La soie de lotus, avenir et haute couture

Le lotus ! Toute une imagerie traditionnelle et moderne à la fois. Loin d’Epinal mais proche du Mékong.

Le lotus est le symbole du bouddhisme. C’est une plante qui vit dans l’eau, dans les marais, les terres abandonnées parce qu’inondées mais les saisons des pluies tropicales lui donnent de l’élan et les lieux de cultes en regorgent. Les fidèles, croyants ou non, se rendent dans les pagodes avec des bouquets de fleurs de lotus. Les fleurs sont éphémères et rappellent la vie en étant offertes aux ancêtres. Elles s’ouvrent et perdent un pétale, puis deux, puis meurent…

Les enfants récupèrent les graines de lotus une fois les pétales tombés. Elles sont un coupe-faim au goût d’amande.

Le lotus plonge ses racines dans la vase tranquille couverte d’eaux de pluies accumulées. La tige sort des profondeurs de la matérialité de la vase comme un objet précieux sortirait de la tourbe ou de la saleté mise à l’écart. Comme un diamant sortirait du feu tenu à grande distance…

La beauté ne naît pas, elle apparaît.

La tige s’élève soudain pour donner de l’allure à cette pensée qui monte vers le ciel. Timidement d’abord, entre deux feuilles flottantes et avec un bouton prometteur dont la seule forme est déjà une perfection, un sens de la perfection, une attirance vers l’autre dimension à atteindre… Un bouton de lotus est une oeuvre d’art. Dans l’eau. Made in Nature…

La fleur s’épure par l’élévation vers la lumière. Elle s’épanouit au soleil tropical avec calme, délicatesse, grandeur, comme une illumination. C’est cela qui la rend si proche de l’enseignement du Bouddha et de la recherche de l’élévation de soi.

Or, depuis peu, les sages bouddhistes doivent revoir leur dogme, ce sentiment de simplicité de la fleur de lotus et de sa majesté gratuite, qui grandit comme une âme qui s’élève. En effet les fibres de tige de lotus par un travail long et minutieux de dépeçage de la longue tige flexible permettent désormais de tisser sur un métier de vrais fils de soie.

La vanité de porter des vêtements en soie issue de la culture des vers à soie et des mûriers rencontre soudain la flamboyante fleur de lotus venue très timidement d’un ailleurs inconnu. La tige est en soie et elle apporte une concurrence textile que personne n’avait imaginée il y a quelques années.

La fleur tressaille déjà. D’ordinaire si bon marché elle risque peu à peu de de croître en richesse car bien des designers occidentaux s’intéressent désormais aux textiles tirés des fibres de tiges de lotus. Produites actuellement de manière très artisanales au Myanmar, au Cambodge et au Vietnam, elles sont porteuses d’avenir !

Soie de lotus, « basse culture et haute couture » ?

Un textile d’avenir venu des ces pays pauvres. Qui l’aurait cru ? Mais un travail assez long et encore artisanal ce qui freine le progrès. 170 mètres de fil de soie sont extraits de 260 tiges de lotus. Il en faudrait combien pour faire un mètre de tissus soyeux.

Le peu qui se produit actuellement est très recherché par la haute couture. C’est au Vietnam que le gouvernement prend ce projet innovateur au sérieux et étudie son développement au Ministère des Sciences.

Ensuite, un voisin ?

JMDF

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