Strong time for a Strong man to-day in Cambodia

EXTRAITS du journal anglophone « Bangkok Post » de ce dimanche 4 juin 2017

 

PHNOM PENH — Cambodians voted in local elections Sunday that could shake longtime ruler Hun Sen’s grip on power.

Prime Minister Hun Sen has repeatedly warned of civil war if his Cambodian People’s Party loses the majority in city and village councils to the main opposition party that made major gains in the last general elections four years ago and claimed it was cheated out of outright victory. The polls could have a major impact on Cambodia’s political landscape ahead of 2018 national elections.

Hun Sen and his wife were among the early voters Sunday. His government has been accused of using violence against opponents, but in recent years has stalked its foes mostly in courts.

On Friday, Hun Sen appealed to political parties to accept the outcome rather than make accusations of irregularities, saying courts can dissolve any party if it challenges the result of the vote.

Hun Sen and some of his top ministers have frequently used strong rhetoric leading up to the vote, warning of dire consequences should the opposition win, in what has been seen as an attempt to intimidate voters into supporting him.

The ruling party could take some credit for bringing modest economic growth and stability in a country devastated by the communist Khmer Rouge’s regime in the 1970s. Hun Sen left the movement that was responsible for the deaths of some 1.7 million people from starvation, disease and executions before it was toppled in 1979.

This week, Amnesty International accused Cambodia’s government of using its grip on the judiciary system to intimidate human rights defenders and political activists. It said in a report that since the 2013 general election, Hun Sen’s government has used the courts as a tool to imprison at least 27 prominent opposition officials, human rights defenders and land activists, as well as hundreds of others facing legal cases.

Also early this month, the State Department said the US was urging Cambodia’s government to “guarantee a political space free from threats or intimidation » and respect freedom of expression for all its citizens.

In the last communal elections in 2012, Hun Sen’s party received 60% of the vote compared to the Cambodia National Rescue Party’s 30.6%.

 

 

La fin du plein emploi découvert par hasard par des Thaïlandais !

Extraits d’un article d’Arnaud DUBUS à Bangkok

Début 2017, CNN a désigné la capitale thaïlandaise ville avec la meilleure « street-food » de la planète (devant Tokyo et Honolulu !). Dans le même temps, le gouvernement de la Junte militaire au pouvoir a décidé d’interdire la liberté de vente de nourriture sur les trottoirs de tout le Royaume par souci de fluidité et d’hygiène. La colère gronde à tous les coins de rues, ceux où d’un côté il y a un boulevard où on n’a pas le droit de penser et de l’autre côté une ruelle où pas le droit de parler.
En effet, il n’y a actuellement quasiment pas de chômage en Thaïlande car les plus démunis peuvent toujours vendre des crêpes, des marrons chauds, des boissons fraîches, des soupes « maison », des fruits ou … des fripes. Ceci est tellement ancré dans les habitudes depuis cinq décennies que la restauration gastronomique thaïe est en quelque sorte descendue dans les rues au plus grand plaisir des locaux comme des touristes.
Aller visiter ce pays sans manger au moins une fois en-dehors des restaurants, c’est passer à côté du mode de vie des indigènes ! Beaucoup de touristes ne mettent d’ailleurs jamais les pieds dans un restaurant.

 » C’est la fin d’après-midi à Yaowaraj, le quartier chinois de Bangkok, et la vente de nourriture sur les trottoirs sous des enseignes éclatantes de néons et d’idéogrammes bat son plein. Des centaines de tables en fer blanc sont alignées et une noria continue de Thaïlandais et de touristes vient déguster poissons grillés et crabes au curry sur des tabourets en plastique, frôlée par les véhicules qui filent sur la chaussée. Si l’on veut voir ce qu’est vraiment la street-food thaïlandaise, il faut venir dans ce quartier, le plus vivant de la mégapole thaïlandaise, avec son bric-à-brac de compartiments chinois et ses vendeurs ambulants « .

«Mode de vie»

Pas étonnant dès lors que beaucoup de clients de la Chinatown thaïlandaise prennent des selfies devant les carrioles des vendeurs de soupes aux nouilles et de mangues au riz gluant. Mais peut-être aussi que certains d’entre eux souhaitent immortaliser ce lieu haut en couleurs dont les jours sont comptés. L’administration de Bangkok a en effet annoncé, mi-avril, que l’ensemble des restaurants de rue de la capitale devront disparaître dans les mois à venir, «y compris dans les quartiers touristiques comme Yaowaraj et Khao San Road».

