurs de fonds internationaux, mais est-ce vraiment suffisant pour expliquer cette belle croissance ?

Certes le tourisme et les services comblent les manques récurrents dans le secteur secondaire mais la richesse nouvelle du Laos … c’est son potentiel hydroélectrique. Et depuis cinq ans justement, ce potentiel est  bien exploité et le pays devient un grand exportateur régional d’électricité. La dynamo hydro-électrique tourne à plein. le Laos concurrence le Vietnam vis-à-vis de son bon client cambodgien et exporte aussi vers la Thaïlande dont les besoins sont grandissants.

Autres richesse, les ressources minières, fortes en devises étrangères.

Mais quel dommage que les structures étatiques du pays ne fassent pas mieux tourner la dynamo et la multiplier. L’économie reste centralisée autour d’un régime communiste à parti unique qui ne peut guère empêcher le pays de posséder quasiment le record mondial de la corruption. Le dynamisme laotien est bridé…

Ce pays sans mer pourrait ressembler à la Suisse mais il laisse volontiers cette place au Cambodge qui a compris qu’il fallait multiplier les banques ! Mais c’est une autre histoire.

Reste que la gouvernance …