Le Khmer, un peu black ?

Oui, les Khmers, plus exactement les Khmers-Mons, sont les descendants du peuple Munda, originaires du sud de l’Inde, avant que de nouvelles civilisations viennent envahir et repousser les autochtones.

Les Khmers-Mons refusèrent de se soumettre aux nouveaux arrivants et préférèrent l’exode plutôt que de perdre leur culture et leurs traditions, dont l’une des routes les conduisit vers le nord-est. Originaires du sud de l’Inde, ils ont progressivement migré vers la Thaïlande, le Cambodge, jusqu’à la mer de Chine, intégrant le bas Mékong ; ils ont bâti un Empire, ont construit des villes grandioses, des temples majestueux et des capitales. Aujourd’hui, on les appelle tout simplement : Les Khmers.

On sait aujourd’hui que les plus anciens vestiges de l’architecture khmère, découverts à ce jour, datent du VIe siècle après J.-C., et que les monuments constitutifs de l’ensemble d’Angkor se sont succédé sans interruption de la fin du IXe siècle au début du XIIIe.

jmdf, Copie texte de Jean-Claude Kroussar

La Chine avance ses pions commerciaux

Le Partenariat économique régional global, qui réunit 15 pays asiatiques, est entré en vigueur le 1er janvier 2022. Ses membres dont, et pas des moindres ! le Japon et la Korée du Sud, espèrent que cette initiative, menée par la Chine et qui englobe environ un tiers du commerce mondial, les aidera à se remettre de la pandémie. 

Il s’agirait de la plus grande zone de libre échange au monde en-dehors de l’Europe, des USA et … de l’Inde !

Un texte très ambitieux dont on parle peu dans une Europe refermée sur-elle-même ; et pourtant avec déjà beaucoup de difficultés. Suppression de droits de douanes, commerce électronique et même … marchés publics, sont concernés.

JMDF

Siem Reap aux carrefours

La capitale cambodgienne du tourisme est au carrefour de plusieurs voies. Et elle s’est arrêtée aux feux rouges pour observer son avenir.

D’abord, elle est au carrefour de la rénovation urbaine. Car cette petite ville de province, haut lieu de l’Histoire ancienne de l’Empire Khmer, est devenue, depuis le début de ce siècle, et particulièrement durant la dernière décennie, une grande destination mondiale pour tous les touristes occidentaux et asiatiques, pas seulement ceux attirés par les vieilles pierres des magnifiques (et très nombreux en fait) temples d’Angkor, pas seulement par le Grand Lac Tonlé Sap qui est un phénomène géographique de la planète et si important pour ce pays…

Cette ville doit savoir grandir mais elle doit aussi mieux accueillir car ses infrastructures sont celle d’une petite ville de province et pas d’une capitale mondiale du tourisme, ce qu’elle est appelée à devenir. Les nécessités de rénovation et de modernisation frappaient aux yeux lorsque le Covid est arrivé stopper les flux de touristes et d’autocars.

La Banque Asiatique de Développement a saisi l’opportunité du Covid 19 pour commencer en 2020 un projet très ambitieux. Elle finance depuis plus d’un an sans compter des travaux phénoménaux depuis l’élargissement des routes des voies d’accès à l’amènagement des trottoirs et des berges de la rivière. Tout est passé en revue et les travaux sont sur le point de se terminer en début 2022…

Défi énorme : élargir les routes et les rues, redessiner trottoirs et ruisseaux, faciliter la circulation, prévoir des parkings autobus de tourisme, acheminer l’eau potable, le cable, nettoyer la rivière polluée, repousser les fermes aux crocodiles, élargir les ponts, renforcer les passerelles, concevoir surtout un assainissement jamais organisé et tellement nécessaire. Aussi insérer un réseau électrique acharchique et téléphonique complètement dépassé. De plus, les équipements existants, pilônes, cables, égouts, nids de poules, ruelles, étaient d’une laideur urbaine invraisemblable…

En pleine période de Covid, toutes les activités économiques de cette ville ont brutalement et doublement soufferts. Carrefour des faillites à la pelle des commerces (et du chomage !), hôtels et restaurants, et autre agences de voyages… Carrefour de la réorganisation de la ville et des lieux de tourisme, arrivée de nouveaux investisseurs, recherche de nouveaux pôles d’attraction.