Effectivement, l’administration métropolitaine de Bangkok a de fait justifié son annonce par la volonté de libérer les trottoirs pour faciliter la circulation des piétons, mais aussi par souci d’hygiène. Aux yeux du gouvernement, cet assemblage d’échoppes ambulantes, grouillantes d’activités, fait désordre…

Nettoyage

La campagne contre la cuisine de rue a débuté en mars, lorsque Bangkok a interdit les restaurants ambulants dans plusieurs quartiers de la rue Sukhumvit, laquelle s’étend sur des dizaines de kilomètres dans la partie est de la ville. En quelques semaines, le quartier de Thonglor, paradis de la cuisine ambulante durant des décennies, a été transfiguré. Calot sur la tête, fumant une cigarette sur un banc à l’embouchure d’une ruelle, Nikom Wiwat ne cache pas son dépit : «Cela fait quarante ans que je vends ici du poulet cuit à la mode de Hainan et le gouverneur de Bangkok nous demande d’arrêter du jour au lendemain. Notre ruelle est réputée dans toute la Thaïlande, mais les clients vont devoir aller se nourrir ailleurs.» Nikom est, pour l’instant, parvenu à conserver son échoppe sur le trottoir, mais l’artère principale, à quelques mètres de là, a été purgée de tous ses restaurants ambulants. Début mars, ce quartier était envahi d’échoppes proposant aux passants l’étonnante diversité de la nourriture thaïlandaise, des salades épicées du Nord-Est aux soupes au curry de poisson en passant par la vaste gamme des entremets et des desserts aux fruits.

La volonté des fonctionnaires qui administrent la capitale d’aseptiser la ville ne se limite pas à la nourriture et plusieurs marchés de vêtements – comme celui de Bo Bae non loin de la gare ferroviaire centrale – ont été fermés peu après le coup d’Etat de mai 2014. Les généraux qui se sont emparés du pouvoir semblent ne jurer que par l’ordre, la propreté et la sécurité. Et Aswin Kwanmuang, le général de police que les militaires ont nommé gouverneur de la capitale – évinçant le gouverneur civil élu – suit la cadence. A la fin du mois dernier, une communauté qui vivait depuis plusieurs générations à l’intérieur des murailles d’un antique fortin de la ville a été expulsée manu militari et ses maisons détruites. Un célèbre marché aux fleurs sur le bord du fleuve Chao Phraya a aussi dû plier bagages.

Supérettes

Les modes de vie ont toutefois progressivement évolué dans la capitale ces quinze dernières années. Les épiceries, aussi charmantes que désordonnées tenues par les «Chinois du coin», ont laissé place à des supérettes franchisées par de grandes marques internationales. Des complexes commerciaux ont fleuri par dizaines avec leurs food courts, qui proposent une version « indoor » et plus aseptisée de la nourriture de rue.

Mais justement certains voient dans la campagne gouvernementale contre la street-food une certaine injustice. L’interdiction des restaurants ambulants augmentera les profits des quelques grandes familles qui contrôlent les complexes commerciaux de Bangkok, où se trouvent les food courts, et fera perdre leurs emplois à des milliers de Thaïlandais « .

Il est certain que les petites gens seront les grands perdants de cette politique et que tous, ces dames, ces vieux, ces jeunes, si charmants, qui font de la cuisine avec amour le long des trottoirs et répondent aux besoins de ceux qui ne cuisinent plus chez eux… vont venir grossir les statistiques du chômage. Le pays qui était le mieux placé dans le monde pour ce chiffre du plein emploi devrait donc devenir peu à peu l’un des moins bons de la région.

Comment est-ce possible ?

Quand le monde entier sera t-il dirigé par le bon sens ?

Vivement l’an prochain ici que le retour à des élections législatives thaïlandaises disparues (espérons-les !) remettent enfin une grande quantité de civils en accord avec la société tout entière ! Bangkok, déjà échaudée par le réchauffement climatique, réclame un vrai ballon d’oxygène.

Ces pays de l’ASEAN qui n’aiment pas l’opposition

En Malaisie, un leader de l’opposition est en prison et un autre au pouvoir poursuivi par la justice.

En Thaïlande, les partis de droite comme de gauche n’ont pas le droit de débattre de la future Constitution présentée par l’Armée et où le lèse-majesté semble s’élargir.

