* NOËL 1978 – Vietnamiens et Khmers Jaunes à l’attaque (suite 1 + 2) !

 

Notez bien SUITE: ne pas lire cet article si vous n’avez pas lu le précédent. Le 1 !

 

NOËL 1978

Les Khmers du FUNSK sont les infiltrés au Vietnam (voir impérativement l’article précédent sur HUN Sen mais appelons-les Jaunes, par opposition aux Rouges communistes). Ils venaient de traverser les quatre saisons en exil, passant de diverses prisons en camp de rééducation et puis, peu à peu, en espoir de reconquête. Quand soudain ils prirent conscience que quelque chose se préparait à Hanoï.

Des attaques Khmers Rouges se poursuivaient  le long de la frontière par simple xénophobie maladive. Haïne séculaire des voisins. Elles ne touchaient pas vraiment les Vietnamiens mais leur donnaient des raisons de passer à l’attaque contre leurs ennemis, persuadés d’ailleurs que le monde entier ne réagirait pas forcément à une offensive majeure de ceux qui avaient réussi à chasser les Américains. Offensive entre Rouges communistes !

En décembre 1978, le général Võ Nguyên Giáp, le vainqueur de la seconde guerre du Vietnam, décida cette offensive.  Convaincu du recours à des forces énormes pour écraser vraiment l’ennemi cambodgien.

D’abord le 21 décembre,  des bombardements massifs furent engagés par l’armée de l’air vietnamienne. Les jours suivants ce sont 150000 soldats vietnamiens qui déferlaient sur le Cambodge, avec le petit groupe de militaires du FUNSK qui leur étaient associés (n’est-ce pas sans rappeler les « Forces de Londres » de 1940 ? La France libre …).

Les colonnes vietnamiennes se dirigèrent vers les provinces de Kratïè et de Stoeng Treng. La province de Kompong Cham accueillit ses propres enfants avec enthousiasme et ces Vietnamiens, plus libérateurs qu’envahisseurs dans cette province qui avait été si meurtrie par les KR, avec des villages incendiés et rayés de la carte et des centaines d’enseignants et d’intellectuels décapités.

Les combats se déroulaient le Jour de NOËL 1978, notamment à Kompong Siem,  défendue par une série de collines (dont les Phnoms Pros et Serey) à 7 kilomètres après la ville de Kompong Cham, pour le contrôle de la route nationale 6 qui ouvrait alors sur Phnom Penh.

Les KR ne pouvaient que céder face au déferlement bien organisé et le 26 décembre, tout le nord-est du Cambodge était déjà sous le contrôle des troupes vietnamiennes.

Les Khmers Rouges, redoutables combattants certes, mais surtout entraînés pour la guérilla, étaient capables de rester tapis et de défendre des sites mais ils manquaient de mobilité et ne furent pas de grands stratèges sur un champ de bataille ouvert fait de rizières. Ils firent l’erreur stratégique d’immobiliser leurs troupes sur des positions avancées et fixes, au lieu d’adopter une tactique de mobilité. Ils devinrent des cibles idéales, qui furent encerclées et démantelées en moins d’une semaine.

Les troupes libératrices marchèrent ensuite vers la ville de Skun qui résista mais peu de temps, puis vers la capitale jusqu’à la Saint-Sylvestre. Pendant que l’Occident festoyait… Giscard d’Estaing aux abonnés absents ou en Afrique … Madame Thatcher buvait du thé avec la Reine …

Dès le 1er janvier 1979, le bruit des tirs d’artillerie fut audible à Phnom Penh. Les KR avaient supprimé la monarchie, et quelques princes, mais gardé le Roi dans son palais. Le Roi redevenu « Prince Sihanouk » qui se trouvait en résidence surveillée depuis quatre ans au Palais Royal était furieux contre les envahisseurs. Il entendit ces tirs. Les voeux 1979 des Vietnamiens, sonnèrent fort mal à ses oreilles…

Le jour suivant, un commando vietnamien tenta de franchir le Mékong avec des canots pneumatiques dans l’intention de se rapprocher du Palais Royal où le Prince enfermé soutenait les KR dans ce combat. Sans succès. Tous périrent.

Le 4 janvier, Phnom Penh vide d’habitants mais pleine de militaires KR, était quasiment encerclée alors que, juste à temps, de l’aéroport un petit bimoteur chinois  décolait, le 6 janvier, avec à son bord le Prince Norodom Sihanouk et sa famille qui fuyaient vers la Chine. La débandade…

Le lendemain, le 7 janvier 1979, Phnom Penh rendit les armes. Les Vietnamiens tenaient leur victoire et se présentaient comme des libérateurs plus que comme des envahisseurs, ce qu’ils étaient forcément pour les Cambodgiens qui ne pouvaient se réjouir. Pour la deuxième fois en moins de quatre ans, Phnom Penh tombait, et le cours des événements changeait aussi brutalement.

Cette fois, le monde entier avait les yeux tournés vers le Cambodge ! Les Occidentaux dénoncèrent cette invasion. Les Russes respectaient le statu Quo … Les Chinois accueillaient Sihanouk …

Quant aux Cambodgiens, ils furent partagés entre soulagement et fureur. Soulagés car la terreur prenait fin, qu’ils se débarrassaient enfin de Pol Pot et de son Angkar de malheur. Furieux parce que le pays se trouvait désormais aux mains du libérateur indésirable, et redouté depuis toujours.

