La ville de Siem Reap souffre en silence

La ville de Siem Reap, Capitale touristique du Royaume du Cambodge, dont le tourisme dépend très fortement de la présence des sites archéologiques d’Angkor, a été violemment touchée par la crise sanitaire liée au COV19. Presque du jour au lendemain, la ville s’est vidée de ses touristes. Ces étrangers de toutes origines qui faisaient vivre la ville. Et la population Siemreapoise s’est immédiatement autoconfinée par peur du virus.

Depuis lors, la situation sanitaire du pays s’est stabilisée très positivement. On peut croire, voire affirmer, que le virus ne circule pas au Cambodge et que seuls des cas importés peuvent survenir. Il y en a eu et il y en aura si l’on ouvre les frontières ! La crise sanitaire a été très bien gérée par le gouvernement central. 126 cas de malades Covid 19 au total, presque tous réglés aujourd’hui ; et pas un mort !

Les habitants de Siem Reap se sont déconfinés progressivement, en un bon mois, sans contraintes, et ont repris le cours de leur vie, celle d’il y a … trente ans ! En effet, sans les touristes, la ville tranquille de Siem Reap a retrouvé sa quiètude ancienne et est redevenue un havre de nature et de paix comme dans les années 1990 ; mais elle redevient après avoir … perdu son poumon financier et c’est là que le drame commence.

Seulement mille huit cents touristes ont visité Siem Reap durant le mois de mai 2020, contre cent quarante mille en mai 2019. Plus de cent hôtels et guests-houses ont définitivement fermé leurs portes tandis que deux-cent-trente établissements ont suspendu leur activité sans date de reprise. Donc plusieurs palaces toujours fermés et inquiets de la suite … Restent les gardiens et parfois les jardiniers. Seule la saison des pluies fait sourire les piscines asséchées.

Plus de huit mille travailleurs du secteur du tourisme ont perdu officiellement leur emploi. En fait plusieurs dizaines de milliers d’hommes et de femmes, et même d’enfants, du fait de l’économie informelle qui battait des records autour des lieux touristiques d’Angkor, des sites archéologiques mais aussi dans les salons de massages, les transports en motos et tuk tuks et, bien sûr, la vie nocturne.

En se promenant dans les rues du centre touristique de Siem Reap, on découvre « Pub Street », l’attraction depuis vingt ans des amateurs de terrasses et de bières, tant pour les visiteurs étrangers d’ailleurs que pour les khmers de province curieux et fiers de cet endroit festif, à l’ambiance indescriptible mais essentiellement joyeuse, conviviale, internationale et tolérante. La rue est fermée et déserte, des rangées de restaurants aux grilles baissées et des bars désespérément vides. Les terrasses où il faisait bon s’arrêter du crépuscule jusqu’au petit matin, n’ont plus ni tables ni chaises, ni nuée de serveurs souriants ; arrêt des platines et des maxiparleurs, aucune animation et même des barrières policières y barrant l’accès de manière symbolique.

Près du vieux marché si couru, marqué par cette architecture coloniale séduisante et ses boutiques et restaurants colorés, la tristesse est palpable : les petits marchands de souvenirs ont fermé boutique et des écriteaux « À vendre ou à louer » ornent les façades. Les rideaux sont baissés. Les rares taxis prennent les sens interdits…

En revanche, le long de la rivière les jeunes gens, et les moins jeunes, de toutes les couleurs déambulent, parquent leur motos le long du trottoir, marchent ou courent pendant une heure ou deux, du matin au soir, à l’abri du soleil et de la chaleur. L’eau de la rivière stagne avec ses pollutions d’algues vertes, les arbres centenaires regardent le spectacle déconcertés. Les gens, tenues de sport, tournent à rythme lent. C’est un signe. C’est beau et à la fois presqu’indécent.