Au Cambodge, un leader d’opinion est en exil forcé, un autre poursuivi par la justice peu avant les élections, et le chef de l’armée promet de « casser les dents » des mécontents.

Au calme Laos, il ne fait pas bon de dire ce que l’on pense, tout haut ou tout bas, au risque de disparaître.

Au Vietnam, tout le monde pense mais personne ne parle. Qui oserait écrire ou parler ? Dans le fond, ce mutisme obligé est « same same but different » à Singapour et à Brunei dirigés par des mains de fer éclairées.

Reste Myanmar où « l’opposition » est devenue majoritaire et voudrait bien museler « l’opposition » militaire si présente en économie comme en politique.

Que dire des Philippines surprises d’avoir élu une sorte de tueur alors que Mindanao rentre à nouveau à feu et à sang. Ce serait un exemple ?

Resterait l’Indonésie incapable d’élire un leader chrétien parce que la majorité musulmane s’y oppose ? – Dire que ce serait le moins mauvais Etat  dans la liste des démocraties de l’Association des pays du Sud-Est asiatique ?

L’ASEAN est forcément un succès politique puisqu’aucun pays n’est « dérangé » par ce que le fait le voisin de son opposition et aucun pays n’a réellement conscience qu’il n’ y a pas de démocratie sans attitudes démocratiques…

A bien y regarder d’ailleurs, ne seraient-ils pas tous – chers membres – de la même couleur, celle des militaires en treillis ?

Les 3 enjeux du 4 juin pour Phnom Penh

1 – La volonté de changement existe t’elle au Cambodge ? L’opposition est-elle capable d’agir et de canaliser les mécontentements d’une jeunesse lassée d’être dirigée par les mêmes leaders politiques, y compris ceux de l’opposition ? 12 partis politiques se présentent pour environ 8 millions d’inscrits sur les listes électorales. Qui va voter pour qui ? La phase de stabilité nécessaire après une longue période de guerres et de troubles est-elle en passe de durer ou pas ? Le Cambodge est une jeune démocratie. L’enjeu est de savoir si les jeunes vont se l’approprier.

2 – Les 20 provinces du Cambodge comporte 1650 communes qui font l’objet d’un enjeu électoral majeur, particulièrement les villes comme Phnom Penh et Sihanoukville, mais aussi les provinces fort peuplées comme Kompong Cham et Battambang. Les conseils communaux sont dotés, depuis 15 ans d’expérience de la décentralisation, de pouvoirs importants pour la gestion du quotidien des citoyens. Cependant, ils ne sont pas que responsables des projets locaux mais agissent également comme agents du gouvernement pour la gestion de fonds destinés aux infrastructures. L’enjeu gouvernemental de travailler en bonne harmonie avec les Conseils communaux est donc évident. Sans oublier le suffrage indirect des communes qui élisent des sénateurs. La stabilité a ses partisans.

3 – Qui gagnera les élections communales gagnera les suivantes, pensent certains observateurs et les ONG. Non pas celles dans 5 ans ! … mais les Législatives cruciales de l’an prochain. Certes, il n’est pas sérieusement envisageable que l’opposition gagne le 4 juin 2017 mais qu’elle apparaisse peu ou prou conquérante dans certaines provinces et Qu’elle gagne quelques grandes communes, à la surprise générale, deviendrait un révélateur du désir, ou pas, de profond changement. Chose apparente pour certains mais pas du tout confirmée. Et alors, l’an prochain serait vraiment chaud. En fait, ce n’est pas qu’une étape ce scrutin, c’est le début de quelque chose.

JMDF

 

Campagne électorale tendue au Cambodge

Depuis plus de vingt ans, le Parti du Peuple Cambodgien (PPC) et le Gouvernement Royal dirigé par le Premier Ministre HUN Sen, ont peu connu d’opposition pour les élections communales. Plus de 95 % des élus locaux (et nationaux) sont à peu près les mêmes et bien peu contestés.

Aussi, devant l’opinion publique « balancée » et les vents contraires de ces dernières années, le pouvoir a t’il pris des mesures drastiques pour à la fois contrôler l’opposition naissante au niveau national, s’intéresser à la montée d’une certaine jeunesse, et pour aider les populations rurales à coups de subventions et de présences d’assistance attentive pour les villages les plus reculés ou les plus sensibles.