Dans ce contexte, la rénovation urbaine travaille jour et nuit en centre ville comme en périphérie et il ne manque actuellement que les finitions et la signalisation aux divers carrefours. Les Siemreapois, après les « haricots » en cours d’installation à certains carrefours, vont découvrir les feux rouges dans les prochains jours. Nécessaires, tant la ville revit déjà sans les touristes étrangers mais avec la fièvre des samedis soirs.

La ville de SIEM REAP est en train de se doter par ailleurs d’un nouvel aéroport international dont l’achèvement des structures essentielles est proche (c’est bien le seul !) et il ne manque encore que… des avions, un peu plus de bitume, des voies d’accès, des navettes,

et de la confiance dans les tests, les vaccins,

moins de pollution (plastiques et autres ! ) un peu partout, y compris sonore,

et, en ville, des passages pour piètons, des pistes cyclables, des sens interdits, des gens disciplinés ;

et surtout que tout tourne rond très vite !

JMDF.

Héros français en terre cambodgienne

Kroussar, CAMBODGE – La Longue Quête. Le devoir de mémoire d’un homme.

En 1975, La mission d’espionnage de Jean-Claude « X, officier de l’Armée française, tourne à la catastrophe. Sa femme et son fils sont livrés aux Khmers rouges. Toute sa vie, Jean-Claude « X » n’eut qu’une obsession, les retrouver. Après tant d’années, il accepte enfin de raconter sa très longue quête. Porte de la Victoire à Angkor Tom, où furent écrites les pages de mon récit. Kroussar, devant la Porte de la Victoire à Angkor Tom, où furent écrites les pages de cet incroyable récit.

Roman historique à lire en ligne CAMBODGE – La Longue Quête

Synopsis

Ici, pas de règlements de comptes. Seulement un cri à la face du monde pour montrer le mépris que Jean Claude X porte à tous ceux qui, « diplomatiquement », se permettent, en toute impunité, de massacrer, sans aucun état d’âme, des centaines de milliers d’innocents… Leurs idéologies n’ont que faire des victimes

L’auteur Kroussar

Chargé des opérations de renseignement dans l’Armée de l’Air Française, Kroussar a entrepris l’écriture de ce roman historique pour que tous ceux qui viennent visiter les temples d’Angkor se rappellent que les malheurs du pays ne se résument pas au génocide Khmer Rouge.

Probablement Jean est un héraut plus qu’un héros !

/JMDF

Le train arrive au LAOS !

Grâce à la Chine, le Laos inaugure sa première ligne de chemin de fer

Le Laos n’avait pas de train (seulement quatre kilomètres de voies ferrées).

Ce pays asiatique, l’un des plus pauvres de l’ASEAN, ouvre sa première ligne de chemin de fer, financée par la Chine, afin de relier Vientiane, la Capitale, à Kunming, grande ville chinoise du Sud-Est, sur environ 1000 kilomètres.

Entre deux pays communistes, c’est de l’entr’aide ? Ou bien le gros veut manger le petit ?

Six milliards de dettes quand même ! Et des décennies de remboursement !?

La voie de chemin de fer, inaugurée ce 3 décembre 2021, traverse des chaînes de montagnes et des collines luxuriantes pour relier la ville chinoise à Vientiane, capitale du Laos, pays effectivement un peu enclavé, sans accès direct à la mer.

Le président chinois, Xi Jinping, a prononcé un discours en ligne lors de la cérémonie d’ouverture. La Chine, qui espère prolonger un jour la voie jusqu’à Singapour (!) en passant, excusez du peu, par la Thaïlande puis la Malaisie, a financé ce projet dans le cadre de sa politique rouleau-compresseur des « nouvelles routes de la soie ».

Il y a 414 kilomètres seulement de tronçon laotien mais pour ce petit train ! Mais pour ce pays – l’un des plus petits budgets d’Asie – rembourser un milliard de dollars c’est énorme ! Sauf si c’est le moyen de dynamiser enfin une ou deux régions face à ce géant voisin avide de produits agricoles !

Un pari sur l’avenir c’est sûr.

Mais pas de la même façon pour les deux !

JMDF

Les îles Salomon en effervescence

Les habitants des îles Salomon ont bravé ce jeudi de fin novembre 2021, le confinement imposé par le gouvernement (pour cause de crise de COVID) et ont à nouveau manifesté dans la capitale, mettant le feu à des bâtiments.
Mercredi des manifestants demandant la démission du Premier ministre avaient déjà pillé des magasins et mis le feu à des bâtiments, y compris au Parlement.