Le jogging est en plein boum comme la pratique du vélo dans la ville allégée de tant de voitures et de camions. Le silence a remplacé le concert des klaxons. Les rues sont vides. On oublie presqu’elles sont défoncées. Les nombreuses pagodes, elles, sont pleines de bonzes. Au moins eux auront à manger. Mais …

La ville touristique n’est plus que l’ombre d’elle-même mais ceux qui ne sont pas les victimes du coronavirus et de ses conséquences sortent et s’approprient les petits restaurants. Tous les grands restaurants et bars à touristes sont fermés – sans doute pour des années – alors que certains chômeurs cambodgiens créent de nouveaux services – comme la livraison de nourriture à domicile – et de nouveaux bars pour la jeunesse. La jeunesse dorée s’en sort bien. La jeunesse bronzée cherche de l’argent. Désespèrément.

Les coiffeurs se portent bien, les réparateurs de vélos et de motos aussi, les étudiants les plus malins créent des sites de vente online. Dans les quartiers périphèriques les femmes se mettent à vendre de l’eau et de la bière pour gagner trois sous. Les poules et les canards semblent plus visibles, les vaches et les buffles ont pris de la valeur. Faut les vendre… La vie normale. Mais les sacs plastiques jonchent les voies d’accès aux temples. Le policier démuni se cache derrière un arbre pour arrêter un moto et ponctionner la paie du jour. La nuit de mauvais garçons vont pêcher dans les douves … La vie normale mais …

Le week-end les Cambodgiens de tout province envahissent les temples alors que les résidents étrangers de Phnom Penh font également le déplacement par la route afin de profiter d’une visite tranquille des temples au pays où il fait si bon loin des hordes de Chinois et quand le vent soufle par rafales entre les arbres de la jungle. Même les ouistitis abandonnés sans nourriture sortent surpris et crient comme des cacatoès … Mais …

Oui, cette vie normale cache une explosion imminente de misère. Les victimes de la crise ont éclusées leurs économies en trois mois. Les employés fragiles sont appauvris. Les précaires ont tout perdu, y compris l’espoir de voir revenir un meilleur temps… Ils ne peuvent plus payer les remboursements aux banques de l’achat de leur moto ou de leur lopin de terre. Ceux qui avaient perdu 50% de salaire vont passer bientôt à zéro ! Les cyclos dorment le long des trottoirs et ça fait mal. Aux familles, aux femmes et aux enfants qui n’ont plus d’écoles… plus de maîtres, plus d’éducation.

Le gouvernement semble en avoir conscience. Que peut-il faire ?

Le retour à la terre ?

JMDF – avec Le petit Journal

Des îles chinoises au Cambodge

un développement frénétique tourné vers la mer malgrè l’absence de touristes ?

 

Entre la frontière thailandaise et la frontière vietnamienne, le Cambodge dispose d’une jolie côte et d’une vingtaine d’îles aménagables.

Plages de sable blanc presque partout. Quelques rochers. Des cocotiers et autres palmiers. Des mangroves impénétrables. Des caps rocheux propices aux rêves. Des bords de jungle encore séduisants. Quelques ports de pêche tranquilles

Et des îles posées sur la mer calme comme des boules de cristal ou de verdure. Des perles. Des pières précieuses…

Franchement, il ne manque rien pour développer une destination touristique praradisiaque !

Ces dernières années les investissements se sont multipliés et les infrastructures semblent avoir suivi. Notamment les équipements hôteliers.

Covid 19 est passé par là et les touristes font complètement défaut. Qu’à cela ne tienne, les Khmers de l’intérieur découvrent leur pays et se rendent en nombre désormais vers des sites que l’on préparait pour des étrangers.