Néanmoins, la campagne électorale qui bat son plein depuis quelques jours révèle, non seulement un regain de démocratie, mais aussi que l’opinion cambodgienne reste partagée depuis les élections législatives d’il y a 4 ans où la surprise des résultats fut grande. Peu à peu, des voix citoyennes s’élèvent avec hardiesse et la victoire annoncée du PPC au scrutin du 4 juin 2017 pourrait être contestée dans certaines villes du Royaume, si pas dans quelques quelques surprenants villages « gaulois »…

En fait, l’enjeu est primordial. Si le parti au pouvoir apparaissait contesté le mois prochain dans plusieurs provinces, voire à Phnom Penh, les élections de l’année prochaine s’annonceraient alors bien plus difficiles.

En fait, la jeunesse du peuple, la nouvelle génération, est un élément d’éclairage probable du débat général et de son issue. Quel chemin va t’elle choisir ?

Après la drogue, le tabac !

Aux Philippines, le Président Dutertre qui a entamé une guerre sans merci, avec foi mais  et sans loi, aux trafiquants de drogues, vient de décider de bannir l’usage du tabac dans tous les lieux publics, à l’image de bien  des pays occidentaux.

Déjà interdite aux mineurs, la vente de cigarettes est maintenant dans le viseur de l’homme fort des îles pacifiques !

Comme tous les Asiatiques, les Philippins fument beaucoup de cigarettes bon marché. Ces dernières heures ils fulminent …

Blog bloqué

Désolé, mes chers lecteurs,

Mon Blog n’a sans doute pas été attaqué (?) mais un article concernant Taïwan a non seulement disparu lorsque je l’ai publié (!) mais également « disparu » de mes brouillons. Suis-je surveillé par la Chine !?

De plus, je termine la rédaction d’un Manuel qui m’oblige à partager mon temps et je voyage en Europe ce mois-ci. Le cours normal du Blog va reprendre sous peu. Censuré ou pas !

Amicalement vôtre JMDF

Le Turkménistan perd sa broderie

 

La broderie traditionnelle turkmène est en train de disparaître. Les vêtements emblématiques de ce peuple d’artisans dont les couleurs et les formes ont inspirés bien des dessinateurs orientaux et peut-être des voyageurs occidentaux reposent dans les armoires et ne courent pas les marchés.

Autrefois, les jeunes femmes pour se marier devaient coudre et broder des vêtements pour toute leur vie. Les choses changent à grande vitesse depuis que la mode envahit les marchés et remise aux placards les vêtements teintés par une culture qui apparait hélas vieillotte. Comme partout, vive le « made in China ».

En revanche, il y a quelques malins qui connaissent la valeur de ces belles broderies. Ils ne sont pas sans rappeler nos brocanteurs passant dans les villages pour y dénicher de vieux meubles.

A Achgabat, la capitale de ce pays très fermé, les vieilles malles s’ouvrent discrètement des vêtements brodés à la main à vendre sous cape. On vient parfois de loin pour dénicher les beautés traditionnelles brodées qui ne sont ni des fripes ni des puces mais des œuvres d’art en voie de disparition.

Des foulards, des châles, des corsages, des cardigans, des robes traditionnelles, bien conservés, passent de main en main alors que le commerce des broderies traditionnelles a été interdit par les autorités. Une page qui se tourne avec profit. Mais qui relancera un jour cet artisanat disparu dans un pays qui semble bien perdu en Asie Centrale, au Nord de l’Afghanistan.

 

Turkménistan marché vêtements bazar

 

 

Pauvres ou Endettés ?

 

Le problème majeur de la microfinance peut se résumer avec cette question :

Vaut-il mieux être pauvre ou endetté ?

En Mars 2017, la Banque Nationale du Cambodge a annoncé que désormais le taux maximum annuel des emprunts était réduit à 18% !

C’est une véritable catastrophe pour les agences et associations agréées de microfinance qui pratiquaient des taux deux à trois fois plus forts pour des durées plus réduites !

Pour ma part, je suis ravi de cette décision et heureux que le gouvernement protège enfin les pauvres dans les campagnes tentés par l’emprunt toujours plus facile à obtenir et toujours plus difficile à rembourser … ! Pour des semences, pour du matériel agricole, pour l’achat d’une moto. Pour un enfant qui part à l’Université. Parfois tout simplement pour financer un traitement médical ou se rendre au Vietnam opérer la grand-mère … !

On cite toujours ce fermier ayant perdu sa rizière faute de remboursement de son emprunt après une mauvaise saison !