Les dirigeants de la Chine communiste fulminèrent contre les Vietnamiens, qu’ils menacèrent d’une terrible punition qu’ils exécutèrent d’ailleurs en février en envahissant le Nord du Vietnam.

Le 8 janvier, les envahisseurs annonçaient mettre en place un nouveau gouvernement composé des résistants cambodgiens du FUNSK.

Le 11 janvier, la « République populaire du Kampuchea » était créée, soutenue par les Vietnamiens et par l’URSS. En remplacement du « Kampuchéa Démocratique ». Le commandant Hun Sen fut nommé Ministre des affaires étrangères et chargé de faire reconnaître ce nouveau gouvernement par d’autres pays mais très vite qualifié de marionette par la presse internationale.

Les nouveaux ministres cambodgiens cherchèrent à former un Cabinet et des équipes de travail mais ils ne trouvèrent autour d’eux qu’une centaine de personnes ayant le niveau baccalauréat pour prendre les postes de conseillers du gouvernement … ! Mais 150000 soldats d’occupation.

C’est comme cela, sans le moindre intellectuel que le pays redémarrait et demandait aux anciens ambassadeurs de revenir au pays ce que fit alors un peu plus tard l’excellent SOK An.

Pourquoi la décision de choisir de nommer Pen Sovann Premier Ministre en juin 1981 ? – Sans doute parce qu’il était d’origine vietnamienne mais aussi d’un bon niveau comme ancien ambassadeur et chef d’un nouveau parti. Qu’importe il se confronta avec Le Duc Tho qui voulait accroître le nombre de troupes d’occupation et jeté en prison à Hanoï. Remplacé alors par son ami Chan SY, un militaire communiste qui avait rejoint très tôt le Viet Minh, avait connu la prison au Cambodge et combattu avec Hun Sen en décembre 1978.

Chan Sy mourait à Moscou en 1984. Pen Sovann toujours en prison.

Hun Sen pendant ce temps se révèlait intelligent et courageux. Il allait prendre la place de Premier Ministre en 1985. Choisi par les Vietnamiens. Hun Sen, petit paysan qui n’avait connu que les bombardements et pas l’école, devenait Premier Ministre et ouvrait un chantier à la fois civil pour remettre en route le pays et nourrir la population, militaire et diplomatique pour retrouver la paix et chasser les Vietnamiens.

Dès lors, Norodom Sihanouk, fut prince en exil puisque le Cambodge devenait une seconde république (après celle de Lon Nol ?). Il n’eut de cesse de dénoncer l’invasion de son pays devant l’Assemblée des Nations Unies, à New York, qui décida un embargo contre le Cambodge, puis à Paris… Nouvelles erreurs historiques. Sa volonté, son sens politique, son courage et sa ténacité, firent cependant de lui, au regard du monde, le seul homme capable de retrouver la voie de la réconciliation nationale. On pourrait dire pourtant la même chose du jeune Premier Ministre qui lui tint tête durant encore plusieurs années et dont l’Histoire à ce moment-là ne pouvait que reconnaître ses qualités.

Ainsi, un terrible bras de fer commença entre l’un des libérateurs, Hun Sen, et ses amis vietnamiens toujours présents comme « occupants » et le reste du monde. Peu importaient les dégâts collatéraux et les milliers de morts qui en résulteraient ; il fallait anéantir, détruire par tous les moyens, cette nouvelle république et ses dirigeants placés par l’occupant !

L’Occident était ému mais ne voyait pas comment empêcher le retour des Khmers Rouges. La famille royale cambodgienne voulait continuer le combat et les USA, de loin, dénonçaient l’invasion d’un pays par son voisin.

Russes et Chinois étaient des ennemis communistes du monde occidental. Alors la facilité fut de condamner l’intervention vietnamienne et de choisir d’aider les Cambodgiens à repousser l’envahisseur.

Ainsi, l’ONU militairement prenait le parti des Khmers Rouges et de Pol Pot ? Aucune autre issue que cet embargo total isolant le pays et ses habitants que l’on savait affamés ? Il en restait six millions à ce moment-là de la fin du génocide.

Le jeune gouvernement de Hun Sen, ne pouvait que compter sur les Vietnamiens, trop contents il est vrai de profiter du Cambodge

Le jeune commandant dirigeait maintenant le pays en faisant face aux pires difficultés. Celle de gérer les envahisseurs, celle de faire face à l’embargo, celle de continuer la guerre à l’Ouest du pays où les KR s’étaient retranchés et se trouvaient maintenant soutenus par une coalition militairement armées et financées par les Occidentaux, la famille royale, les Chinois et … les commerçants thaïlandais.

C’est Hun Sen qui bâtit une nouvelle armée. Courageusement pour lutter et faire mieux que résister. Les Khmers continuèrent à tuer des Khmers.

Jusqu’à ce que un jour, priant les Vietnamiens de partir, réécrivant une nouvelle Constitution, celle de l’Etat du Cambodge, il commence à négocier avec l’ancien Roi…

La suite c’est octobre 1991, les Accords de Paris…

JMDF

(sources très diverses, souvent orales, peu sûres, merci de compléter avec moi si vous le pouvez)

 

 

 

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