Le Premier ministre, Manasseh Sogavare, a annoncé la mise en place d’un couvre-feu de 36 heures dans la capitale Honiara, lors d’une allocution diffusée mercredi soir, après que la police ait fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les contestataires.

Le gouvernement des îles Salomon fait face à des pressions, après sa décision, prise en 2019, de mettre fin aux liens diplomatiques avec le République de Taïwan et d’établir des liens formels avec la Chine Populaire, ce qui a donné lieu à un référendum sur l’indépendance l’année dernière que le gouvernement a rejeté comme illégitime.

(Reportage Byron Kaye; version française Camille Raynaud)

Après Alitalia, Air India et d’autres ?

Le Covid 19 a mis à mal le secteur aérien et cloué au sol les avions de la plupart des compagnies aériennes. Certaines d’entres-elles ne pourront pas s’en remettre économiquement et ne pourront voler à nouveau sans avoir préalablement évaluer des pertes abyssales et vendu une partie de leur fotte. La faillite les guette trop.

Ainsi, AIR FRANCE – KLM a eu besoin de l’aide de l’Etat français et du soutien de son Président Emmanuel Macron pour survivre. Sous assistance respiratoire comme les quatre grandes compagnies aériennes américaines, alors que la compagnie italienne AL ITALIA disparait en ce moment au profit de sa filiale « low cost ». De même que SOUTH AFRICAN Airways disparue aussi.

En Inde, la compagnie AIR INDIA a été rachetée au gouvernement indien pour environ 2 milliards d’euros lors d’une vente aux enchères. Elle avait accumulé les dettes durant 15 ans et au bord de la faillitte du fait du Covid 19 et de ses conséquences sur le tourisme, sa privatisation était inéluctable et dans les plans du Premier Ministre indien Narendra Modi. (Air India avait été nationalisée en 1947 succédant alors à TATA AIRLINES).

Le Groupe TATA, dirigé par Monsieur Tata, a repris AIR INDIA. Or, c’est un constructeur automobile, secteur qui a bien souffert également dans beaucoup d’endroits, sauf en Inde où le Groupe Tata est très diversifié. La compagnie sera remise à flot sans licenciements.

Le Compagnie THAI AIRWAYS INTERNATIONAL, elle aussi en banqueroute à Bangkok a licencié une grande partie de son personnel. Les autorités siamoises ont déjà revendu une grande partie de la flotte, afin d’essayer de réouvrir quelques destinations en 2021 et de maintenir l’espoir d’une reprise en 2022.

BANGKOK AIRWAYS semble redresser la tête alors que la low cost NOK AIR a déjà sombré l’an dernier. DRAGON AIR compagnie hongkongaise a elle aussi complètement disparu. Ce n’est pas tout-à-fait le cas de AIR ASIA très impactée en Malaisie et Indonésie, au bord de la faillite.

Les entreprises aériennes « low cost » semblent avoir un peu moins souffert un peu partout mais sont en train de subir la hausse mondiales des prix des carburants en fin d’année 2021 et certaines risquent de ne pas pouvoir la supporter pour 2022. Ce sera le cas de AIR ASIA très tournée vers la clientèle touristique qui tarde à revenir en Asie.

La Compagnie CAMBODIA AIR appartenant à VIETNAM AIRLINES en difficulté, a disparu elle aussi en 2020 et les avions de cette compagnie ont été repris par le Royaume du Cambodge. L’aide de la France au secteur aérien cambodgien, par l’intermédiaire de l’AFD, pourrait permettre la reprise prochaine de certains vols.

Actuellement, depuis mars 2020, aucun vol entre Bangkok et Phnom Penh !

JMDF

Oublier la pandémie en décembre au Cambodge

Aaron Carpene

MOZART à Angkor et la flûte enchantée d’y être ?

Cela fait plusieurs années qu’un projet d’opéra extravagant est dans les tuyaux du Ministère du Tourisme cambodgien et des plus hautes autorités du pays, à savoir le Roi !

