La guerre du riz n’aura pas lieu !

Des tensions sur le marché international du riz sont nées en 2017 et la compétition 2018 ne cesse d’inquiéter certains producteurs mais aussi certains clients qui s’interrogent sur l’évolution des cours mondiaux de cette « matière première » précieuse pour la nourriture de la population, dans bien des pays pauvres, mais dont les exportations représentent moins de 10% de la production totale cumulée. Ceci signifie que les producteurs de riz sont les pays qui consomment intérieurement et que la demande internationale est relativement pauvre ailleurs.

L’Inde est le premier producteur mondial et nourrit une population sans cesse croissante. Autosuffisant, le pays commence à exporter. La Thaïlande est, elle, le premier exportateur mondial depuis de nombreuses années. Mais elle doit faire avec les acteurs performants de plus en plus nombreux : Le Vietnam est le premier d’entre eux pour la quantité, la Malaisie, les Philippines. même le Cambodge apparaît comme un nouveau performeur en matière de qualité à l’export.

Il reste que les prix mondiaux ne sont pas régulés puisque le marché international est restreint. L’acteur le plus puissant sur les prix à l’export reste donc la Thaïlande… Ce pays régule effectivement sa demande intérieure pour garantir des revenus à ses agriculteurs.

D’ailleurs, l’ex première ministre thaïlandaise Yingluck Shinavatra n’est-elle pas tombée accusée d’avoir manipulé les cours sur le marché intérieur thaïlandais au détriment des producteurs payés trop tardivement ? Un système qu’elle n’avait pas mis en place. L’Etat gère au Siam…

L’Afrique qui est productrice de riz n’est pas exportatrice puisque ses besoins restent énorme. Cependant le marché pose de nombreux problèmes et pourrait exploser cette année ou plutôt les années prochaines (Quand l’Afrique s’éveillera !) .

Très mal organisée face à la compétition des pays asiatiques, l’Afrique ne parvient pas à s’auto suffire dans cette alimentation de base et surtout ne parvient pas à produire plus de riz de grande qualité à des prix compétitifs. Même si des Chinois essaient parfois de donner des leçons. De ce fait, l’Afrique importe du riz au lieu d’agir sur le cours mondial face aux produits moins chers et moins bons et face aux pays asiatiques qui continuent de dominer le marché.

Les Thaïlandais stockent le riz et sont soupçonnés de conserver leur stock, en vue de l’export, à l’aide de produits chimiques qui en altèrent la qualité . D’ailleurs, en 2017, les Thaïs auraient bien exporté plus qu’ils n’auraient produit, 11 millions de tonnes au lieu de 10 ! Les stocks asiatiques permettant d’agir sur le cours et le riz siamois parfumé au jasmin considéré comme un des meilleurs du monde reste l’un des plus recherchés et parfois parmi les plus coûteux. C’est un élément qui donne au riz thaïlandais l’avantage d’être une référence.

Un des facteurs intervenant cette année 2018 sur le marché est une demande croissante d’importations au Moyen-Orient. La fin de la guerre en Syrie (et au Yémen ?) pourrait avoir des conséquences également. Ce facteur pourrait s’ajouter à la prise de conscience de certains pays africains d’encadrer le prix du riz et de développer la riziculture de manière volontariste par une politique enfin efficace et un marché coordonné.

De nombreux experts estiment que la concurrence entre les pays exportateurs de riz en 2018 sera d’autant plus plus grande que des événements climatiques pourraient avoir une incidence directe sur la production dans certains pays (Vietnam, delta du Mékong ? Ouragans !) et partant sur les cours mondiaux du riz.

La Chine n’est pas déstabilisatrice actuellement sur ce marché. ce ne sera pas toujours le cas. Hong Kong entre autres importe le riz parfumé au jasmin thaïlandais. Aussi les États-Unis, Singapour, le Canada et un peu l’ Europe occidentale.

Gageons que la situation actuelle relativement « pacifique » dans le domaine des exportations de riz pourrait être troublée dans les prochaines années par le marché hors-Asie. Il arrivera peut-être que l’Afrique perturbera le cours mondial des choses. Perspective à moyen terme sans doute. Entre-temps, chacun s’active pour faire mieux que l’an dernier, de produire meilleur, et parvenir aux meilleurs prix sur le marché.
Pas tout de suite la guerre des riz…
JMDF

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