Toutefois, les Chinois attirés par cette destination voisine et cette frénésie du développement sont toujours là. Les investisseurs et les résidents de plus en plus nombreux, notamment installés à Phnom Penh sur des projets de construction pour la plupart. Ils envahissent maintenant la presqu’île de Ream. Il n’y a pas que les bâteaux qui flottent à la ronde…

L’activité de l’aéroport de Sihanoukville reprend alors que les travaux de la construction d’une autoroute ambitieuse (et brutale) entre la Capitale et le port de Kompong Som devrait diviser par deux ou trois le temps de trajet actuel. Les porte-conteneurs sont actuellement à la queue leu-leu sur la route nationale, dans les deux sens.

Néanmoins, il y a un côté « too much » dans ce développement, au regard de la pauvreté de la population cambodgienne mais aussi au regard de la crise sanitaire actuelle du Covi 19 et es conséquences sur l’industrie touristique ! Les tours de bureaux et d’appartements de Sihanoukville seront-elles plus occupées que celles des grands hôtels ? Rien n’est moins sûr tant le développement s’est fait dans la démesure.

Sont-ce les touristes chinois qui vont profiter de tout cela ? Sans doute. Ils sont déjà prêts à construire un nouvel aéroport comme à Phnom Penh et à Siem Reap ! A moins que les Thailandais ne se ruent eux aussi par la province de Koh Kong aussi en pleine ébullition. Non, rien ne freinera la construction de villes nouvelles chinoise dans ce bord de mer paradisiaque. De quoi donner des boutons à bien des Cambodgiens.

Pas avant cinq ans.

Le temps de construire une raffinerie et un oléoduc pour le pétrole que le Cambodge n’a pas encore …

JMDF

 

Le Cambodge pense aider les pauvres

La situation sociale au Cambodge est de plus en plus dramatique du fait que le Covid 19 est une catastrophe pour ce pays obligé de se fermer au monde ces derniers mois, protégeant un population relativement épargnée par le Coronavirus mais aussi du fait de l’arrêt du tourisme.

Les jobs étaient nombreux liés aux tourisme ces dernières années avec une progression constante du nombre de visiteurs étrangers notamment chinois depuis que le gouvernemnt royal s’est placé en meilleur ami de la Chine au sein de l’ASEAN.

Tout s’est effondré. Les entreprises touristiques sont atteintes et ne se relèveront pas de sitôt. Les hôtels ont tenu quatre mois sans clients en coupant les salaires de leurs employés et parfois en les licenciant de manière brutale. Aujourd’hui, faute de perspective à court terme beaucoup ferment. La clientèle de Phnom Penh n’est pas suffisante les fins de semaine pour faire vivre un établissement de tourisme obligé le plus souvent à casser les prix de séjour.

Alors le gouvernement met en place un programme social d’assistance aux plus pauvres. Aux victimes indirectes du Covid 19.

Cette assistance financière importante au niveau du budget du royaume est cependant dérisoire pour les familles qui touchent 120 000 riels soit 30 dollars par mois. Et encore ce ne sont pas toutes les familles. Comment le Cambodge pourrait-il gérer une telle aide de manière généralisée ? Ce sont pour les villes. 560 000 familles ont été identifiées. Et pour les circuits où l’on pense que la corruption ne va pas dilapider un si petit capital de survie… Soit deux millions de personnes éligibles sur une population de 16 millions.

Toutefois, cette assistance « accordée » trouve ses limites puisque le gouvernement souhaite également relancer la croissance économique (même sans le tourisme ?) et mettre ses billes dans un panier déjà bien rempli par les Chinois.

En effet, le Chine dans cette période difficile est encore plus visible. A Phnom Penh, les dirigeants d’entreprises chinoises roulent carosse et se comptent par centaines. Les projets de construction sont même en chantier et les tours les plus hautes possibles vont meublées les rives du Tonlé Sap et sans doute aussi du Mékong. Voilà vingt ans que certains rêvent d’un Manhattan…

Hun Sen, le Premier Ministre, semble vigilant pour les risques de pauvreté croissante. La saison des pluies n’est pas celle de la meilleure saison et de toutes les façons les avions ne volent pas. La liaison avec Bangkok reste fermée. Les visiteurs qui parviennent à attérir sont pris en charge durant deux semaines de quarantaine et doivent avant tout déposer 3000 dollars.

