Saison du RIZ

Tous les paysans le savent la culture du riz c’est 120 jours ! Un travail de quatre mois qui s’opère durant la saison des pluies qui, elle, est de six mois !

Comment se fait-il donc que les Cambodgiens ne parviennent pas à produire deux récoltes sur cette même période, à cheval sur plusieurs rizières ? Plus facile à dire qu’à faire. Il faudra encore des années avant que cette pratique mieux développée dans les pays voisins puissent faire du Cambodge un vrai grenier à riz.

Fin mai de chaque année, alors que la température tropicale va baisser de dix degrés dès les premiers orages, le riziculteur prépare ses semences et choisit de prendre le risque d’aller ensemencer aux … premières pluies. En effet, les semences doivent être accueillies par une terre humide mais non saturée. Le risque de la première pluie est que la terre s’assèche trop vite avant l’arrivée de la seconde et que … les semences ne soient perdues (il faudrait alors en racheter avec du micro-crédit qui trouverait sa garantie sur … la récolte !).

Dans la vie de chaque fermier, il y a le hantise de la sécheresse, momentanée ou durable. Aussi, début juin, quotidiennement il guette la pluie. Il en faut mais pas trop sur cette parcelle choisie qui sert de base à la culture pendant que les autres parcelles sont labourées avec un soc traditionnel tiré par deux buffles qui se sont « entrainés » plusieurs jours durant sur la terre sèche, à tourner sous la baguette de leur maître… Le soc est désormais planté dans la terre meuble qui se retourne et s’écrase, terre à laquelle bien peu ajoutent encore de l’engrais non naturel (à acheter avec le micro-crédit !).

En juillet, les semences ont poussé (il faut 30 jours, pour 30 centimètres !). On les arrache et on les regroupe par bouquets en en taillant le sommet de façon égalisée. Le repiquage ensuite, bouquet dans une main, l’autre plongeant la racine dans la boue, va pouvoir commencer dès l’aube, le dos courbé, sur les rizières inondées où les pieds s’élargissent pour moins s’enfoncer.

Si l’ensemencement s’est effectué tardivement en juin, en août les familles seront encore dans les rizières les pieds dans la boue à repiquer tous les 15 centimètres… en long et en large. Au début chacun pour soi, puis peu à peu :  » Tu viens m’aider à repiquer et ensuite je vais t’aider  » !

En septembre, le riz est en épi, la saison des fêtes peut commencer. La mousson d’hiver arrive alors avec de nouveaux risques car il est fréquent qu’elle se déploie par des orages violents qui peuvent saccager les épis en les couchant (le vent précède l’orage et la pluie).

Comme la canicule affecte toujours les plus pauvres, les retards de saison touchent les agriculteurs de plein fouet. L’agriculteur qui regardent sa terre sèche en souriant ne trompe personne. Sa femme est déjà à la pagode a offrir des offrandes pour appeler les ancêtres au secours…

Sans ces risques, avec des soutiens ou des garanties financières (A quand la création d’une Chambre d’agriculture ?), il serait possible de faire deux récoltes. Aussi, il serait impérieux de remplacer les semences traditionnelles par de nouvelles plus appropriées. Pour cela, l’investissement de quelques centaines de dollars est un effort que les plus pauvres ne peuvent pas faire. Qui va les aider ?

Pendant ce temps, que font les ONG ?

Du micro-crédit … !

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