Cette fois c’est en bonne voie. Le projet programmé avant la pandémie de Covid 19 avait bien sûr été arrêté, suspendu mais pas enterré. D’autant plus que le grand Chef d’Orchestre Aaron CARPENE qui devait diriger ce vaste projet artistique de niveau international, était resté confiné durant des mois au Cambodge. Il vient de sortir de ses méritoire efforts et d’annoncer que le Premier Ministre, sans lequel rien ne se fait, vient de signer son accord pour qu’un Festival se tienne à Angkor au mois de décembre 2021 ! Dans moins de deux mois …

CARPENE, Directeur musical est Chef d’Orchestre d’origine australienne vivant de longue date en Italie, où sa réputation est grande. Spécialiste de Mozart, il revient donc au Cambodge pour un GALA de fin d’année dont le retentissement devrait être bien plus que régional. MOZART à ANGKOR, présidé par le Roi du Cambodge, les autorités prévoient de relancer le tourisme de la meilleure des manières qui soit. A noter que dans la même période se tiendra le Sommet Asie-Europe au Cambodge, de quoi ravir les hôteliers qui ont survécu depuis mars 2020 !

Un projet monumental pour un opéra de Mozart adapté avec intégration du contexte du Ramayana ou Reamkher. Le compte à rebours a déjà commencé

JMDF

Guerre civile au MYANMAR (Birmanie)

Birmanie : toujours plus de sang : une analyse de François Guilbert

Depuis trois mois, la violence ne cesse de s’intensifier en Birmanie. Alors que les militaires se sont emparés du pouvoir il y a un peu plus de 8 mois, plus de 50 % des actions violentes se sont tenues au cours du trimestre écoulé. Les interactions brutales entre les opposants aux putschistes et ceux qui les soutiennent ont augmenté de plus de 75 % en une petite dizaine de semaines. Incontestablement, l’appel le 7 septembre 2021 à la lutte défensive du gouvernement d’unité nationale (NUG) qui tient sa légitimité des élections générales du 8 novembre 2020, s’est traduit sur le terrain par un net regain des affrontements sanglants.

200 à 300 groupes d’autodéfense

Les 200 à 300 groupes d’autodéfense (PDF) qui sont apparus depuis avril-mai ont montré rapidement des capacités d’action durables et sur la plus grande partie du territoire. En 2021, 75 % des townships ont ainsi connu des recours au choix des armes. Mais sur le plan géographique, pour la première fois depuis des décennies, la Tatmadaw doit combattre en priorité des insurgés bamars et cela au cœur des terroirs de l’ethnie majoritaire. Une situation nouvelle qui doit certainement peser lourdement sur l’état d’esprit des personnels chargés d’agir de vive force contre leurs compatriotes.

La guerre  civile n’oppose plus les Bamars aux minorités ethniques sises dans les États périphériques. En 2019 – 2020, 80 % des chocs armés s’étaient tenus dans le nord et le centre de l’État Rakhine. A présent, il n’en est plus de même. 68 % des affrontements récents se sont déroulés dans les régions de Sagaing, Magway, Rangoun et Mandalay.

La guerre civile n’a pas pris seulement de l’ampleur territorialement. Certains des face-à-face les plus récents ont été bien au-delà de coups de main de guérilléros puisqu’ils ont pu voir sur les théâtres d’opération l’engagement de plusieurs centaines de combattants du côté de la résistance démocratique. Ce mode d’action est venu s’ajouter aux tactiques des premiers temps faites d’assassinats ciblés ou de brefs assauts sur des sites symboliques (ex. postes de police, centres de paiement des impôts et de l’électricité, infrastructures de télécommunication). L’opposition en armes ne cesse d’innover.

Efficacité des nouveaux groupes combattants

En conséquence, tout au long de la période de mousson qui s’achève, ce sont les groupes opposés à l’installation au pouvoir du Conseil d’administration de l’Etat (SAC) qui ont pris l’initiative des assauts. Fait tout aussi nouveau, à plusieurs reprises, les PDF à majorité bamar ont pu compter sur la puissance de feu et des troupes issues des rangs des groupes ethniques armés : chin (CNDF), kachin (KIA), kayah (KA) et kayin (KNLA). Ces combinaisons opérationnelles bamar – non-bamar se sont révélées très efficaces puisque victorieuses, et causant de lourdes pertes dans les rangs des bataillons fidèles à la junte. En outre, les PDF peuvent compter sur ces groupes armés pour former, entraîner et équiper leurs recrues. Des
interactions dont on peut penser qu’elles ne sont pas seulement le fruit d’accords entre groupes ayant un même ennemi mais sont bien fondées sur des convergences politiques de moyen voire long terme. Cependant, celles-ci ne sont pas clairement exprimées à la face de la Nation puisque seul le CNDF a affiché un accord politico-militaire public avec le NUG.