Ah, l’argent au Cambodge !

Cambodge : quand le bouddhisme devient actif et généreux ?

L’accès à la santé est une problématique majeure au Cambodge. En période de crise économique, Buddhism for Health collecte des fonds dans les pagodes de Phnom Penh pour aider les plus pauvres dans les provinces cambodgiennes.

Créée en 2004, Buddhism For Health (BFH) est une organisation non gouvernementale qui encourage l’accès aux soins des populations les plus démunies. L’ONG a pour mission de permettre aux populations les plus démunies de bénéficier de services de santé. Si ceux-ci sont gratuits pour les personnes pauvres titulaires d’une carte de solidarité, nombre de bénéficiaires potentiels n’osent pas aller se faire soigner de peur de ne pas recevoir les mêmes soins que les personnes qui paient ou par manque de moyens. En effet les soins sont gratuits pour les plus pauvres mais le transport pour se rendre à l’hôpital ne l’est pas. C’est un coût non négligeable pour une personne qui doit se rendre plusieurs fois par semaines dans un centre de soins pour recevoir un traitement, par exemple pour des dialyses. « En 2019, 100 000 transports ont été pris en charge par BFH », se réjouit Jean-Yves Dekeister, coordinateur de l’association.

Cette organisation est présente dans 12 provinces, 63 districts à travers 400 comités d’entraide. Chaque comité est rattaché à un centre de soins et regroupe les autorités religieuses, les autorités locales comme le chef de village, un conseiller communal, le responsable du centre de soins, le directeur de l’école et un membre de la société civile. Tous les comités comptent à leur tête au moins une femme. De nombreux volontaires œuvres pour la collecte des dons ainsi que pour la prévention et l’information. Ce sont les comités qui décident des bénéficiaires parmi les personnes atteintes du VIH, de la tuberculose, les femmes enceintes seules, les orphelins, les personnes âgées.

Née initialement de la volonté d’un moine bouddhiste de Kirirom, dans la province de Takeo, l’organisation est en fait œcuménique puisque les dons sont récoltés aussi bien dans les pagodes que dans les mosquées ou les églises selon les villages. Le président d’honneur de l’organisation est le moine Samdech Kim Son, supérieur hiérarchique des bonzes de Phnom Penh. Le chef du comité est toujours un responsable religieux, le plus souvent un moine, mais trois imams tiennent aussi ce rôle. Les collectes de fonds se font donc dans les lieux de cultes des 400 communautés, en très grande majorité des pagodes. Depuis fin 2019, ces communautés étant parmi les plus pauvres du pays, le vénérable Kim Son, responsable des moines de Phnom Penh, a mis en place des collectes dans la capitale cambodgienne afin de récolter plus de fonds, qui abondent un fonds national de solidarité, afin de les distribuer ensuite aux comités locaux.

La crise économique qui vient de s’abattre sur le Cambodge, liée à l’épisode de Covid-19, a laissé sur son passage un grand nombre de personnes démunies. Les comités ont proposé une aide exceptionnelle de distribution de kits de première nécessité à 1000 familles très pauvres. « L’organisation vit des dons. Il faut au minimum 250 dollars par comité pour pouvoir assurer les transports des malades mais avec plus de dons nous pourrions employer des travailleurs sociaux pour sensibiliser la population à l’importance de se faire soigner. Si les personnes malades se font soigner sans attendre, on peut éviter des épidémies » précise le moine Khiev Khon, secrétaire de Buddhism For Health. D’après une étude menée par l’université d’Oxford en association avec la London School of Hygiene and Tropical Medicine, là où les comités de Buddhism For Health sont actifs, les populations pauvres se font davantage soigner que dans les autres provinces.

