Beng Mealea … Angkor oublié ?

 

Le site des temples d’ANGKOR regorge de lieux illustres envahis par les touristes de plus en plus nombreux chaque année au Cambodge. Les groupes de Chinois vous découragent même parfois d’essayer de goûter aux charmes romantiques des douves, des espaces et des perspectives, en traînant au soleil déclinant après la visite … Oui, Angkor perd un peu de son charme quand on ne parvient plus à se parler à soi …

Alors, pourquoi ne pas rester quelques jours de plus dans les vieilles pierres à la découverte des autres temples oubliés ? Aller soi-même dans la jungle … sur les traces des explorateurs et des archéologues français qui ont fait tant de découvertes au siècle dernier et continuent à en faire aujourd’hui…

Il y a un site qui ferait chavirer n’importe quel touriste curieux. Découvert par hasard, il m’a tout simplement envoûté et j’y retourne à chaque importante saison pour le revoir différemment, avec eaux ou sans eaux ! Par tous les temps, ce temple donne des frissons …

Ce site incroyable est un peu éloigné de la ville de Siem Reap. Environ 60-70 km. mais il vaut le déplacement. Entre majesté et surprenant exotisme, au détour d’une route départementale. Il Trône.

C’est le temple de BENG MAELEA-  (XII ième siècle – Jayavarman II).

Un peu isolé sur le chemin de la province de Preah Vihear, il apparaît paisible de prime abord à moins de cent métres de la route et il invite le voyageur à s’en approcher, à s’arrêter. A s’approcher encore, à escalader, à escalaregarder tout autour. A contourner et saisir les passages déjà bien renforcés pour en faciliter l’accès. Vous rentrez, il semble se refermer sur vous. De moins en moins paisible, en fait, car il vous interroge, vous vous arrêtez, vous repartez et vous recherchez vainement les réponses. Ce n’est pas un jeu piste ni un jeu de rôle mais c’est un « je » interrogatif vivant.

Qui vivait là ? Comment ? Ces cours, ces douves, ces tours, ces couloirs, ces pierres, ces veines qui vivent entre les blocs et les écartent. Ces lieux. Ces fosses. Ces moments de silence au coin d’une rambarde qui défie le temps… pour épater la galerie. Ces arbres vous enlacent, qui jouent avec les pierres et aussi vos regards.  Ces lianes qui semblent vous inviter à vous accrocher aux questions ou aux réponses. Des serpents, des crocodiles, des tigres, des éléphants ? On pensait connaître. Non, ils vous parlent, vous expliquent le temps, leur temps, et vous interpellent encore : Ô voyageur, que fais-tu ici ? Pourquoi t’arrêtes-tu ? Et après toi, que devient cette forêt ? Quel est ton temps ? Qui rompra le silence ?

Pensez que cette nuit vous dormirez mal lorsque le naga viendra vous chercher pour remettre toutes les pierres en place. En rêve, tout est plus facile.

Là, maintenant, vous pouvez, avec bien peu de touristes sur ce site, vous isoler, vous asseoir et vous laisser assiéger… par la majesté du lieu, en pleine nature. Prenez le temps. Laissez-vous prendre au-delà du temps.Faites un détour. quitter et revenez. Laissez-vous engloutir par mille raisons.

Dehors, des bruissements, animaux, insectes, flûtes de vent, oiseaux fluets, cris de perruches, nids de paix… Ce temple perdu vous laisse perplexe. Sans le savoir, il vous transforme. Attention, charme et majesté peuvent vous troubler. Paix, harmonie, jungle, nature, chaos, peur, oui, attention à vos sentiments. Non, on ne ressort jamais indemne de Beng Maelea…

J’ai souvent eu envie, là, de crier, le plus fort possible, pour défier le temps, je n’ai jamais osé. Trop peur de l’écho.

 JMDF

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