Vu du Cambodge 10/12/2025
La Thaïlande envahit à nouveau son voisin. Le Cambodge habitué à plier un genou.
Les Thaïs, depuis des lustres, n’apprennent pas leur propre Histoire. D’où viennent-ils ?
Pas un chercheur universitaire n’oserait tirer un tableau exact de l’asservissement des Khmers par les rois thaïlandais. Sous peine de « lèse-majesté » il serait vite décapité.
Or, cela fait deux siècles que le discours officiel siamois tente, et réussi, de créer un narratif nationaliste expliquant la perception thaïe de l’Histoire d’un pays qui se serait fait tout seul depuis toujours.
Pour raison de « thaïtude » les khmers vaincus depuis cinq siècles doivent être ignorés asservis, méprisés. Ce sont des empêcheurs de thaïtude car ils voudraient dire aux Siamois que leurs temples sont khmers, de même que leur langue, leur process d’administration religieuse et royale, leur art de la danse apsaresque er même leur boxe dite thaïe sont des éléments tangibles de la civilisation khmère que les Siamois ne cessent de nier.
Les dirigeants thaïs font la même chose aujourd’hui face à un peuple bien « thaïitudisé » depuis que le sol a donné au pays son changement de nom. Un peuple qui a asservi les Khmers-Issans jusqu’à bannir leur langue et leurs lignées. Comme si Buriram et Surin n’avaient jamais été khmers.
Un peuple (également servile ?) à qui ses dirigeants et ses professeurs complices ont enseigné le mensonge, qui méprise les Khmers et qui pense que ce sont les voisins qui attaquent leur pays pour leur voler des territoires.
C’est une erreur historique, actuellement dénoncée au Cambodge. Et pas seulement…
La culture siamoise thaïe vit dans une sorte de mensonge depuis des siècles pour créer sa propre histoire civilisationnelle et le résultat est plutôt satisfaisant, il faut le reconnaître, au niveau mondial.
Mais la culture erronée est entrée en politique et dans l’éducation de plusieurs générations avec le changement de nom que bien peu de chercheurs ont expliqué. La terre, la lande, est devenue un plus clairement un enjeu. Destin nationaliste bien évidemment de fait et de par l’éducation.
La modernité des médias de ce siècle, les échanges, le tourisme ont contribué à occulter l’attitude siamoise et partant, la culture asservie du voisin kh.
Les Khmers avaient baissé un genou lorsque le seigneur thaï exigeait sa visite docile à Bangkok, les bras chargés de cadeaux. Un siècle durant. Jusqu’à ce que les Cambodgiens baissent le second genou devant les Français en les suppliant de les sortir du joug thaï !
Ce fut fait. Et Français et Siamois signèrent un traité en 1907 pour mettre fin à cette période de l’Histoire. La frontière existe et est reconnue par les deux pays. Elle existait et elle existera.
Que se passe-t-il aujourd’hui ? Les politiques et les militaires ont besoin d’un nouvel épisode de « thaïitude » et le grand patron pilote de la Royal Air Force en premier, probablement.
Un Français en vient à se dire que la France qui est présente dans le Pacifique, prête donc un seul chasseur Rafale au Premier Ministre Hun Manet, et un pilote éventuellement, sur le tarmac du nouvel aéroport de Phnom Penh, et la guerre risquerait de se reporter, enfin, sur le plan diplomatique.
Et la frontière posée calmement sur les cartes de 1907.
Que chacun rentre chez soi et respecte son voisin. Au moins sur la frontière. Les rivalités de familles, les casinos, les arnaques en ligne, … sont d’autres sujets.