Virginie Vallée  / Journaliste Lepetitjournal.com Cambodge

P.S. : les pagodes au Cambodge sont scandaleusement riches parce que « les riches » y font des dons énormes pensant acquérir des mérites. Cet argent devrait aller « aux pauvres ». Hélas, il sert à détruire des bâtiments religieux souvent anciens et précieux pour reconstruire d’immenses halls en béton recouverts d’or…

Un scandale qui ne choque personne ici.

JMDF

France : à quand la fin de la noblesse d’Etat ?

Il y a dans ce qui s’appelle l’ETAT des gens qui profitent du système tout au long de leur vie professionnelle qu’ils appellent une carrière – et même chez les Diplomates « la Carrière ».

Cela devrait changer prochainement si !

Si le désengorgement du fonctionnement des institutions devenait non seulement une prise de conscience d’après Covid 19, mais soudain aussi une nécessité, celle de faire des économies.

Tout commence par le statut des fonctionnaires. Le fameux statut de la Fonction Publique ! 40 ans de travail et une retraite assurée si vous réussissez un examen d’entrée dans la noblesse !

Certes ces examens sont difficiles, voire très difficiles, et pour un bac + 2 exigé pour candidater, ce sont souvent des Bac + 3 ou 4 qui réussissent les épreuves écrites (les admissibles) et s’en sortent surtout à l’oral où la noblesse d’ETAT choisit ses petits poulains parmi les plus mûrs des candidats à conserver pour leur potentiel. Les choses sont plutôt bien faites malgrè tout mais elles se gâchent avec le temps.

(Pour ce qui concerne les « oraux de sélection » exigés pour les « admissibles », serait-il possible d’imaginer que porter un « de » rapporterait un petit plus ou un petit moins ?)

Pendant une décennie les fonctionnaires « admis », titularisés au bout d’un an de stage, travaillent bien pour justifier leur sélection et leur paie mais aussi leur engagement de rester fonctionnaire ces premières années années où l’ETAT dépense pour leur formation professionnelle.

Ensuite les serviteurs de l’Etat comprennent que les points d’indice servent à monter et atteindre un grade supérieur. Ainsi née la notion de carrière si elle n’était pas intiale. C’est d’ailleurs souvent à ce moment qu’ils se syndicalisent pour qu’on ne les oublie pas…

Les moins bons au travail et les petits grades faisant du surplace resteront dans la médiocrité en veillant seulement à leur promotion à l’échelon ou l’indice supérieur rémunérateur… Les meilleurs agents feront de même ne travaillant plus qu’avec un oeil pour gagner plus et monter dans la noblesse à laquelle la formation contribuera…

A part quelques-uns plus sobres comme toujours. Les vrais nobles. Les bons fonctionnaires à la tâche ne sont pas des perles rares.

Néanmoins, dans le contexte d’une généreuse Fonction Publique, la carrière se déroule vingt ans plus tard sans autre contrôle que la note annuelle du Chef de service qui ne peut pas la descendre sinon sur faute professionnelle ! C’est comme pour les dictées : celui qui n’en fait pas ne fait pas de faute !

les « acquis » ont atteint le « graal » et n’attendent plus que les primes la progression de la note accordée par la hiérachie avec une certaine automaticité puisque les échelons sont automatiques entre un et trois ans et la note croissant d’un quart de point chaque année…

Ce sont ces fonctionnaires – tous dans leur ensemble – car les excellents sont l’exception – qui ont atteint la noblesse d’ETAT. Certains plus que d’autres, les énarques bien sûr (avec ou sans particule) mais aussi les services de contrôles. Le administrations se contrôlent elle-mêmes par un service interne d’inspecteurs qui est une voix de garage payante. Et une garantie de suites plus ou moins biaisées !

Cependant la noblesse des noblesses ce sont les inspecteurs des Finances, ces grands serviteurs de l’ETAT mieux payés que les membres du gouvernement et que le Président de la République. Quand ils ne cumulent pas les « jobs » extérieurs « à la Delevoye » (membres de divers Conseils d’administrations).

