Dicton cambodgien

Il y a dans les pays d’Extrême-Orient des dictons et des proverbes que nous ne connaissons pas en Europe. Beaucoup d’entre eux ont trait à la culture du riz, aux esprits maléfiques ou encore au climat pour les agriculteurs !

Au Cambodge, le Premier Ministre qui n’a pas sa langue dans sa poche et fait souvent de longs discours, possède cette qualité d’un homme de la terre : utiliser des images fort-à-propos, de bon sens, pour expliquer sa pensée au peuple (80% sont des paysans !).

Le dernier qu’il vient d’utiliser, ayant sans doute rapport à la corruption, à moins que ce soit pour les bras cassés de son gouvernement dont certains l’entouraient :  » Ne laissez pas l’odeur d’un mauvais poisson gâcher tous les poissons que vous avez dans le sac  » !

Qui était visé ? – A moins que cela signifie :  » Je ne laisserai pas l’odeur d’un corrompu empester tout mon gouvernement  » ?

Tout est problème de traduction, de contexte et d’interprétation.

JMDF

Le pape roule en Mercedes-Benz

Une polémique dure depuis plusieurs mois pour la nomination du pape du bouddhisme dans un grand pays d’Extrême-Orient dont c’est la religion d’Etat (95% de la population) . En effet, le Suprême Patriarche est décédé à l’âge de 100 ans depuis … deux ans. Celui qui assure l’intérim et devrait lui succéder, aurait importé illégalement (sans payer de taxe !) une superbe voiture de luxe Mercedes.

Dans ce pays, on ne dit pas Mercedes, mais bien BENZ. D’ailleurs beaucoup de jeunes ont porte ce surnom « Benz » à la naissance, tant la marque allemande est reconnue depuis des décennies pour son luxe et sa qualité avant tout.

En fait, pour la réelle division des bouddhistes en ce moment autour de la nomination du nouveau patriarche, âgé de 90 ans, l’argument de la voiture est juste un épiphénomène derrière lequel se cachent des divisions bien plus profondes. Divisions de la société qui viennent même polluer les valeurs essentielles de la culture locale.

C’est la politique (et les affaires d’argent et de mœurs ?) qui gangrène aussi le bouddhisme en ce moment. Les bonzes agitateurs semblent porter des couleurs. Couleurs de leurs robes ou pas ? Pourtant ils portent tous des tenues couleur « safran ». Or, safran devrait être un mélange de couleurs, rouge et jaune, non ?

JMDF

Les deux versants du GRC

Le Gouvernement Royal du Cambodge (GRC) s’apparente à une montagne générée par le Premier Ministre et son parti au fil du temps. Une montagne d’efforts. Un résultat qui ne trompe pas l’œil ! Cependant, une montagne qui bouge beaucoup en ce moment comme si de petites secousses annonçaient un possible tremblement.

Conscient que la population change et que les défis sont de plus en plus criants, au vu des prochaines échéances, le leader incontesté est bien obligé de constater que sa montagne offre deux versants. L’un qui est ensoleillé et actif, l’autre qui est à l’ombre et plutôt tranquille, comme à l’abri des mouvements.

Cette dualité ne facilite pas la gouvernance. Au sommet de la montagne, Hun Sen observe avec de plus en plus de clairvoyance. D’un côté, des caciques, des fidèles, des gens bien, des réseaux fatigués, conservateurs ou corrompus, des réseaux ministériels qui ronronnent sur leurs positions honorables, conscients de leurs privilèges et prenant soin de ne point déranger les habitudes, surtout pas les us ! De l’autre, ceux qui innovent, qui bougent, qui s’ouvrent à une nouvelle jeunesse, qui préparent l’avenir avec énergie et recherche l’innovation. Et même apparaissent quelques nouvelles têtes d’une génération qui n’accède pas encore pleinement mais qui veut participer. Il y a sur ce versant-là comme une coulée de lave bouillonnante qui se veut efficace et proche des préoccupations populaires.

Du haut de la colline, on se rend bien compte que tout ne bouge pas en même temps. Faute d’avoir coupé les fruits trop mûrs, les branches fatiguées, faute d’avoir élagué les grands arbres, des fromagers envahissants incrustés dans les pierres, il y a dans l’ombre un côté sombre et pourtant des richesses qui apparaissent au clair de lune.

Ne serait-il pas temps d’introduire de nouveaux plants sur le terreau immobile des feuilles mortes ? Sur la colline se trouvent encore des sources de renouveau. Versez de l’eau là où il faut au Cambodge et les poissons vivifiants frétillent sans attendre. Surtout dans l’ombre.

Ce qui n’est guère plus beaucoup plus clair, c’est le rôle des investisseurs et des banques dans cette forêt dense et celui des puissants proche d’un gouvernement sans doute trop feuillu, autour de ramifications entremêlées. Là aussi, on pressent que la colline est partagée entre ceux qui profitent et ceux qui s’attendent à ce que cela change dans un monde où, de manière surprenante, les rigidités naissent du trop plein de souplesse. Dommage qu’entre toutes les parties d’un même ensemble, la coordination ne s’opère pas suffisamment à deux ans des échéances électorales.

Dans cette attente, que regarde l’opposition qui tourne autour de la colline du pouvoir ? Probablement se sent-elle prête à apporter ses lumières. Elle se tourne vers les reliefs accessibles, les lianes tangibles, les fossés vacants. Elle attend que le vent souffle. Sans doute, dans le fond, rêve t’elle aussi d’un tremblement de … terreau.

JMDF