Mais maintenant comment dormir tranquille sans réponse à cette question : vaut-il mieux être pauvre ou être gravement endetté ? Une dette vous empêche de dormir… Mais ne rien faire c’est rester pauvre et … sans espoir !

Alors ?!

Endetté sans espoir n’est-ce pas être plus pauvre que pauvre ?

JMDF

L’Éducation en Thaïlande attend toujours son … coup d’État !

Il est vrai qu’il y a beaucoup à faire au Royaume de Siam et que la Junte militaire au pouvoir a eu du flair d’arrêter certains délires d’hommes politiques ou de partis politiques passant leur temps à se déchirer loin des intérêts essentiels du pays !

L’un des besoins les plus criant est une réforme de l’Éducation (peut-on dire nationale ?) attendue depuis 20 ans. En effet, le développement économique du pays s’est fait sur la base de l’aide américaine il y 50 ans, de l’apport de fonds des touristes depuis trente ans et de l’investissement industriel et agricole diversifié depuis vingt ans … Et tous les observateurs étrangers (y compris la Banque Mondiale) n’ont eu de cesse de regretter un système d’éducation sympathique mais ne préparant pas du tout ni une classe populaire informée, ni des élites capables de réellement diriger les programmes des administrations.

Assis sur un tacite partage non avoué : aux « vrais » Thaïs et aux grandes familles l’administration du pays, aux Chinois de Bangkok l’armée et le business, … le Royaume s’est développé dans la satisfaction générale. Le Roi adulé étant toujours là pour arbitrer le fléau agité de la balance, pour que ça tourne.

Ainsi, les Riches sont devenus plus riches. Les commerçants aussi. Les Bourgeois ont accédé à des fonctions et des récompenses. Une classe moyenne est née et seuls les pauvres sont restés dans leurs coins, heureux de profiter des équipements et un peu de la croissance sans se soucier du reste.

A l’occasion des trois dernières élections générales durant une décennie, les inégalités sont apparues au grand jour. Les pauvres comme par hasard étaient devenus majoritaires à l’Assemblée. Les Bourgeois perdaient pied alors que Sa Majesté perdait la santé…

L’économie aujourd’hui avance à la vitesse d’un char militaire, par à-coups.

Les choses vont un peu mieux (moins de corruption ?) mais comment prépare-t-on l’avenir ? L’éducation nationale est inchangée. Le niveau des enseignants dans les provinces est insuffisant, les rémunérations également. Même à Bangkok, les maîtres continuent à enseigner à la thaïe, c’est-à-dire : sabai sabai … Tout va bien. Pas de sanction, pas de redoublement. Des examens pour satisfaire les parents conscients que leurs enfants sont tous bons.

A tel point que l’enseignement chrétien en profite pour s’affirmer le meilleur !

Dans l’enseignement supérieur, les étudiants sont certes de mieux en mieux sélectionnés à l’Université mais le niveau de langues étrangères en fin d’études secondaires reste médiocre, à part peut-être … le français (oui !) et le chinois (naturellement !).

Un étudiant thaï entrant à l’Université est persuadé qu’il parle couramment l’anglais alors qu’il ne l’a jamais pratiqué et qu’il a souvent été aidé pendant ses examens de passage. Seules deux universités d’État fournissent une élite admirable qui exprime un peu du « sens critique » si absent dans l’éducation scolaire thaïlandaise. A droite Chulalongkorn. A gauche Thamassat. Le reste est passé à l’enseignement privé supérieur, souvent de qualité et en devenir.

Les profs des universités thaïlandaises sont très respectés, par toute la société, mais reçoivent des salaires de misère… Comment expliquer cela ?

Alors, il reste un vrai fossé entre la volonté des dirigeants du pays de combler, en 20 ans, les disparités régionales, et autres inégalités face au « savoir », et la nouvelle génération qui arrive sur le marché de l’emploi. Celle-ci s’aperçoit que les étudiants de l’ASEAN formés à Singapour et au Vietnam sont meilleurs qu’eux ; sans compter les jeunes indiens et les jeunes coréens plus performants et surtout plus ouverts sur le monde. Et si demain les Malais et les Cambodgiens … ! … et les Chinois ?

Qui saura déclencher un Coup d’État éducatif pour que l’ensemble des écoles suivent les mêmes programmes ambitieux avec les mêmes contrôles exigeants, enfin mettre les écoliers au travail, en abandonnant cette maxime très locale : tout le monde est beau, tout le monde est gentil ?

L’enjeu est de taille !