Ne parlons pas de la noblesse des diplomates. Les Ambassadeurs se considèrent tous nobles puisque leur mission l’est.

Il y a aussi ceux qui continuent à être payés par leur administration et à gravir les mêmes échelons, sans rien perdre des primes, tout en travaillant exclusivement pour l’un ou l’autre des syndicats, y compris la CGT. Il y a ainsi plusieurs personnes « détachées » dans chaque service administratif – une Direction ou une Direction Générale – c’est-à-dire plusieurs dizaines dans chaque ministère… Ils occupent des postes budgétaires mais ne travaillent pas. Noblesse oblige…

Probablement 500 fonctionnaires de l’ETAT payés et faisant carrière dans la dite Fonction Publique tout en faisant du syndicalisme avec la casquette de leur syndicat, dans l’ensemble des administrations au service du gouvernement pourraient peut-être se justifier ? Ils seraient 30 000 !

La Noblesse en 2020 serait pour moi de mettre un grand coup de balai dans ce vieux statut et de créer une Fonction Publique modernisée où « la carrière » se ferait en trois étapes. C’est-à-dire quatre contrats de dix ans, les trois derniers étant basés sur un projet et … avec probablement une obligation de mobilité.

JMDF

Encore un opposant thaï disparu ?

La disparition de l’activiste thaïlandais Wanchalearm Satsaksit, enlevé à Phnom Penh (Cambodge) le 4 juin dernier n’est malheureusement pas une surprise. La manière forte, disparitions et assassinats d’opposants inclus, a toujours rythmé la vie politique en Thaïlande, dont la réputation touristique de «pays du sourire» n’est évidemment qu’une vitrine. L’ex royaume de Siam a sa part d’ombre, du sommet de l’État aux tréfonds de la société. C’est une réalité. Au moment où une indispensable (et bienvenue) relance du tourisme se profile pour ce pays d’Asie du sud est aux mille qualités, notre devoir est de ne pas l’oublier.

Deux «écoles» ont toujours coexisté dans la communauté expatriée en Thaïlande en général, et au sein de la communauté française en particulier. D’un coté, les partisans d’une neutralité bienveillante, pour lesquels les zone grises, voire carrément obscures, de la politique siamoise ne sont pas l’affaire des étrangers «invités» dans le royaume, et exigent de fermer les yeux. De l’autre, les observateurs engagés, persuadés que le silence n’est jamais la solution.

Gavroche, portail d’information résolu à raconter avec empathie et affection toutes les facettes du pays du sourire et de ses voisins, entend pour sa part garder les yeux ouverts. Si l’opposant et activiste thaïlandais Wanchalearm Satsaksit devait ne pas réapparaitre, sans qu’aucune enquête digne de ce nom ne soit menée au Cambodge et en Thaïlande sur sa disparition en plein jour et en plein centre de la capitale cambodgienne, une nouvelle ombre de sang sera portée sur ces deux pays et sur ceux qui le dirigent.

En avoir conscience, y compris pour les autorités françaises et européennes confrontées à d’importants enjeux économiques bilatéraux, est une impérative obligation.

Editorial du journal GAVROCHE 06/20

Vaccin : changeons nos règles absurdes

Chronique de Cécile Philippe lue dans Les Echos du 25/5/20

Depuis le début de la crise du coronavirus, les autorités publiques françaises sont restées attachées à ce qu’elles savent particulièrement bien faire : réquisitionner, contrôler les prix, demander des autorisations, exiger des homologations. Tout cela prend du temps et se révèle particulièrement contre-productif quand il faut en fait créer rapidement les conditions d’une production accélérée de masques, de kits de tests, de traitements, de vaccins. Il faudrait, au contraire, être capable de payer cher ce dont on manque cruellement pour inciter les entreprises à déployer leurs capacités. Cependant de l’argent, la France en manque alors que dans le même temps, elle pratique une fiscalité et des déficits hors norme depuis des décennies.