L’efficacité des nouveaux groupes combattants a surpris presqu’autant que les faiblesses récurrentes affichées par la Tatmadaw. Certes, nous assistons à un conflit asymétrique mais la Tatmadaw est loin de se montrer aussi puissante que supputée. Alors que nombre d’experts militaires étrangers pensaient jusqu’ici que Nay Pyi Taw pouvait compter sur une armée de près de 500 000 hommes, aujourd’hui, cette évaluation quantitative est revue fortement à la baisse. Il est très probable que la Tatmadaw ne peut guère compter sur plus de 150 000 soldats. Alors que ses commandements de région subissent des coups de boutoir aux quatre coins du pays, à l’exception pour l’heure des Etats Rakhine et Shan, ils sont pleinement conscients qu’ils ne pourront compter sur beaucoup de réserves opérationnelles pour les offensives qu’ils seront appelés à conduire dès la fin de la saison des pluies. Une réalité d’autant plus durable que la Tatmadaw peine à recruter. Ses efforts sont d’ailleurs prioritairement tournés vers les familles de militaires qui sont invitées à convaincre leurs enfants de s’enrôler.

Ceux-ci sont immédiatement employés sur le terrain, sans réelle formation. Ces soldats sont très, très jeunes, guère motivés et mal payés. Leurs soldes sont de plus rétrécies par l’effondrement de la valeur du kyat (-70 %) et sans qu’il existe de promesses de revalorisation à court terme. Enfin, l’apport opérationnel espéré de nouvelles milices ultranationalistes et intrinsèquement anti-Ligue nationale pour la démocratie (ex. Pyu Saw Hti) n’est pas encore très probant, même si un début de montée en puissance est perceptible dans la région de Sagaing.

Moyens plus sophistiqués et attaques à distance

Dans un contexte où la Tatmadaw va donc devoir veiller à préserver ses forces, il y a fort à parier que là où elle voudra agir et mener ses opérations dites de nettoyage elle le fera en employant sur ses cibles prioritaires de lourdes préparations d’artillerie et ses moyens d’attaque aérienne (avions, drones, hélicoptères). En recourant à de tels armements et une praxis bien établie de terreur sur les populations environnant les objectifs militaires, il est à craindre que de nombreuses victimes civiles payent à nouveau le prix de l’usage indiscriminé de la force décidé par les états-majors du général Min Aung Hlaing. Ces derniers seront d’autant plus tentés d’y recourir que les derniers mois se sont révélés très sanglants parmi les unités de la Tatmadaw et de la police, les résistants employant au fil du temps des moyens plus sophistiqués et d’attaques à distance. Le recours dorénavant très fréquent aux mines antipersonnel terrestres et autres engins piégés est un autre visage de la guerre qui se livre aujourd’hui dans les zones rurales de Birmanie. Néanmoins, aucun bilan indépendant ne permet de mesurer précisément le nombre de civils touchés, ni même de soldats tués lors des embuscades et des batailles rangées mais il se mesure déjà à plusieurs milliers de décès.

Plus de 3 000 personnels en uniforme ont perdu la vie

Il est communément admis parmi les observateurs rangounais que plus de 3 000 personnels en uniforme sous les ordres de Nay Pyi Taw ont perdu la vie et plus de 500 ont été sérieusement blessés. Dans les rangs des PDF, 300 jeunes gens ont certainement été occis en moins d’un semestre. Ces bilans déjà très lourds sont malheureusement appelés à s’aggraver dans les temps qui viennent.

Aucune voie de sortie de crise ne s’esquisse. Pire, chacun des acteurs armés est
convaincu de pouvoir l’emporter à terme. Aujourd’hui, c’est dans l’État Chin et la région de Sagaing que la guerre civile se cristallise et les drames les plus victimaires se jouent. Nay Pyi Taw a dépêché sur place des troupes fraiches (3 000 hommes) par toutes les voies de communication possibles (air, rivière, terre) et avec des moyens lourds (pièces d’artillerie, blindés). Il s’agit pour le commandement de la région nord-ouest qui a vu arriver de la capitale de nouveaux chefs des opérations, se substituant à des officiers démis brutalement de leurs fonctions pour insuffisances de résultats, de laver l’affront subi par une armée étatique qui a perdu terrains et ressources humaines en nombre.

François Guilbert

Publié par GAVOCHE à Bangkok le 18/10/21