C’est justement cette fiscalité qui étouffe nos capacités créatives. Entre 1978 et 2019, les recettes publiques sont passées de 43 % du PIB à 53 %, soit une hausse de 10 points. Pire, la France a n’a pas démantelé ses « impôts de production » . Calculés en amont du résultat, ils sont délétères pour le développement de notre société et son attractivité. Ces impôts constituent de véritables subventions aux exportations. Ils n’incitent pas à développer les vaccins en France. Ils sont évalués à plus de 75 milliards d’euros et les crédits d’impôt-recherche, qui s’élèvent à 6 milliards, font pâle figure.

Ces impôts ne constituent qu’une partie des désincitations à produire et développer en France . En effet, dans le domaine du médicament, où les essais cliniques constituent des étapes incontournables, les autorités publiques françaises – avec une nette amélioration dans le cadre de l’épidémie – délivrent en temps ordinaire les nombreuses autorisations nécessaires dans des délais beaucoup plus longs qu’ailleurs. La localisation de ces essais cliniques est pourtant déterminante pour positionner les nouveaux médicaments sur un marché et ensuite les produire.

Porter une partie du risque

De plus, la France – dont le système de santé est construit pour orchestrer une maîtrise comptable des coûts – rémunère moins bien qu’ailleurs les nouveaux médicaments. Si bien que les laboratoires ont intérêt à lancer leurs innovations dans d’autres pays, afin d’y bénéficier d’un prix plus élevé qui pourra servir de référence aux autres pays. Les délais d’accès en France sont en moyenne de 530 jours contre 106 en Allemagne et 111 pour le Royaume-Uni.

Il faut ajouter que le gouvernement américain a accepté de porter une partie du risque de l’échec du vaccin. On sait combien cela représente quand seule 1 molécule sur 10.000 sera au final commercialisée.

L’indignation au sujet de Sanofi est malvenue . Nous devrions plutôt accepter de voir ces réalités désagréables. A force de rendre l’innovation moins rentable et plus difficile chez nous, elle se fait ailleurs.

Cessons de nous offusquer et changeons nos règles fiscales et réglementaires absurdes .

Cécile Philippe, Institut économique Molinari

 

Vols aériens annulés en Thaïlande

L’Autorité de l’aviation civile de Thaïlande vient à nouveau de prolonger l’interdiction de tous les vols internationaux à destination et en provenance du pays jusqu’au 30 juin à minuit.

Après le mois de mai, tout le mois de juin concerne maintenant la Campagnie THAIE International en grande difficulté financière !

L’aéroport de Phuket devait rouvrir le 15 mai, mais la Civil Aviation Authority a annoncé sans préavis que l’aéroport resterait fermé « jusqu’à nouvel ordre ». L’industrie touristique de l’île s’attendait à ce que l’aéroport rouvre ses vols intérieurs le 16 mai pour le mettre en conformité avec tous les autres aéroports nationaux du pays qui offrent des services limités.

Le 15 mai, la Compagnie aérienne  Bangkok Airways a repris ses services vers l’île de Koh Samui, avec deux vols quotidiens mais uniquement pour les passagers effectuant des voyages considérés comme essentiels.

Cette compagnie a également confirmé qu’elle reprendra ses vols intérieurs à partir du 1er juin de l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok vers Chiang Mai, Lampang et Sukhothai.
Une règle de quarantaine de 14 jours s’applique aussi aux voyageurs sur les routes intérieures.

Au Myanmar, les autorités et l’aéroport international de Yangon ont confirmé que tous les vols internationaux aller et retour vers le pays resteraient suspendus jusqu’au 31 mai.

Au Cambodge, les autorités viennent de lever certaines interdictions d’arrivées pour les Etrangers à l’aéroport de Phnom Penh mais assortie d’obligation médicale de test préalable au vol et la possession d’un contrat d’assurance important !